Zoom : Etudes et Sport de Haut-Niveau… à la rencontre de Laura Pomportes

A quelques jours des résultats du baccalauréat, nous vous proposons un zoom sur la possibilité d’allier études et sport de haut-niveau. Nous sommes partis à la rencontre de Laura Pomportes, joueuse de l’Equipe de France. Actuellement en thèse, Laura présente dans cette vidéo son protocole de recherche sur l’influence des stratégies nutritionnelles sur le fonctionnement cognitif lors des efforts de longues durées. Une vidéo réalisée par Anne-Laure Chasset au CREPS PACA.

Nous vous proposons donc de découvrir ou redécouvrir son parcours quelque peu atypique.

Tout a commencé à Toulouse, sa ville natale. Elle a commencé le squash à 10 ans et a réalisé l’ensemble de son parcours scolaire dans la ville rose. A 20 ans, après l’obtention de sa Licence, la jeune toulousaine décide de quitter la région et pose ses valises à Aix-en-Provence.

« Les conditions d’entraînement étaient beaucoup plus favorables à la performance. »

Dès son arrivée dans la ville aux mille fontaines, elle a décidé d’enchaîner sur un Master STAPS mention Prévention et Education à la Santé par les Activités Physiques à Marseille. Son master a été validé en trois ans. En effet, la native de Toulouse a eu des difficultés à combiner les trajets Aix-Marseille pour ses études ainsi que ses entraînements et compétitions, lors de sa dernière année de master. Par ailleurs, elle a obtenu son Brevet d’Etat 1er degré de squash au CREPS la même année. Cela lui a notamment permis de donner des cours à des jeunes ou des adultes les week-ends et pendant les vacances.

10665210_10203573231786092_8463028602832337496_nUne fois ce master en poche, Laura a décliné une offre d’emploi qui faisait suite à son stage de fin d’étude car elle avait envie de se consacrer à sa passion et son sport : le squash. Au vu des règles de la PSA concernant les absences, elle s’est sentie obligée de choisir et ne se sentais pas prête à combiner ses deux activités.

« Pendant une année j’ai vraiment favorisé mon activité squash et j’en ai profité pour passer mon Brevet d’Etat 2nd degré. »

Cependant, à la fin de cette année 100% squash, la jeune sudiste ne se sentait pas de reprendre une année sportive aussi intense…. Notamment parce qu’elle a toujours eu soif d’apprendre et de progresser dans un autre secteur que le squash.

 « J’ai toujours ressenti le besoin d’apprendre, me former et évoluer dans un autre domaine. Même si les voyages et l’entraînement sont extrêmement formateurs, je pense que réfléchir sur d’autres domaines que le squash peut être très bénéfique pour les athlètes. »

Son envie de formation et ses résultats sans grande différence avec les années passées l’ont donc conforté à rependre une double activité. Laura a alors décidé de s’inscrire à un deuxième master, mais cette fois-ci spécialisé en Préparation Physique mention Reathlétisation. Ce master se déroulait à l’Université de Nice Sophia Antipolis.

« Ce fut une excellente formation, très intéressante qui m’a permis de me former sur la blessure et le retour sur le terrain du sportif de haut-niveau. »

C’est durant cette nouvelle formation qu’elle a su saisir une très belle opportunité qui lui a offert la possibilité d’évoluer jusqu’en thèse.

logo_creps-paca_400« Alors que mon stage était déjà trouvé, le doyen de la faculté des Sciences du Sport, Mr Brisswalter m’a proposé de mettre en place et de réaliser l’expérimentation d’un protocole de recherche, validé par l’INSEP avec les pôles France et Jeunes squash ainsi que le pôle France Jeunes d’escrime sur le site d’Aix-en-Provence du CREPS PACA. Ce fut ma première expérience dans la recherche. Une fois mes résultats obtenus et ayant été major de promotion, on m’a proposé de continuer sur un doctorat. Ayant été très intéressée par ce domaine et ayant conscience de la chance de cette proposition, j’ai tout de suite accepté. Ce projet s’est construit grâce à mon directeur de thèse et mon ancien préparateur physique Arnaud Hays en collaboration avec le CREPS PACA et la Fédération Française de Squash que je remercie. Aujourd’hui je suis dans d’excellentes conditions pour travailler sur mon sujet de thèse (influence des stratégies nutritionnelles sur le fonctionnement cognitif lors des efforts de longues durées), mais aussi pour évoluer dans ma discipline sportive. »

Ses journées sont très chargées, mais elle l’assume complètement.

« C’est sûr que cela fait des journées bien chargées et … malheureusement quand les autres récupèrent…moi je travaille ! Mais j’ai fait ce choix, car je pense sincèrement que c’est le meilleur pour moi maintenant et aussi pour les prochaines années. D’ailleurs j’ai toutes les installations sur place ce qui me permet vraiment d’optimiser mon temps. Je suis aussi libre de m’organiser comme je le souhaite pour me rendre disponible lors des déplacements ce qui est une chance incroyable.

Exemple d’une journée type (assez variable en fonction des expériences réalisées) :

  • 8h45 à 11h15 : recherche en salle de manipulations avec des pentathlètes
  • 11h15-12h30 : entraînement
  • 12h30-13h15/30 : repas
  • 13h30-15h : travaille sur des publications qu’elle doit rédiger dans le cadre de ses recherches
  • 15h à 17h :  entraînement
  • 17h à 19h15-20 : Manipulations dans le cadre de ses recherches
  • 19H30 à 20h : Kinésithérapie trois fois par semaine

Ses recherches lui permettent d’avoir une certaine expertise sur la nutrition sportive qu’elle met souvent à profit des athlètes du CREPS et notamment des squasheurs et pentathlètes.

JH2X5442

Crédits Photo : FFSquash

Aujourd’hui, Laura se partage complètement entre ses deux activités et aucune ne prédomine sur l’autre. Cela dépend bien évidemment du planning et de ses compétitions, mais elle s’adapte. Ses co-directeurs de thèse Karen Davranche et Jeanick Brisswalter ont très bien appréhendé les différentes contraintes que peut impliquer le sport de haut-niveau et ils ont accordé toute leur confiance à Laura pour mener de front ses deux projets.

« C’est ce qui fait, aujourd’hui, que ce double-projet fonctionne à merveille ! »

Laura Pomportes soutiendra sa thèse dans deux ans…

« je ne me vois pas arrêter l’une de mes deux activités. Ensuite, ça sera une autre histoire… »

Bravo Laura, nous te souhaitons un très bel avenir que ce soit dans le squash ou dans tes recherches !

© Copyright FFSquash
Partenaires