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COLLECTIF FRANCE SENIOR : PAUL GONZALEZ CHEZ LES GRANDS

Événements 04/08

Pour un jeune athlète visant une carrière professionnelle, le passage du pôle espoirs au pôle France est une étape importante. Un an après Toufik Mekhalfi, c'est au tour de Paul Gonzalez de la franchir.

Article de Jérôme Elhaïk 

PAROLES D'ENTRAÎNEUR

Après plusieurs années sous la houlette de Yann Menegaux et de Yann Perrin au pôle espoirs, Paul Gonzalez passe chez les grands : en attendant d'en devenir un membre à part entière à la rentrée, il a pris de l'avance en participant à plusieurs séances avec les joueurs du pôle France d'Aix-en-Provence ces dernières semaines. Son responsable Renan Lavigne nous parle du jeune Marseillais. 

L'ŒIL SUR LES JEUNES. « Je m'intéresse à tous les jeunes prometteurs, ça fait partie de mon travail. Aujourd'hui, il y a un maximum d'infos sur les réseaux sociaux (je viens par exemple de regarder la finale de l'open de Royan, remportée par Macéo Levy), c'est donc plus facile mais encore faut-il trouver le temps. Concernant Paul, quand il a commencé le squash j'étais sur Paris pour préparer le concours du professorat de sport, je n'ai donc pas eu l'occasion de suivre ses débuts de très près. Je l'ai découvert un peu plus tard au Set Marseille, et j'estime qu'on retrouve chez lui le style et la fluidité de Benjamin Lagier (NDLR : ancien membre de l'équipe de France junior, aujourd'hui co-gérant du club. Paul nous a confié s'être souvent entraîné avec lui.), que ce soit dans la gestuelle ou les déplacements. Paul a également de grosses qualités musculaires, et ses capacités cognitives lui permettent d'avoir une bonne lecture des trajectoires. D'un autre côté, il joue parfois un peu trop à l'instinct. Il va falloir structurer tout ça, tout en conservant la créativité qui est l'essence de son jeu. » 

UNE SUITE LOGIQUE. « On a senti une vraie évolution chez Paul durant les premiers mois de la saison 2019-2020. Il a passé un cap au niveau de la maturité, et c'était une évidence qu'il intègre le collectif France senior. Il vit pour le squash, et ne cache pas qu'il veut embrasser une carrière professionnelle. Pour un jeune joueur, c'est important d'être capable de verbaliser cette envie mais aussi d'avoir un projet plus global : même s'il est le premier conscient qu'il n'a pas des résultats scolaires exceptionnels, Paul souhaite obtenir son bac et passer ses diplômes d'entraîneur afin d'avoir un bagage. »

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Renan Lavigne (à gauche, ici lors du championnat de France Élite en février à Bordeaux) ne tarit pas d'éloges sur Paul Gonzalez (Crédit photo : Mikphotos) 

UNE INTÉGRATION RÉUSSIE. « Le fait que le pôle espoirs et le pôle France soient sur le même site est un avantage, car Paul faisait déjà des séances de temps en temps avec nous et ça a facilité son intégration. L'hébergement au CREPS n'est pas accessible pendant l'été, et comme il est encore mineur et par conséquent pas autonome, il n'est pas encore là à temps plein. Mais il est venu aussi souvent qu'il le pouvait depuis que nous avons de nouveau accès aux installations, et s'est bien adapté au niveau d'exigence. » 

DES AXES DE PROGRESSION. « On en a d'ores et déjà identifié quelques uns. Sur le plan technique, nous avons entamé un travail pour épurer sa gestuelle : la trajectoire de sa raquette part de trop haut, et raccourcir son geste lui procurera une meilleure diversification de ses coups (par exemple en prenant la balle plus tôt). Cela doit également lui permettre de gagner en précision au niveau de ses cibles, sur le mur frontal ou au sol. Ensuite, il y a l'endurance à la concentration et la combativité. Il était le meilleur au pôle espoirs et est maintenant le moins fort au pôle France, c'est une machine à laver (sic) dans laquelle tous les joueurs sont passés … D'un côté, ses partenaires d'entraînement ne sont pas là pour lui faire de cadeau, et de l'autre lui doit tout faire pour s'affirmer. » 

QUELS HORIZONS ? « Comme pour tous les autres joueurs, il est compliqué d'établir des objectifs sportifs à court terme, car il n'y a pas de certitude sur la date de reprise (que ce soit pour le circuit professionnel ou les tournois junior). On est donc dans une phase de développement, plutôt que de préparation pour une échéance spécifique. J'espère néanmoins que Paul pourra faire ses débuts en PSA le plus rapidement possible. »

PLEINS FEUX SUR ... PAUL GONZALEZ

À 17 ans, Paul Gonzalez est l'un des plus grands espoirs du squash Tricolore. Quelles ont été les étapes de sa carrière jusqu'ici ? 

LES DÉBUTS. Pour atteindre le haut niveau, débuter dans une discipline dès son plus âge est un atout indéniable. Paul Gonzalez a néanmoins emprunté un autre chemin : le Marseillais a découvert le squash à 10 ans, et disputé son premier championnat de France deux ans plus tard. « Avant cela, je jouais au foot et j'étais totalement fou de ce sport, » nous a-t-il raconté. « Mais un peu du jour au lendemain, j'ai été voir mon coach pour lui dire que j'en avais marre et que je voulais arrêter, en plein milieu de la saison. Mes parents ont respecté mon choix et n'ont pas essayé de me faire changer d'avis. Par contre, ils ne voulaient pas que je reste à la maison à ne rien faire le mercredi et le samedi, et m'ont poussé à faire un autre sport. Comme mon père y jouait déjà, ça a été le squash. J'ai commencé à Aubagne avec Charly Saad comme entraîneur, et quand il est parti au Set Marseille quelques mois plus tard je l'ai suivi. » 

UNE PROGRESSION CONTINUE. Paul ne met pas longtemps à obtenir de bons résultats, dans sa Ligue mais aussi à l'échelle nationale : en 2014 et 2015, il contribue grandement aux médailles de bronze du Set Marseille au championnat de France Interclubs -13 ans. La saison 2016-2017 sera celle de son éclosion (demi-finale au championnat de France -15 et premières apparitions en sélection), la suivante celle de la confirmation : il monte sur le podium derrière Toufik Mekhalfi et Manuel Paquemar pour sa première année dans la catégorie supérieure, avant de terminer à leurs côtés deuxième du championnat d'Europe -17 ans, derrière les intouchables Anglais.

2019, L'ANNÉE DES SUCCÈS. Paul Gonzalez n'oubliera sans doute jamais le mois de mars 2019 : en l'espace de deux semaines, il remporte son premier titre de champion de France, en -17 ans, puis un deuxième en 2ème série. L'année avait déjà bien commencé auparavant (première participation au championnat de France Élite, médaille de bronze à l'open de France) et ça ne s'arrêtera pas là. Sélectionné en -19 ans, il décroche ensuite une deuxième médaille d'argent européenne en -17 (cette fois-ci dans le rôle du patron de l'équipe). Le début de saison 2019-2020 sera du même acabit, avec une première victoire en tournoi européen en Suède et une belle deuxième place au championnat de France -19 ans, derrière Toufik Mekhalfi.

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À Annecy, Paul Gonzalez a la chance de bénéficier des conseils de Grégory Gaultier (Crédit photo : Annecy Squash)

AU MILIEU DES STARS. Paul Gonzalez va désormais s'entraîner au quotidien avec des joueurs professionnels. Mais il avait déjà eu l'occasion de côtoyer des stars de son sport lors des rencontres Interclubs, depuis qu'il a rejoint le club d'Annecy. « Une vraie chance, » souligne le Marseillais. Favoris avant l'annulation de la saison, Grégory Gaultier et les siens tenteront de remporter leur premier titre de champions de France en 2020-2021. 

UN MINOT CHEZ LES GRANDS. Renan Lavigne évoquait plus haut le cap franchi par Paul en termes de maturité, dont il a apporté la preuve au championnat de France Élite en février. Vainqueur convaincant des qualifications, il passe tout près de la victoire face à Johan Bouquet au premier tour avant de remporter le plateau, soit 8 matches en 6 jours ! Pour les entraîneur nationaux, c'était un signe supplémentaire que Paul était prêt pour franchir le cap. « J'ai discuté avec Renan ainsi que Yann Menegaux, et ils m'ont dit que j'avais largement ma place, » indique-t-il. « Rentrer au pôle France, c'était à la fois un objectif et un rêve. J'ai eu la chance d'être intégré au groupe dès le confinement pour les séances physiques, puis aux entraînements lorsque le CREPS a rouvert. Qu'est-ce qui change le plus ? Tout est très professionnel, et le rythme est évidemment plus élevé. C'est nouveau pour moi, mais je trouve que je m'en sors bien jusqu'à maintenant. Je me suis récemment accordé quelques jours de vacances sans squash, ce qui ne m'arrive pas souvent (rires). L'internat étant fermé pendant l'été, je n'ai pas possibilité d'être tout le temps avec le groupe pour l'instant mais ce sera bientôt le cas. Mon entrée au pôle France était un objectif en soi, ça m'a permis de ne pas trop penser à l'incertitude autour de la reprise des compétitions. J'aimerais bien débuter rapidement en PSA, mais ce sera peut-être compliqué d'intégrer les tableaux. En attendant, il y a quelques tournois nationaux au cours des prochaines semaines : je ne pense pas faire celui de Biarritz fin août, mais je serai à Marseille début octobre. »

BIO EXPRESS - PAUL GONZALEZ

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Crédit photo : Mikphotos

Né le 12 octobre 2002 à Marseille – membre du pôle France d'Aix-en-Provence, licencié à Annecy Squash 

Classements : n°19 français, n°461 PSA et n°13 mondial - 19 ans (n°2 européen -17 ans en 2019) 

Palmarès (France) 

Champion de France -17 ans 2019 

Champion de France 2ème série 2019 

Vice-champion de France -19 ans 2019 

Palmarès (international) 

Vice-champion d'Europe -17 ans par équipe 2018 et 2019

Vainqueur du Nordic Junior Open -17 ans 2019

ILS SE TIENNENT PRÊTS ...

Privés de compétition depuis pratiquement cinq mois, les athlètes du pôle France d'Aix-en-Provence ont néanmoins retrouvé le chemin des courts du CREPS fin mai - soit bien plus tôt que leurs homologues britanniques, par exemple. « On a bien sûr repris en douceur, avant de monter progressivement en puissance, » indique Renan Lavigne. « On a effectué une première batterie de tests à la mi-juin, puis des tests de profilage il y a trois semaines. On en est à la dixième semaine depuis la reprise et on ne déplore aucune blessure, on touche du bois … Je pense qu'on est en avance par rapport à certains autres pays, et dans l'hypothèse optimiste d'un retour du circuit international en septembre, les joueurs auraient le feu vert. Le travail mental est également important, justement à cause du flou autour de la date de reprise (qui influe sur la motivation, sans parler du manque à gagner qui est problématique). Dans cette optique, participer à des tournois dans l'hexagone pourrait être une solution, afin de retrouver le stress et les routines de la compétition. Quelques uns sont programmés dans les prochaines semaines, c'est l'occasion pour les clubs d'accueillir les meilleurs français et j'espère que ça donnera des idées à d'autres. » 

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Depuis la réouverture du CREPS, les joueurs du pôle France et leur entraîneur Renan Lavigne (à droite) ne ménagent pas leurs efforts (Crédit photo : Renan Lavigne)

 

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