Actualités F.F.SQUASH

Squash, un sport, une passion

Actus

FLASH RÉSULTATS : LES BLEUS EN ÉGYPTE, LE BILAN

Événements 16/10/2020

Il n'y aura pas de représentant Tricolore à l'affiche des demi-finales du CIB Egyptian Open, ce soir au pied des pyramides de Gizeh. 

Avant-hier, Camille Serme s'est inclinée face à Hania El Hammamy à l'issue d'un nouveau match marathon, alors que le retour au premier plan de Grégory Gaultier a été stoppé par Ali Farag. Voici un bilan des performances des Bleus en Égypte, en compagnie des entraîneurs nationaux Renan Lavigne et Philippe Signoret.

Article de Jérôme Elhaïk 

LE FRENCH GENERAL EST DE RETOUR

Même si le CIB Egyptian Open n'est pas encore terminé, le retour de Grégory Gaultier (n°76 mondial) en quart de finale d'un tournoi majeur - deux ans après sa grave blessure au genou - restera l'un des faits marquants de la semaine. Après deux succès probants face à Borja Golan (n°27) et Miguel Angel Rodriguez (n°10), le French General est tombé sur un os mercredi soir. « Je crois qu'Ali Farag s'était conditionné pour ce match, et comme il l'a dit lui-même il n'avait pas joué à ce niveau depuis longtemps, » indique Renan Lavigne. « Il aurait fallu un très grand Greg pour contrecarrer ses plans. C'était sa première apparition sur un court vitré depuis plusieurs mois, et sa glissade après quelques points ne l'a pas aidé à se sentir serein dans ses déplacements. Néanmoins, il ne s'est pas cherché d'excuses et a reconnu que son adversaire avait été très solide. » Pour l'entraîneur national, le bilan reste « très positif. Il ne faut pas oublier que Greg n'avait pas disputé de match contre un joueur de ce niveau depuis deux ans, et ça s'est ressenti dans son endurance à la concentration. Elle avait déjà un peu vacillé lors des tours précédents – contre Rodriguez, j'ai eu peur que le scénario de son match contre Mosaad à Chicago au début de l'année se reproduise - mais il était parvenu à éviter un cinquième jeu grâce à sa combativité. Il repart du Caire avec une victoire contre un top 10, et des points qui vont lui permettre de se rapprocher du top 50 mondial. » Les voyants sont au vert pour le French General, qui sera bien présent au Qatar Classic (du 1er au 7 novembre) : vainqueur en 2011, il sera le premier joueur étranger de l’histoire du tournoi à bénéficier d’une wild card, et sera l'homme à éviter lors des premiers tours.

« Farag a été très fort, il aurait fallu un très grand Greg pour contrecarrer ses plans »

Flash résultats 16_10_2020 Photo 1

Malgré sa défaite face à Ali Farag en quart de finale, Grégory Gaultier (à droite) repart du Caire avec des enseignements positifs (Crédit photo : Nathan Clarke / PSA World Tour)

➡️ Opposé à Diego Elias (n°6), Grégoire Marche (n°16) était à la recherche d'une deuxième qualification en carrière pour les quarts d'un tournoi majeur. Le sort de la partie s'est sans doute décidé dans le troisième jeu, le numéro 1 Français ayant une opportunité pour mener 2 jeux à 1. Malheureusement non convertie, et le Péruvien prendra le dessus dans la quatrième manche. « J'ai très mal démarré dans tous les jeux, » regrettait Grégoire (Source : CIB Egyptian Squash Open), « Je suis déçu de mon match, mais d'un autre côté si j'avais pris le dessus dans le troisième ça aurait pu changer les choses. » « Il ne faut pas oublier que Grégoire était sorti vainqueur d'un premier tour très difficile face à Zahed Salem, un joueur classé une place derrière lui, » nuance Renan Lavigne. « Comme je lui ai dit, c'était exactement le même scénario que lors de leur affrontement à New York en début d'année, c'est lui qui a gagné les jeux serrés et il a réussi à le faire plier en fin de match. Dommage qu'il n'ait pas pu capitaliser contre Diego Elias, on sait qu'il faut battre ce genre de jouer pour prétendre au top 10. »

➡️ Vainqueur des finales du World Tour 2019-2020 quelques jours auparavant, Marwan El Shorbagy (n°7) n'a pas eu la partie facile face à Victor Crouin (n°39) en 1/16è de finale. « Il a encore montré de belles choses, dans la lignée de ses dernières semaines, » souligne Renan Lavigne au sujet du jeune Français. « L'Égyptien n'en menait pas large dans le quatrième jeu. Victor est tout proche d'un gros résultat, ce n'est qu'une question de temps. » 

Flash résultats 16_10_2020 Photo 2

Même s'ils n'ont pas réalisé de "perf," les cinq autres Français n'ont pas démérité sur les courts du New Giza Sporting Club (Crédits photo : Nathan Clarke / PSA World Tour) 

➡️ Lucas Serme (n°38) devait affronter Adrian Waller (n°19) en 1/32ème de finale, mais son tableau a changé suite à quelques forfaits de dernière minute. « Quand on est censé être outsider et qu'on devient favori de son premier tour, ça n'est pas la même approche, » affirme Renan Lavigne. « Battre Ben Coleman (n°58) en trois jeux, c'est une belle victoire qui lui permet de tenir son rang. » Après un bon départ, le joueur d'Annecy s'est ensuite nettement incliné en 1/16ème de finale face au Colombien Miguel Angel Rodriguez.

➡️ Pour leurs premiers pas dans un tournoi Platinum, Auguste Dussourd et Benjamin Aubert ont entrevu la victoire face à des adversaires expérimentés. Opposé à Tom Richards (n°34), le premier cité est revenu deux fois au score, avant de mener 9-6 dans le cinquième jeu. Malheureusement, l'Anglais a marqué les cinq derniers points du match. « C'est dommage car c'était une belle opportunité, » confie Renan Lavigne. « En fin de match, Tom Richards a fait ce qu'il sait faire : il s'est accroché, alors qu'Auguste a sans doute joué trop vite devant. » Scénario un peu différent pour Benjamin Aubert, qui a mené 2-1 face à Borja Golan avant de voir l'Espagnol prendre le dessus par la suite. « Benji était passé devant alors qu'il était mené 7-3 dans le troisième jeu, on aurait pu penser qu'il avait fait le plus dur, » témoigne son entraîneur au pôle France à Aix-en-Provence. « Mais il s'est focalisé sur les conditions et le parquet glissant, alors que son adversaire a su en profiter, en l'emmenant à l'avant du court avec des amorties millimétrées. Comme il l'a reconnu, l'Espagnol a été plus fort mentalement. »

PAS DE DEMI POUR CAMILLE SERME

Après une grosse frayeur au tour précédent face à Sabrina Sobhy – elle était passée à deux points de l'élimination – Camille Serme retrouvait Hania El Hammamy en quart de finale au pied des pyramides de Gizeh, pour la septième fois depuis septembre 2019. « Désolé d'être un peu directe, mais j'en ai peu marre d'affronter Hania à chaque tournoi, et je pense qu'elle ressent la même chose ! » disait la numéro 3 mondiale à l'issue de la rencontre (Source : CIB Egyptian Squash Open). « Elle est la joueuse en forme du moment, est-ce que d'autres à part moi pourraient essayer de l'arrêter ? » Elle y était parvenue il y a quelques semaines à Manchester, mais pas cette fois : la jeune Égyptienne s'est imposée à l'issue d'un marathon de 91 minutes. Si le match a atteint des sommets en terme de dramaturgie, il n'avait peut-être pas la même folle intensité que certains de leurs affrontements précédents. « Je crois qu'elles étaient toutes les deux un peu fatiguées, » souligne Philippe Signoret, entraîneur de la Française. « Lors de son 1/8ème de finale contre Tinne Gilis, Hania avait même montré quelques signes d'énervement, ce qui ne lui ressemble pas. On avait préparé le match en tenant compte de ce facteur physique, Camille devait être agressive et tenter au maximum. Je suis d'ailleurs convaincu que pour les trois prochaines années, elle doit s'orienter vers un jeu encore plus offensif. Certes, elle a fait quelques fautes sans lesquelles elle aurait pu mener 2 jeux à 0, et si ça avait été le cas le match aurait pris une toute autre tournure. Mais comme je lui ai dit lors du débriefing, elle a fait ce qu'elle devait faire. » Après une deuxième manche de 29 minutes (!), remporté 17-15 par El Hammamy après avoir écarté quatre balles de 0-2, celle-ci avait semblé prendre le dessus. Mais la Française, grâce à sa combativité habituelle ainsi que quelques fautes de son adversaire, a égalisé à 2-2. En retard au score dans la manche décisive, Camille a tout tenté pour revenir, se heurtant néanmoins aux incroyables qualités défensives de la numéro 6 mondiale. « Surtout qu'elle ne ramène pas les balles n'importe comment, » insiste Philippe Signoret. « Hania n'a que 20 ans mais fait preuve d'une force mentale digne d'une joueuse de 30 ans, on dirait qu'elle a fait ça toute sa vie. Malgré tout, Camille l'a battue plusieurs fois récemment, et le match de mercredi s'est encore décidé sur quelques détails : les solutions, on les a. »

« Je suis convaincu que Camille doit s'orienter vers un jeu encore plus offensif pour les prochains années »

Des solutions, l'entraîneur national aurait bien aimé en apporter à sa joueuse pendant le match, mais les restrictions sanitaires actuelles ne lui ont pas permis de se rendre au Caire. « Elle me l'a dit et répété ces dernières semaines, ce n'est pas facile d'être toute seule. Camille a déjà gagné de grands matches sans coach à ses côtés et est parfaitement capable d'être autonome, cependant le rôle de l'entraîneur est important, non seulement entre les jeux mais aussi pendant le match grâce à un regard, une parole etc. Pour cette raison, ça me gêne un peu que les coaches Égyptiens soient assis au premier rang, dans la zone VIP (NDLR : la règle actuellement en vigueur stipule que les membres du staff peuvent assister aux matches, tout en n'ayant aucun contact avec les joueurs). Même si leurs joueurs n'ont évidemment pas besoin de ça pour être performants, il me semble que les entraîneurs devraient être dans la tribune avec les spectateurs. »

Flash résultats 16_10_2020 Photo 3

Le quart de finale entre Camille Serme (à gauche) et Hania El Hammamy a une nouvelle fois été un combat incroyable, dont la Française est malheureusement sortie perdante (Crédit photo : Nathan Clarke / PSA World Tour)

➡️ Après avoir franchi le premier tour sans encombre face à la jeune Jana Shiha (n°61), Mélissa Alves (n°34) s'est inclinée face à l'une des joueuses en forme du moment, Nour El Tayeb (n°4). « Il n'était pas diffusé, donc comme tout le monde j'ai suivi le match sur le live scoring, » sourit Philippe Signoret. « Dans les premier et troisième jeux, les points ont défilé assez vite. Alors que dans le deuxième non seulement les échanges ont été plus longs, mais surtout Mélissa a mené au score. Hélas, elle a fait quelques fautes qui l'ont empêché de revenir à 1-1. Elle était contente de son match, notamment de son jeu de fond de court et d'avoir su être patiente : c'est le fruit des tournois disputés contre des hommes ces dernières semaines (voir ci-dessous L'HOMME EST-IL L'AVENIR DE LA FEMME ?). C'est dommage de tomber une nouvelle fois sur El Tayeb : Mélissa n'a pas souvent l'opportunité d'affronter des joueuses classées entre 15 et 30, et quand c'est le cas elle gagne quasiment à chaque fois. Comme je lui dis souvent, il faut un peu de chance au tirage et ça va tourner. » 

➡️ Lourdement battue par la jeune Anglaise Lucy Turmel (n°36) au premier tour, Énora Villard (n°48) n'a pas caché sa déception. « Je suis passée complètement à côté, et ce n'est pas facile à digérer, » admet la n°48 mondiale. « J'ai remué le couteau dans la plaie lors du débriefing, » ajoute son entraîneur au pôle France de Créteil. « Même si la sécheresse du score est dure à encaisser, il faut aussi reconnaître les mérites de l'adversaire : ce n'est pas flamboyant, mais elle joue un squash très solide, à l'anglaise. Elle a privé Énora de temps, et a complètement annihilé son jeu. Je pense que Lucy Turmel sera bientôt dans le top 20. Elle n'a que 21 ans, par conséquent leurs courbes de progression (si l'on peut dire, car c'est un terme à manier avec précaution en ce moment) ne sont pas les mêmes. Énora a atteint le top 50 mondial, c'est déjà formidable car beaucoup de gens ne l'attendaient pas là. Maintenant, il faut se poser les bonnes questions pour aller encore plus loin. »

Flash résultats 16_10_2020 Photo 4

Mélissa Alves (en haut) et Énora Villard auront quitté le CIB Egyptian Open avec des sentiments bien différents (Crédits photo : Nathan Clarke / PSA World Tour)

L'HOMME EST-IL L'AVENIR DE LA FEMME ? 

Alors que les hommes vont bientôt prendre la route du Qatar (nous vous proposerons comme d'habitude une présentation de la compétition dans les prochains jours), les femmes n'ont aucune échéance internationale en vue. « On s'adapte, » confie Philippe Signoret. « On va continuer à emmener les filles sur des opens nationaux, notamment masculins et effectuer des stages, tout en espérant que des tournois se rajoutent au calendrier. » Après son premier tour victorieux au Caire, Mélissa Alves avait évoqué la perte de confiance liée aux défaites contre des hommes. « Du coup, ça lui a fait du bien d'arriver plus tôt, et de s'entraîner avec des joueuses du top 15 mondial. Évidemment que ce n'est pas facile de perdre plusieurs fois de suite lors des tournois masculins. Mais comme le disait Peter Nicol, si vos conditions d'entraînement sont encore plus dures que celles de la compétition, vous aurez un avantage pendant les matches ... On va donc continuer dans ce sens, car je pense que c'est l'une des clés pour rattraper notre retard sur l'Égypte. Là-bas, non seulement il y a une densité bien plus importante chez les jeunes filles, mais en plus elles se confrontent aux garçons dès leur plus jeune âge. Contre eux la balle revient plus vite et plus souvent, et je pense qu'il faut développer ça en France. Si je prends l'exemple de Camille, elle a été championne de France 2ème série à 13 ans, et s'entraînait au quotidien avec des joueurs comme Lucas Vauzelle ou Maxime Moriamez. » L'entraîneur national évoque Dijon ou encore Mulhouse comme des destinations possibles pour ses joueuses au cours des prochaines semaines. « Comme je l'ai toujours dit, on est ravis de se déplacer dans les clubs en France, où nous sommes toujours très bien accueillis. Ces tournois permettent aux gens de découvrir ce qu'est le squash féminin de haut niveau, par exemple le weekend dernier à Angers lors de la finale entre Élise Romba et Anna Serme. Comme quoi, il y a du positif à retirer dans la situation que nous vivons actuellement ... »

Flash résultats 16_10_2020 Photo 5

Philippe Signoret et ses joueuses (ici Élise Romba face à Joshua Jacques Phinera lors de l'open national de Biarritz) vont continuer à se confronter aux hommes lors des prochaines semaines (Crédit photo : Nicolas Barbeau)

 

< Retour