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Le squash sera-t-il un jour aux Jeux Olympiques ?

En août dernier, le Comité International Olympique a approuvé l’ajout de cinq nouveaux sports aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Les fans de baseball et de softball se sont réjouis du retour de leur sport aux JO alors que les amateurs d’escalade, de surf ou encore de karaté célèbrent leurs débuts dans l’olympisme. Cependant, un groupe d’athlètes et de supporters n’ont pas exprimé cette même joie : les squashers. Pour la troisième fois, le Squash a raté son entrée aux Jeux Olympiques.

« Je suis bien très déçue que l’on n’y soit pas arrivé », a déclaré Camille Serme. « Je ne sais pas s’il s’agit d’une question d’argent ou si nous n’avons pas eu les bonnes personnes au bon moment pour défendre notre sport… je ne sais pas ».

Sa déception est compréhensible. Selon US Squash, plus de 20 millions d’athlètes jouent au squash à travers plus de 185 pays. Malgré l’attrait international de ce sport, ni la Fédération Internationale (WSF), ni ses joueurs n’ont pu persuader les membres du CIO de changer d’avais et ce n’est pas l’envie qui manquait !

Après son sixième titre de Championne du Monde, Nicol David, une des stars mondiales du squash a déclaré lors d’une interview qu’elle était prête à renoncer à ses six titres mondiaux pour espérer gagner un titre olympique. La malaisienne voulait tellement que le squash soit intégré aux JO qu’elle a commencé sa propre campagne autour du hashtag #BacktheBid2020. En 2012, elle a même organisé des flash mobs avec des joueurs professionnels sans les rues de New-York et de Malaisie dans l’espoir d’attirer l’attention du CIO et ainsi de convaincre ses membres d’intégrer le squash aux Jeux Olympiques de 2020.

Malgré sa déception, la joueuse de 33 ans n’est toujours pas prête à abandonner.

« Nous devons simplement continuer à faire ce que nous faisons – développer notre sport, profiter de sa croissance et le rendre accessible au public, et ainsi vendre notre sport. Nous continuerons à faire grandir notre sport et à un moment donné le CIO se rendra compte que nous manquons », a déclaré Nicol David.

Si même un flash mob emmené par l’une des plus grandes joueuses mondiale de tous les temps n’a pas suscité l’intérêt des membres du CIO, que peut donc faire Nicol David pour que le squash devienne un jour Olympique ?

Le directeur commercial du circuit professionnel PSA (Professional Squash Association), Tommy Berden a ses idées :

« Cela passe inévitablement par une bonne façon de se présenter au CIO tout en maintenant notre visibilité médiatique » a déclaré Tommy Berden.

Selon lui, en terme de potentiel marketing, « le squash remplit toutes les conditions » : les origines du squash remontent à l’époque de la colonisation britannique dans les années 1930, en faisant un sport culturellement riche traversant le globe. Actuellement, le sport est plus populaire en Angleterre, en France, en Australie, aux Etats-Unis, au Canada, en Egypte, au Pakistan ou encore en Malaisie.  En 2003, le magazine Forbes a élu le squash comme sport le plus sain étant donné ses exigences pour l’endurance, la vitesse la flexibilité et la force.

Le squash c’est aussi un sport propre… Ses athlètes ne sont pas connus pour le dopage, ce qui, selon Bergen, crédibilise la présence de ce sport.

Par ailleurs, les courts de squash sont mobiles et peuvent ainsi s’implanter partout dans le monde et peuvent facilement rendre n’importe qu’elle zone en un site de compétition. Par exemple, le Tournoi des Champions à New-York est joué dans le grand hall de la gare « Grand Central Terminal », tandis que le Championnat du Monde PSA en Egypte permet aux joueurs de s’affronter devant la grande pyramide de Gizeh. Ces lieux exceptionnels attirent les fans et non-fans de squash et devraient interpeller les membres du CIO, selon Tommy Berden.

Le véritable défi est la diffusion audiovisuelle de notre sport », a déclaré Amande Shoby, joueuse américaine. « Lorsque vous regarder le squash a la télévision, cela semble beaucoup plus lent par rapport à la réalité et quand vous êtes en tribunes. En regardant à la télévision, vous ne pouvez pas vraiment apprécier la rapidité et l’attaque des joueurs. »

Ces dernières années, l’introduction de nouvelles caméras HD, streaming, replays, ralentissements et autres améliorations high-tech ont permis de rendre le squash plus interactif à l’écran. Cependant, ce n’est pas encore suffisant pour convaincre les fans de sports à regarder le squash sur leurs canapés, dit Berden.

« Nous devons établir des relations avec les personnes qui font réellement le vote…Ce ne sont pas seulement les membres du CIO, mais ce sont également les membres des comités d’organisation locaux ».

Autrement dit, quel que soit la ville désignée pour 2024, cela aura également une incidence sur l’entrée éventuelle de nouveaux sports au programme des Jeux Olympiques. La ville hôte sera connue le 13 septembre prochain. Depuis que Budapest a jeté l’éponge, il ne reste plus que Paris et Los Angeles dans la course. Cela est une bonne chose pour le squash puisque les Etats-Unis et la France regroupent une plus grande communauté de joueurs de squash que la Hongrie. De plus, les pays préfèrent soutenir les sports dans lesquels ils excellent !

Amanda Sobhy, actuellement n°6 mondiale, est la meilleure joueuse américaine sur le circuit professionnel (hommes et femmes confondus). Alors que les Etats-Unis n’ont jamais été la nation forte du squash, l’américaine reste convaincue que de jeunes talents sont en train d’émerger comme

Ses coéquipières Olivia Blatchford, n°26 mondiale, ou Reeham Sedky.

Quant à la France, Grégory Gaultier est l’un des plus grands joueurs au monde et se classe actuellement à la troisième place mondiale. Chez les femmes, Camille Serme a remporté le Tournoi des Champions et l’US Open cette année. Actuellement n°2 mondiale elle figure parmi les meilleures joueuses au monde. Cependant, il reste sept années jusqu’à ce que le squash puisse éventuellement être une épreuve des Jeux Olympiques. La joueuse aujourd’hui âgée de 27 ans pourrait disputer ses premiers jeux à 34 ans…

« Si c’est à Paris, je pense que j’essaierai de les faire. », a déclaré Camille Serme. « Cela dépendra de la vie ! »

Indépendamment de la ville hôte, Tommy Berden a dit que le squash, particulièrement chez les femmes, pourrait être un cas fort puisqu’aucune nation ne domine ce sport.

« Plus un sport est compétitif, mieux c’est ! La concurrence augmente l’attrait d’un sport. Cela aiderait aussi les pays comme l’Egypte ou la Malaisie qui sont vraiment très bons à décrocher des médailles olympiques. », analyse Tommy Berden.

La Malaisie a occupé le premier rang mondial pendant neuf années consécutives, tandis que l’Egypte a de jeunes talents comme Nour ElSHerbini, Raneem El Welily ou encore Nouran Gohar.

« Les différents pays doivent aussi axer leur communication sur leurs joueurs clés afin de toucher un public plus large et de créer un soutien populaire.
En fin de compte, je pense que c’est ce que les gens veulent lire et entendre… Si le public s’identifie à certains modèles, il sera alors plus facile pour les médias traditionnels de parler de ces joueurs ! »

Au-delà de la gloire olympique, l’entrée du squash aux JO aurait également un impact énorme sur sa croissance globale !

« Il y aura ainsi beaucoup plus de financement pour les athlètes et les fédérations nationales, mais aussi pour les événements. Cela rendra nos événement plus grands et plus forts. On aura ainsi beaucoup plus d’exposition ! Je pense que nous sommes dans la bonne direction, mais il y a encore beaucoup de travail à faire. », conclut Tommy Berden.