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LE CLUB DE LA SEMAINE : SQUASH CLUB DES ESCURES (MALEMORT-SUR-CORRÈZE)

Promotion 10/07

Les structures et associations sont de véritables partenaires de la Fédération au quotidien, et nous mettons en avant ceux qui contribuent le plus au rayonnement du squash dans notre rubrique "Le club de la semaine".

Ce sixième numéro est consacré à un club sur la pente ascendante, le Squash Club des Escures en Corrèze.

Article de Jérôme Elhaïk

PASSÉ, PRÉSENT ET FUTUR

« Il n'y a pas que des champignons chez nous, » glisse Jean-Louis Rudelle lorsqu'on l'interroge sur le club dont il est président depuis neuf ans. « Le Squash Club des Escures existe depuis 1982, mais avant notre arrivée il reposait essentiellement sur des joueurs loisirs, » précise celui qui a également été à la tête de l'ancienne Ligue Auvergne-Limousin. « Notre projet est axé sur le développement de la pratique, notamment chez les jeunes. L’ambition de l’association est de grandir, que ce soit sportivement et en termes de structures, et de devenir une référence au niveau régional mais aussi national. » Depuis qu'il a pris la direction de ce club municipal (rattaché à la commune de Malemort, à quelques kilomètres de Brive) en 2009, ce cadre en assurance âgé de 56 ans suit sa feuille de route, accompagné d'une équipe de bénévoles très impliqués. « Parmi eux, il y a les personnes qui composent le bureau avec moi (Cécile Louradour et Françoise Maumet), sans oublier Jean-Michel Delbos, Maryse Chastanet et Stéphane Cottet Émard. » En 2014, le club a franchi un nouveau palier en se dotant d'un éducateur salarié, Pascal Chabrier (voir ci-dessous, PORTRAIT D'UN PASSIONNÉ). Cette embauche a coïncidé avec une forte augmentation du nombre de licenciés : entre 200 et 250 depuis 2015, une excellente moyenne pour un club de quatre courts, « qui fait de nous le deuxième club en Nouvelle-Aquitaine derrière nos amis Bordelais, » sourit son président. Cette hausse a été encore plus marquée chez les jeunes, et c'est tout sauf un hasard tant la formation est une priorité du Squash Club des Escures (certains ont même fait partie d'une section sport-études il y a quelques années). « Aujourd'hui, nous avons une quarantaine d'enfants dans l'école de squash, » indique Jean-Louis Rudelle. « La demande est forte, et on doit dédoubler les créneaux pour être en mesure d'accepter tout le monde. »

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Le développement de l'école de squash est une réussite majeure pour les dirigeants des Escures (Crédit photo : Squash Club des Escures) 

Dans un passé proche, l'équipe masculine (qui évolue au niveau national depuis 2013, voir ci-dessous PALMARÈS ET ÉVÈNEMENTS) était un mélange de jeunes joueurs (certains formés au club, d'autres venus de l'extérieur) et d'éléments plus expérimentés. Placés dans une poule Sud très relevée en 2018-2019, les Corréziens sont redescendus en Nationale 3, après deux saisons à l'étage supérieur. « Du coup, on a recentré l'équipe sur les jeunes du cru, » confie Jean-Louis Rudelle, qui fait notamment référence à ses fils Alban et Valentin. « La saison a été interrompue et c'est donc difficile de la juger, mais ça se passait plutôt bien car on était en course pour les play-offs. On compte également huit équipes au niveau régional (dont deux féminines, il y a aussi beaucoup de joueuses loisirs au club et on souhaite en amener certaines vers la compétition). Notre objectif est de maintenir ce nombre d'équipes, et nous allons proposer quelques nouveautés aux compétiteurs afin de les fidéliser encore plus. »

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Jean-Louis Rudelle entouré de ses deux fils Alban et Valentin, purs produits du club (Crédit photo : Jean-Louis Rudelle)

Comme toutes les structures municipales, le Squash des Escures n'a pas été trop touché par la crise de la Covid-19. « On est conscients que c'est plus facile de gérer ce genre de période quand on n'a pas de loyer à payer, et que le salarié est pris en charge par l'État, » admet son président. « Maintenant, nous allons consacrer le mois de juillet à la préparation de la rentrée sportive, afin que tout se passe bien au mois de septembre. » Les Corréziens rentreront tout de suite dans le vif du sujet, avec l'accueil du championnat de France 2ème série (initialement prévu fin mars) du 11 au 13 septembre. Ce sera l'épreuve nationale la plus importante jamais organisée à Malemort, et le spectacle devrait être au rendez-vous avec la présence de nombreux joueurs et joueuses des top 50 français. Mais les Escures voient déjà plus grand, car la structure sera bientôt dotée de deux courts supplémentaires. « Le projet est validé, et les plans sont prêts, » affirme Jean-Louis Rudelle. « Je pense que tout devrait être terminé en juin 2021. L'agrandissement devrait nous permettre de passer un cap supplémentaire, aussi bien en offrant davantage de créneaux aux joueurs loisirs qu'en organisant des compétitions de plus grande envergure. » Ambitieux, il évoque un objectif de « 350 à 400 licenciés, » ainsi que l'accueil du championnat de France Élite. Affaire à suivre ...

PALMARÈS ET ÉVÈNEMENTS

☛ L'association du Squash Club des Escures compte un titre national à son palmarès : en 2014, l'équipe masculine (composée de Christophe Commenay, Christophe Martin, Valentin Rudelle, Anthony Douillard et Billy Paton) avait remporté les play-offs des champions de Ligue à Royan, accédant ainsi pour la première fois de son histoire en Nationale 3. Leur troisième participation aux phases finales de N3 sera la bonne, avec une montée en N2 à la clé en 2017. Ils y passeront deux saisons, avant de redescendre en juin dernier (à la mi-saison, Alban Rudelle et ses camarades occupaient la deuxième place de la poule C avant l'interruption). À signaler que l'équipe féminine a disputé une saison en Nationale 2, suite à sa médaille d'argent aux play-offs des championnes de Ligue à Vannes en 2015. Toujours en équipe, les +45 ans (Séverine Bourgoin, Philippe Schropf et Christophe Martin) avaient décroché le bronze au championnat de France en 2007.

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Les filles des Escures, lors de leur deuxième place aux play-offs des championnes de Ligue en 2015 (Crédit photo : Squash Club des Escures)

☛ Pas de titre en individuels pour le club Corrézien, mais plusieurs médailles. La plus récente est celle en bronze de Pascale Cany, à domicile au championnat de France 4ème série l'année dernière. Quelques mois auparavant, Adrien Douillard s'était offert une breloque du même métal en -19 ans à Antibes, derrière Edwin Clain et Toufik Mekhalfi. Pendant les deux années où il a défendu les couleurs du club, Adrien a fait partie de l'équipe de France junior, participant même au championnat du monde à l'été 2018. N'oublions pas Jérémy Malavialle et Nicolas Jimenez, vice-champions de France 2ème série en 2015 et 3ème série en 2014, respectivement.

☛ Côté organisation, le Squash des Escures n'a pas chômé ces dernières années. Outre les divers tournois régionaux, le club a accueilli cinq compétitions nationales : deux championnats de France 4ème série (en 2014 et 2019), un 3ème série (en 2018), mais aussi deux tournois nationaux. Alors qu'Énora Villard domine le tableau féminin en 2017, c'est à Malemort que le jeune Victor Crouin remporte son premier tournoi dans cette catégorie en venant à bout de Fabien Verseille en finale. Sacré champion d'Europe junior peu de temps auparavant, le Toulonnais va ensuite remporter son premier PSA à Angers puis décrocher l'argent au championnat du monde -19 ans. En septembre 2018, Christophe André survole la deuxième édition, notamment la finale 100 % Réunionnaise face à Sébastien Bonmalais.

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Avec la réception de stars du squash international, Grégory Gaultier en tête, le 10 novembre 2018 restera une date importante dans l'histoire du club (Crédit photo : Squash Club des Escures)

☛ Le Squash des Escures a sans doute vécu la plus belle journée de son histoire le 10 novembre 2018, avec la réception d'Annecy dans le cadre du championnat de France Interclubs de N2. « Voir débarquer chez nous Grégory Gaultier (NDLR : blessé, le French General était néanmoins présent en tant que capitaine), Lucas Serme et Simon Rösner, c'était quelque chose d'extraordinaire, et une belle récompense, » racontait à l'époque Jean-Louis Rudelle. « Mais ça a été un événement avant tout parce que leurs joueurs et accompagnants ont été ouverts et très chaleureux. » Côté court, ce fût évidemment compliqué pour les Corréziens, mais l'essentiel était ailleurs : les enfants de l'école de squash se souviendront longtemps de cette journée passée en compagnie de joueurs qu'ils ont l'habitude de voir sur SquashTV.

PASCAL CHABRIER, PORTRAIT D'UN PASSIONNÉ

Pas besoin de discuter longtemps avec Pascal Chabrier, alias "Calou", pour se rendre compte qu'on a à faire avec un passionné. Éducateur au Squash Club des Escures depuis 2014, il nous a raconté son parcours. Morceaux choisis …

Pourquoi le squash ?

« J'ai dû y jouer une ou deux fois quand j'avais 20 ans, puis je n'ai plus retouché une raquette pendant très longtemps. Avec le recul, je dois dire que j'ai des regrets. Puis au début des années 2000, j'ai commencé en loisir avec un ami tous les samedis matins, aux Escures (qui était une petite association à l'époque). J'ai bien accroché, et de fil en aiguille j'en suis arrivé à faire de la compétition, alors que mon partenaire a continué à jouer le samedi … »

Changement de vie ...

« Avant d'occuper ce poste, je ne travaillais pas du tout dans le milieu du sport ni même du squash, puisque j'étais représentant pour une maison d'édition. J'ai connu un premier licenciement en 2007 après 25 ans de service (cette même année, j'ai divorcé et ma mère est décédée, ça a vraiment été une période très compliquée), puis un deuxième en 2013. C'est à ce moment que Jean-Louis Rudelle m'a proposé de prendre le poste d'éducateur au club (il y avait déjà eu un emploi auparavant, mais ce n'était pas très structuré). À 49 ans, c'était un sacré pari, mais je me suis jeté à l'eau. La première année, j'étais bénévole mais je me suis imposé la même rigueur que si j'étais salarié. La condition sine qua none pour que je le devienne était d'obtenir mon BF2 et mon CQP, et j'y suis parvenu. Je précise que cette envie ne venait pas non plus de nulle part : j'ai entraîné des petits au foot dès l'âge de 15 ans, et ensuite quand mon fils s'est mis au rugby j'ai passé mes diplômes. En résumé, j'ai toujours aimé transmettre … »

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Pascal Chabrier (deuxième en partant de la droite, ici avec ses coéquipiers en championnat régional) est un rouage essentiel du Squash des Escures (Crédit photo : Squash Club des Escures) 

Pas le temps de s'ennuyer

« Avec tous les entraînements collectifs (hommes/femmes, compétiteurs et bien sûr l'école de squash le mercredi), je passe beaucoup de temps sur le court. Je m'occupe également de la gestion du bar, des stages d'été et d'un groupe de personnes handicapées. Qu'est-ce que je préfère dans mon travail aux Escures ? Le relationnel avec les gens, et travailler avec des enfants. Notamment les tous petits, car c'est vraiment gratifiant de les "façonner", et éventuellement de voir d'autres personnes s'occuper d'eux par la suite. Mon petit-fils est âgé de 4 ans, au début il n'arrivait pas à toucher la balle en mousse mais il commence à bien se débrouiller. »

Une belle dynamique

« On est passé de 90 à 250 licenciés, donc on peut raisonnablement dire que le bilan est satisfaisant. Initialement, mon emploi a été financé pendant 4 ans grâce à une subvention du CNDS, puis on a bénéficié d'autres aides. Il n'y en a plus aujourd'hui, mais on a réussi à le pérenniser et c'était l'objectif. J'étais un piètre joueur, et je pense être un bien meilleur éducateur : si je prends l'exemple d'Alban Rudelle, il est rapidement devenu meilleur que moi – et heureusement ... - mais ça ne m'a pas empêché de continuer à lui apporter des choses. Le développement de l'école de squash est une belle satisfaction, on est parvenus à fidéliser les jeunes alors qu'aujourd'hui ils ont tendance à changer souvent de sport. On en a une quarantaine, et s'il n'y avait pas eu le confinement j'en aurais emmené une petite vingtaine sur un tournoi jeunes à Biganos. J'ai également formé beaucoup de personnes au club. Sept ou huit ont leur BF1 et ça permet de faire un roulement : tous les mercredis, plusieurs sont présents pour m'aider à encadrer les enfants qui occupent nos 4 courts, et ça aussi c'est une vraie réussite. »

Et maintenant ?

« L'objectif, c'est avant tout de s'accrocher et de tenter de maintenir la dynamique actuelle. L'école de squash a été labellisée par la Fédération, c'est important d'avoir cette reconnaissance. Pour ce qui est de faire venir des établissements scolaires au club, le fait d'être excentré ne facilite pas les choses car on sait que c'est difficile pour eux de trouver des moyens de transport. Mais je suis confiant pour la rentrée prochaine, les gamins m'ont envoyé des messages pendant le confinement et je sais qu'ils seront au rendez-vous. Le squash reste un sport relativement confidentiel, c'est dommage mais on se bouge pour que les choses changent. »

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Rue de l'Ermitage, 19360 Malemort-sur-Corrèze

Tél. : 06 83 88 69 30

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Rendez-vous vendredi prochain pour le septième épisode du "Club de la semaine", qui sera consacré au Squash & Form' à Blagnac. 

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