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FRANCE – ANGLETERRE, DEUX FINALES POUR LE PRIX D'UNE

Équipe de france 29/04

Décryptage des finales du championnat d'Europe entre les meilleurs ennemis du squash continental.

Même si Camille Serme et ses copines ont dû batailler ferme vendredi contre le Pays de Galles, l'affiche des finales du championnat d'Europe sera celle que l'on attendait : un double duel France – Angleterre.

Article de Jérôme Elhaïk

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FINALE FEMMES

[1] Angleterre - [2] France

Midi (13h heure locale)

Finale femmes 2016

Les deux équipes lors de la finale 2016 (Crédit photo : Euro Squash 2016)

Leur palmarès vaut mieux qu'un long discours : les Anglaises ont remporté 38 des 39 éditions ! Malgré l'absence de la n°2 mondiale Laura Massaro et d'Emily Whitlock, elles présentent tout de même trois joueuses classées entre la 8ème et la 16ème place mondiale. L'équation est donc simple, les Bleues auront sans doute besoin d'une victoire de leur leader Camille Serme mais aussi d'un exploit d'une de ses équipières contre une adversaire nettement mieux classée.

CAMILLE SERME (n°3 PSA) – SARAH-JANE PERRY (n°8)

Serme Perry

Camille Serme et Sarah-Jane Perry, ici au Windy City Open 2015 (Crédit photo : www.squashmad.com)

Après avoir battu pour la première fois la Française en juin dernier - aux playoffs des Interclubs à Mulhouse – Sarah-Jane Perry avait déclaré avec humour que « personne n'avait le droit de me battre 25 fois de suite ! » Avant cela, elle avait subi la loi de Serme tout au long de sa carrière, depuis les catégories de jeunes. Une fois cette barrière psychologique tombée, Perry avait récidivé à Al Ahram en septembre, alors que la numéro 1 française traversait une période de doute. Dont elle allait bientôt sortir pour connaître un automne de rêve, avec un doublé US Open – ToC. Mais l'Anglaise est également en pleine confiance depuis quelques mois : première demi-finale en World Series au ToC, arrivée dans le top 10, finale au British Open, première qualification aux World Series Finals et plusieurs « scalps » majeurs (Serme mais aussi Nicol David deux fois, Amanda Sobhy et Raneem El Welily). En l'absence de Massaro, elle occupe pour la première fois la position de numéro 1, avec la pression supplémentaire liée à ce statut. De son côté, la Française n'a certes pas été au bout de ses derniers tournois majeurs (demi-finale à Chicago, quart au British Open et médaille de bronze au championnat du monde) mais elle est désormais bien installée dans le top 3 mondial. Elle possède en outre une énorme expérience des compétitions par équipes (elle n'a raté aucune des dix-huit dernières !) et a tout connu depuis 2006 : de la période difficile en 2007-2008 aux médailles d'argent européennes et ce podium mondial en décembre à Paris. Pourquoi pas un premier titre samedi à Helsinki ? Pour cela, les Bleues auront évidemment besoin d'une victoire de leur leader, qui espérons-le aura récupéré après sa difficile victoire en demi-finale vendredi contre Tesni Evans.

--- Confrontations directes : 11-2 pour Serme (6-1 en PSA)

--- Dernière confrontation : Cleveland Classic, demi-finale – février 2017 – Camille Serme bat Sarah-Jane Perry 3-0 (13-11, 11-9, 12-10)

 

ALISON WATERS (n°9) - COLINE AUMARD (n°29)

Aumard Waters

Coline Aumard et Alison Waters ne se sont jamais affrontées (Crédits photo : PSA World Tour et squashsite)

L'an dernier, les Anglaises avaient plié l'affaire après deux matches, et Coline Aumard avait fait part de « (sa) frustration de ne pas rentrer sur le court, et d’avoir l'opportunité d'aller chercher une fille du top 15 mondial (elle aurait dû affronter Sarah-Jane Perry). Ce match, j’en rêvais depuis un an, mais ça fait partie du jeu. » Un deuxième rendez-vous manqué puisque si la numéro 2 française avait disputé la finale l'année précédente (défaite contre Perry en 4 jeux), elle avait raté celle de 2014 pour cause de blessure. Étonnamment, elle n'a jamais affronté Alison Waters alors qu'elle fréquente le circuit depuis plus de dix ans. Une joueuse qui, même si elle n'a plus gagné de tournoi ni atteint le dernier carré en World Series depuis 2014, reste une référence : hormis une saison blanche en 2011-2012 (grave blessure au tendon d'Achille), elle fréquente le top 15 mondial depuis plus de douze ans, avec des pointes à la 3ème place en 2010 et 2015. Et même si elle n'a pas spécialement brillé depuis le début de l'année 2017, elle semble en bien meilleure forme que l'an dernier (elle avait été laissée sur le banc lors de la finale au profit de Victoria Lust). La Française, qui n'a jamais battu de joueuse du top 10, ne sera donc pas favorite. Mais elle a souvent inquiété des « top players, » tout récemment la n°11 mondiale Annie Au au British Open (défaite 11-9 au cinquième jeu après avoir menée 2 jeux à 0).

--- Confrontations directes : Alison Waters et Coline Aumard ne se sont jamais affrontées. 

 

VICTORIA LUST (n°16) - LAURA POMPORTES (n°58)

Pomportes Lust

Un an après, Victoria Lust et Laura Pomportes devraient se retrouver en finale du championnat d'Europe (Crédit photo : Euro Squash 2016)

On peut supposer que les entraîneurs Anglais et Français aligneront Victoria Lust et Laura Pomportes, plus expérimentées à ce niveau, plutôt que Moverley et Alvès. Tout le monde connaît l'histoire de la Toulousaine, gravement blessée à la hanche et donnée perdue pour le squash par certains médecins. Avant de faire son retour l'an dernier au championnat d'Europe par équipes. Quasiment sans préparation, Pomportes s'était logiquement inclinée contre Lust. « J’ai donné mon maximum mais c’était mon premier match contre une joueuse de ce niveau depuis près d’un an, » disait-elle après le match. Elle est en train de réussir sa deuxième carrière, avec un premier titre à Belfast en août, un retour à un classement plus conforme à son niveau et surtout un excellent championnat du monde, où elle aura pleinement contribué à la première mondiale des Bleues. La mission sera néanmoins compliquée contre la numéro 16 mondiale, qui l'avait à nouveau battue à Monaco en novembre. Lust n'est certes pas une star du circuit, mais c'est une joueuse solide, qui bat rarement des joueuses mieux classées mais qui à l'inverse perd rarement contre les autres. À l'image de son parcours en équipe nationale, puisqu'elle n'a jamais perdue sous le maillot Anglais.

--- Confrontations directes : 3-0 pour Lust (2-0 en PSA)

--- Dernière confrontation : Monte Carlo Classic, premier tour – novembre 2016 - Victoria Lust bat Laura Pomportes 3-0 (11-4, 11-8, 11-3)

Remplaçantes : Fiona Moverley (n°27) et Mélissa Alvès (pas de classement mondial) 

FINALE HOMMES

[1] Angleterre - [2] France

14 h (heure française)

Finale hommes 2016

Les deux équipes lors de la finale 2016 (Crédit photo : Euro Squash 2016)

Les deux nations se retrouvent donc en finale pour la dix-septième fois depuis le début du siècle … Après leur titre historique il y a deux ans, les Bleus, privés de Mathieu Castagnet blessé, n'avaient pas vraiment pu défendre leurs chances en 2016. Les deux équipes sont quasiment au complet cette année, et cette rencontre semble plus serrée que jamais. « Sur le papier, les quatre matches peuvent tous aller dans les deux sens, » affirme l’entraîneur Tricolore Renan Lavigne. On a hâte d'y être !

NICK MATTHEW (N°4 MONDIAL) - GREGORY GAULTIER (n°1)

Gaultier Matthew

Il existe entre Grégory Gaultier et Nick Matthew un grand respect mutuel (Crédit photo : squashsite) 

C'est l'un des grands classiques du squash mondial : Matthew et Gaultier se sont affrontés 35 fois en PSA, mais aussi huit fois en compétition par équipes (6-2 pour l'Anglais). En point d'orgue, un match de légende au championnat du monde à Mulhouse en 2013, remporté 11-9 par Matthew après 2h12 de jeu, devant un public en fusion. Compte tenu de son incroyable forme actuelle (quatre tournois gagnés en 2017, série de 23 victoires de suite en cours dont évidemment celle contre l'Anglais en finale du British Open), le « French General » sera légèrement favori. Légèrement seulement, car le natif de Sheffield est encore au top niveau à 36 ans, et présente un bilan extraordinaire en équipe nationale : trois titres de champion du monde et dix de champion d'Europe ! Absent lors des deux dernières éditions en raison de blessures, il n'a donc pas connu la défaite historique contre la France en 2015. Gaultier et Matthew ont une longue histoire commune, comme nous le racontait récemment le numéro 1 mondial. « On se connaît depuis les juniors, sur le court mais aussi en dehors. Notre relation dépasse largement le cadre du squash. Dès que l'un gagne un tournoi, l'autre lui envoie un message. À l'heure actuelle, on parle beaucoup des jeunes qui montent, notamment les Égyptiens, mais c'est satisfaisant de prouver que notre génération était vraiment très forte. »

--- Confrontations directes : 26-23 pour Matthew (18-17 pour Gaultier en PSA)

--- Dernière confrontation : British Open, finale – mars 2017 – Grégory Gaultier bat Nick Matthew 3-1 (11-9, 11-9, 11-9)

 

JAMES WILLSTROP (n°7) - MATHIEU CASTAGNET (n°26)

Castagnet Willstrop

Mathieu Castagnet avait battu James Willstrop à la Grasshopper Cup il y a un peu moins d'un an (Crédit photo : www.squashmad.com)

Un match entre deux joueurs qui se connaissent bien, puisqu'ils ont remporté plusieurs titres de champions de France ensemble sous le maillot de Mulhouse. Autre point commun, Castagnet et Willstrop ont récemment su revenir après une blessure : opéré de la hanche fin 2014, l'Anglais - ancien numéro 1 mondial - est de retour dans le top 10 suite à sa demi-finale au ToC, où il avait battu Nick Matthew pour la première fois 2007. Castagnet quant à lui, avait connu un début de saison 2015-2016 exceptionnel, au point d'atteindre le 6ème rang mondial. Sa blessure l'an passé au championnat d'Europe allait être ensuite le début de longs mois de galère, avec finalement une pubalgie qui l'obligera à un repos complet. Enfin débarrassé de ses pépins physiques, le numéro 2 français a signé son retour il y a quelques semaines au British Open en sortant un certain … James Willstrop. L'Anglais semble d'ailleurs marquer un peu le pas depuis quelques semaines, avec deux autres éliminations prématurées à El Gouna et Houston, ainsi qu'une nette défaite en poule contre Simon Rosner à Helsinki. Mais comme Nick Matthew, il sait se sublimer lorsqu'il revêt le maillot de sa sélection, à l'image de sa victoire en cinq jeux contre Castagnet lors de la finale 2014.

--- Confrontations directes : 2-1 pour Castagnet (2-0 en PSA)

--- Dernière confrontation : British Open, premier tour – mars 2017 – Mathieu Castagnet bat James Willstrop 3-1 (11-9, 10-12, 12-10, 11-9)

 

DARYL SELBY (n°12) - GREGOIRE MARCHE (n°25)

Marche Selby

Grégoire Marche avait réalisé l'un des meilleurs matches de sa carrière contre Daryl Selby à Nantes (Crédit photo : Philippe Rochais)

Ce match aurait déjà pu avoir lieu l'an dernier, mais les Anglais avaient remporté le titre au jeu average après trois matches. Le cas de Selby présente quelques similitudes avec celui de Willstrop : lui aussi avait effectué un très bon début de saison 2015-2016, avec en point d'orgue une demi-finale au Qatar. Avant de marquer le pas ces dernières semaines, notamment à cause de soucis à la cheville. Mais comme ses compatriotes il se transcende souvent en sélection, à l'image de sa victoire contre Tarek Momen en finale du championnat du monde 2013. « Quand d'autres personnes comptent sur votre performance, vous avez tendance à trouver des ressources insoupçonnées, nous disait-il il y a quelques mois. Personnellement, je prends plus de plaisir en gagnant un match en équipe que sur un tournoi individuel. » Grégoire Marche pourra s'appuyer sur une certitude, celle d'avoir battu l'Anglais lors de leur dernière confrontation. C'était à Nantes en septembre dernier, et le Français y avait livré une partition quasi-parfaite. Après un automne exceptionnel, le numéro 3 français a accusé le coup au début de l'année 2017. Mais il revient bien depuis quelques semaines, en témoignent ses résultats jusqu'ici dans la compétition, où il a été impitoyable avec ses quatre adversaires.

--- Confrontations directes : 4-1 pour Selby (2-1 en PSA)

--- Dernière confrontation : Open International de Nantes, demi-finale – septembre 2016 – Grégoire Marche bat Daryl Selby 3-0 (11-7, 11-6, 11-5)

 

TOM RICHARDS (n°35) - LUCAS SERME (n°41)

Serme Richards

Lucas Serme s'était offert une belle victoire contre Tom Richards à Charlottesville en 2014 mais l'Anglais a pris sa revanche depuis (Crédit photo : squashsite)

On peut penser que l'entraîneur Anglais fera confiance à l'expérience de Tom Richards plutôt qu'à la jeunesse de Declan James. Même s’il n'a jamais retrouvé le niveau qui lui avait permis d'atteindre la 12ème place en 2013, en partie à cause de plusieurs blessures, Richards reste un joueur solide. En treize matches, il n'a d'ailleurs jamais perdu un jeu en sélection ! Certes contre des adversaires inférieurs sur le papier, mais cette statistique en dit long sur son degré d'implication quand il porte les couleurs de son pays. L'Anglais évoque néanmoins un bon souvenir pour Lucas Serme, qui l'avait battu à Charlottesville en 2014, à l'époque l'une des plus belles victoires en carrière. Richards a pris sa revanche deux fois depuis, notamment au ToC en début d'année, le champion de France 2017 a retrouvé la confiance après une période difficile. Et une finale France – Angleterre, c'est bien sûr pour le Cristolien une image extraordinaire, celle du point décisif qu'il avait apporté à son équipe il y a deux ans, premier titre international pour les Bleus.

--- Confrontations directes : 3-1 pour Richards (2-1 en PSA)

--- Dernière confrontation : Tournament of Champions, qualifications – janvier 2017 – Tom Richards bat Lucas 3-1 (10-12, 15-13, 11-9, 11-6)

Remplaçants : Declan James (n°36) et Benjamin Aubert (n°150)

À savoir : l'ordre des matches est tiré au sort tous les jours, mais les numéros 1 ne peuvent pas jouer en dernier.

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