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MATHIEU CASTAGNET, LA RENAISSANCE

Équipe de france 24/03

L'air de Londres réussit bien à Mathieu Castagnet : deux ans après son titre au Canary Wharf, il a renoué avec la victoire vendredi soir à Wimbledon, en battant Tom Richards.

Le joueur de l'équipe de France met ainsi fin à une longue période de galère, marquée par des nombreuses blessures.

Article de Jérôme Elhaïk

LE CONTEXTE. Même si Daryl Selby et James Willstrop n'étaient pas au rendez-vous, il y avait quand même un Anglais en finale : Tom Richards (34ème mondial), auteur d'un parcours pas flamboyant mais solide jusque là (vainqueur d'Harrity, Makin et Kandra). Après avoir fréquenté le top 15 mondial en 2012 et 2013, le natif de Guildford a ensuite connu des pépins physiques, et ne parvient pas depuis à retrouver ce classement. Les blessures, Mathieu Castagnet (28ème) en a eu son lot dernièrement (voir ci-dessous UNE RENAISSANCE). Mais le Français aborde cette finale – sa première depuis deux ans et son titre au Canary Wharf - en confiance, auréolé d'une « victoire référence en demi-finale contre Willstrop, » selon son entraîneur Renan Lavigne. Sa dernière confrontation avec Richards, en mars 2013 au Koweït, évoque de bons souvenirs pour le Tricolore : il avait obtenu selon ses propres mots la plus belle victoire de sa carrière, l'Anglais étant à l'époque n°12 mondial. C'était également la première fois que Castagnet atteignait le troisième tour d'un tournoi World Series.

LE MATCH. Le début de match est équilibré, et les deux joueurs mettent leur jeu en place sur le court traditionnel du Wimbledon Squash Club. Mais le Français, plus solide, se détache au score et remporte le premier jeu (11-6). Richards revient sur le court avec davantage de détermination et prend rapidement quelques points d'avance jusqu'à 7-5. Il perd néanmoins de l'énergie dans des discussions avec l'arbitre, et commet quelques fautes qui permettent à Castagnet, plutôt avare dans ce domaine, de recoller au score et même de se procurer deux balles de jeu (10-8). Ce dernier convertit la deuxième d'une superbe volée de coup droit, prenant ainsi un avantage de deux jeux (crucial, admettront les deux protagonistes après le match). L'Anglais n'abdique pas, et produit un énorme effort en début de troisième jeu, au point de mener 5-0. Mais il va le payer cash, alors que le Français le fait beaucoup travailler. Castagnet remporte 11 des 12 échanges suivants et le match. Il peut s'agenouiller, et embrasser le parquet. Deux ans après le Canary Wharf, il remporte un nouveau titre important dans la cité Londonienne. 

Wimbledon 2018 photo 1

La réaction de Mathieu Castagnet après sa victoire en disait long sur sa signification

RÉACTION. « Je n'ai pas de mots pour exprimer ce que je ressens, » dira Castagnet lors de l'interview d'après-match. « Décidément, la capitale Anglaise me réussit bien, peut-être que j'aurais dû naître ici (rires). Je n'arrête pas de recevoir des messages de félicitations, qui me font très plaisir. Mais la personne que j'aimerais remercier avant tout, c'est ma femme (Laura Pomportes-Castagnet, ancienne joueuse de l'équipe de France, retraitée depuis quelques mois). Tous les jours, elle est celle qui tente de me convaincre que je peux retrouver mon meilleur niveau. Je n'oublie pas mes entraîneurs – Renan Lavigne et Yann Perrin – ainsi que mon préparateur physique Arnaud Hays. Concernant la finale, il est évident que le gain du deuxième jeu a été primordial, il m'a donné énormément de confiance : quand vous sortez du court et qu'il ne vous reste plus qu'un jeu à marquer, ce n'est pas du tout pareil que si vous devez en gagner trois ! »

Wimbledon 2018 photo 2

Mathieu Castagnet a exprimé toute sa joie au micro du maître de cérémonie

UNE RENAISSANCE. Cette superbe victoire marque-t-elle la renaissance de Mathieu Castagnet ? Seul l'avenir le dira, mais les voyants sont au vert. Petit retour en arrière, début 2016 : le Français connaît la meilleure période de sa carrière. Demi-finaliste au Tournament of Champions, il enflamme la toile grâce à un plongeon venu d'ailleurs à Chicago, avant de remporter son plus grand titre au Canary Wharf. Début mai, il atteint la 6ème place mondiale, mais se blesse aux adducteurs quelques jours plus tard au championnat d'Europe par équipe. Il ne le sait pas encore, mais c'est le début de dix-huit mois de galère : tentatives de retour, rechutes, compensations et nouvelle blessures, comme ces « sept déchirures au mollet » qu'il évoquait après sa demi-finale jeudi soir. Si la fin d'année 2017 est particulièrement difficile, avec le traumatisme de l'élimination en quart de finale du championnat du monde par équipe face à Hong Kong (« les quarante-huit heures suivantes ont été les plus longues de ma carrière »), 2018 redémarre sur de meilleures bases : Castagnet s'incline certes au premier tour de l'open de Suède contre Tarek Momen (n°7 mondial), mais en affichant un niveau de jeu exceptionnel pendant 1h40. Le numéro 2 Français semble enfin débarrassé de ses pépins physiques mais on ne retrouve pas la constance du jour au lendemain : il s'incline en qualifications au Canary Wharf puis à la Grasshopper Cup, contre des joueurs à sa portée sur le papier (Ben Coleman et Mazen Hesham). Un Coleman que le tirage au sort avait mis sur sa route d'entrée à Wimbledon : Castagnet affirme bien aimer les revanches, et il a joint les actes à la parole. Le début d'une superbe semaine, qui allait le conduire vers le quatrième titre de sa carrière. 

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Depuis son succès au Canary Wharf au printemps 2016, le Français avait accumulé les blessures (Crédits photo : PSA World Tour, EuroSquash 2016)

ET MAINTENANT ? Malgré cette victoire, Mathieu Castagnet va peut-être reculer au classement dans quelques jours (car il va notamment perdre les points de son quart de finale au British Open, qui avait eu lieu en mars en 2017). Mais le Français n'a cessé de le répéter ces dernières semaines : il est concentré sur son niveau de jeu, le reste viendra naturellement. C'est donc en confiance qu'il va aborder les deux dernières échéances de la saison : El Gouna fin avril, puis le British Open mi-mai. Sans oublier le championnat d'Europe par équipe, où il tentera d'aider les Bleus à conserver leur titre.

 

Wimbledon Club Squash Squared Open 2018 (35 000 $)

[5] Mathieu Castagnet bat [7] Tom Richards : 3 jeux à 0 (11-6, 11-9, 11-6) - 52 minutes

 

Revivez le match en vidéo ici

et retrouvez l'analyse de Renan Lavigne ci-dessous

Réaction Renan Lavigne

 

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