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SEPT BLEUS CHEZ LES PHARAONS

Équipe de france 24/10

Dix ans après, le championnat du monde masculin revient en Égypte, alors qu’on dénombre aujourd’hui sept représentants de ce pays dans le top 10 mondial (un record dans l’histoire du squash).

Parmi les joueurs qui tentent de contester cette suprématie, il y a deux Français, Mathieu Castagnet et bien sûr Grégory Gaultier, tenant du titre. L’Aixois sera le chef de file d’un fort contingent tricolore, que nous passons en revue à partir d’aujourd'hui.

TROIS FRANÇAIS À L’ÉPREUVE DES QUALIFS

Crédits photo : Philippe Rochais Pour deux d’entre eux, ce sera une première participation au championnat du monde. Pragmatique, Christophe André confie que ce tournoi « n’a pas de saveur particulière, même si je suis très content d’y aller. J’ai avant tout envie de me qualifier car il y a beaucoup de points en jeu. » Après une carrière à rebondissements (à lire, https://tournoinationalaudilemans.wordpress.com/2016/07/18/christophe-andre-ombres-et-lumieres), le Réunionnais vient à 29 ans de rentrer dans le top 100 et ne compte pas s’arrêter là : « J’aimerais rentrer dans le top 50 dans les deux prochaines années. » Même s’il estime son début de saison « pas flamboyant à cause de soucis aux chevilles, » André a tout de même passé les qualifications de l’open international de Nantes en battant le solide néerlandais Piedro Schweertman (73ème mondial), avant de remporter les deux premiers tournois nationaux de la saison en France. « J'ai 29 ans, le temps presse, mais j’espère que je vais atteindre mon objectif. »

Crédits photo : Nicolas Barbeau Plus d’émotions chez Baptiste Masotti, qui a « vraiment hâte d’y être. Participer au même tournoi que mon idole Grégory Gaultier, c’est très excitant. Sans oublier Mathieu Castagnet, beaucoup de gens me disent que j'ai un parcours similaire au sien. Peut-être parce qu’on vient de la même région et que nous avons eu un entraîneur commun (Robert Bonabesse). Mathieu est un exemple de travail et d'abnégation. C’est un modèle pour moi, mais aussi et avant tout un ami. J’ai une très grande admiration pour tout ce qu'il a réalisé pendant sa carrière (qui est loin d'être finie), et j'espère pouvoir dire un jour que j’ai atteint son niveau ! Mais je ne suis pas encore dans le même tableau qu’eux, donc ça me donne une motivation supplémentaire pour passer les qualifications. Ce tournoi c’est un rêve, d’autant plus qu’il se déroule dans le pays du squash. » Ce joueur au parcours atypique a débuté le squash à 11 ans, quand la plupart des champions tiennent une raquette avant de savoir marcher. Passionné de football (« que j'ai pratiqué à un niveau correct jusqu'à 15 ans »), le Niortais combine carrière de sportif professionnel et études universitaires (IUT en gestion des entreprises). « Elles me permettent de sortir du cadre du sport, et m'apportent une certaine rigueur dont j’ai besoin. J’étais en stage en entreprise cet été donc ma préparation d’avant-saison n’a pas été optimale, mais j'ai tout de même fait une bonne performance à Nantes même si je n’ai pas pu me qualifier (il a battu le Belge Jan Van den Herrewegen avant de s’incliner contre l’Anglais Richie Fallows). Depuis, j’ai eu de bons matches en Bundesliga - une compétition que je découvre et que j'adore - et j’ai eu le temps de faire des séances spécifiques, nécessaires avant les nombreux tournois qui m’attendent jusqu’en décembre. »

Crédits photo : Philippe Rochais Contrairement à ses deux compères, Geoffrey Demont possède une petite expérience des championnats du monde, avec une participation en 2013 à Manchester (il avait passé un tour en qualifications) « J’en garde un très bon souvenir, raconte-t-il. C’est la compétition la plus prestigieuse à laquelle j’ai pu participer : le vainqueur est sacré champion du monde, ce n’est donc pas un tournoi comme les autres, y compris par rapport aux autres World Series. C’est également l’occasion de revoir des joueurs que j’ai côtoyés lors de mes débuts sur le circuit et qui évoluent dans des tournois de catégorie supérieure. Mon premier objectif sera de rentrer dans le tableau principal. Le tirage est évidemment un facteur essentiel mais si l’on veut se frotter aux meilleurs, il faut le mériter ! Après on rêve tous, du moins c’est le cas pour moi, de soulever la coupe… Mais il faut aussi être réaliste, la probabilité que ça arrive est infiniment faible. » D’autant que le natif de Saint-Germain-en-Laye n’a pas connu une préparation optimale, la faute à une blessure à l’ischio-jambier en septembre, « mais ça va nettement mieux désormais. » Peut-être a-t-il lui-même effectué le diagnostic, puisqu’il a intégré en septembre l’école de masso-kinésithérapie d’Assas. « Je tiens à remercier la Fédération Française de Squash, particulièrement Maryse Degardin pour leur soutien. Les cours sont extrêmement intéressants, et même si la charge de travail est assez conséquente, j’ai le temps de faire une voire deux séances par jour. Le plus souvent avec Johan Bouquet, dont je suis très proche, et je vais également essayer de m’entraîner avec Lucas Serme. »

LES CHALLENGERS

Crédits photo : Paul Orlovic L’an dernier, il avait eu la mauvaise fortune de tomber sur le futur champion du monde Grégory Gaultier au premier tour. Du coup Lucas Serme (seul des sept français à ne pas faire partie du pôle France d'Aix) se souvient plutôt de sa deuxième participation, « au Qatar en 2014, j’avais joué contre Simon Rosner sur le court vitré (après avoir passé les qualifications). C’était la première fois que j'avais la possibilité d’utiliser la ‘video review’ et ça m’avait marqué. Je ne peux pas parler à la place de tous les joueurs, mais il me semble que ce tournoi est au-dessus des autres. Le titre de champion du monde est une récompense qui a plus de valeur. Quand on voit la réaction du vainqueur chaque année, je pense ne pas me tromper … » Même si le tirage au sort a été plus clément que ces deux dernières années pour le joueur de l’US Créteil, il se méfie du vétéran Olli Tuominen (à 37 ans, le Finlandais est le joueur le plus âgé dans le top 100). « J'essaie de me concentrer sur mon jeu plutôt que sur celui de l'adversaire. Olli a une très grande expérience du circuit professionnel. Ça va être donc très dur, mais c’est le cas de tous les matchs en PSA en ce moment ! » Cette densité actuelle, Lucas en a été victime lors de sa tournée américaine, après une superbe troisième place au championnat d’Europe début septembre. « Je suis rentré très abattu des États-Unis, c’était dur de perdre si tôt dans les tournois (au premier tour des qualifications à San Francisco contre le Mexicain Cesar Salazar et au deuxième à l’US Open contre le Péruvien Diego Elias). Mes adversaires étaient en forme et même si j’ai bien joué, je n'ai pas réussi à me hisser à leur niveau du jour. Je sais que l'année est faite de hauts et de bas, et je suis sûr que la roue va tourner prochainement. »

Crédits photo : Philippe Rochais On a beaucoup parlé de Grégoire Marche depuis le début de la saison. Tout d’abord pour son titre à l’open international de Nantes, la plus beau de sa carrière après une semaine magnifique (succès sur les Anglais Selby et Simpson). Le numéro 3 français a continué sur sa lancée au début de la tournée américaine. Sa victoire sur le triple champion du monde Nick Matthew – qui a prouvé depuis à l’US Open qu’il était loin d’être fini – lui a permis d’atteindre un quart de finale sur un tournoi 100 000 $ pour la première fois. Il a ensuite été battu par le même joueur à quelques jours d’intervalle, en l’occurrence le prodige Péruvien Diego Elias. « C’est décevant même si c'est un super joueur, indique-t-il. Après ma défaite dans des conditions frustrantes à San Francisco, je pensais avoir les moyens de prendre ma revanche au premier tour de l’US Open mais il sorti un gros match. Le bilan est quand même plutôt positif car je ramène beaucoup plus de points que l’année dernière. » Des points, il en aura à défendre au Caire, ayant atteint le troisième tour à Seattle en 2015 (avec notamment une victoire référence contre le Sud-Africain Stephen Coppinger). « L’objectif sera de faire au moins aussi bien. Au premier je joue la wilcard locale (le jeune Youssef Ibrahim) avant de retrouver normalement un autre Égyptien, Fares Dessouky. Pas facile mais j’ai hâte d’y être ! C’est un tournoi spécial, on sent tout de suite que l’atmosphère est différente en arrivant sur place. Le titre de champion du monde est le graal dans le monde du squash, la pression est donc un peu différente. » 


Pour Mathieu Castagnet, la préparation à ce championnat du monde aura ressemblé à une course contre la montre. La faute à un début de saison gâché par une succession de pépins physiques. « Pourtant, ma préparation estivale s’était très bien passée, affirme le numéro 2 français. Je me sentais prêt à démarrer la saison de la meilleure des façons, mais j’ai souffert d’un début de pubalgie. Elle ne m’empêche pas de jouer mais je ne peux pas débuter les matches dans de bonnes conditions, et au plus haut niveau ça ne pardonne pas. Bien évidemment, tout a un sens et tout est lié. Suite à mon élongation à l’adducteur en fin de saison dernière, j’ai compensé, ce qui a causé cette pubalgie. Elle m’a de nouveau forcé à bouger d’une manière différente, entraînant un problème au mollet au championnat d’Europe individuel. On m’avait dans un premier temps diagnostiqué une grosse contracture mais j’ai rechuté à la Coupe d’Europe des clubs avec cette fois-ci une micro-déchirure au mollet, qui m’a obligé à me retirer de deux gros tournois en septembre. Le corps a ses limites et si vous ne l’écoutez pas suffisamment, il vous sanctionne systématiquement. » Après quelques semaines d’arrêt forcé, le pensionnaire du club de Mulhouse a repris la compétition à l’US Open, s'inclinant au premier tour contre Ali Farag. « Je ressens systématiquement la pubalgie, elle m’empêche de jouer à 100 %. En revanche, ma déchirure au mollet est résorbée, contre Farag j’avais simplement l’appréhension de me refaire mal. Je suis en manque d’entraînement et de repères, et je n’ai que dix jours pour préparer le championnat du monde, même si je fais le maximum bien évidemment. Je suis en train de réfléchir à de nouvelles stratégies d’entraînement, qui me permettront de minimiser les risques de blessure tout en restant performant. »

S’il veut égaler sa meilleure performance (un huitième de finale l’an dernier), Castagnet devra d’abord se débarrasser d’un qualifié puis du vainqueur du derby anglais Selby-Richards. Avant peut-être de retrouver un autre convalescent, le magicien Ramy Ashour. Mais on n'en est pas encore là ...

Grégory Gaultier dispute cette année son quinzième championnat du monde. De ses débuts en 2002 à son premier sacre l'an dernier à Seattle, en passant par ses quatre finales perdues, nous reviendrons mercredi sur les moments clés du parcours du numéro 1 français dans l'épreuve reine du squash mondial.

 

 

Crédits photo : The Telegraph, squashsite, squashblog, gettyimages

EL SHORBAGY POUR UNE PREMIÈRE ?

 

Le championnat du monde masculin est le rendez-vous majeur de la saison de squash. En termes de prize money (325 000 $, contre 150 000 $ pour les autres tournois estampillés World Series), de prestige et de nombre de participants (112 en comptant les qualifications). La compétition aura lieu du 25 octobre au 4 novembre au Wadi Degla Club d'El Nakhil (14 courts de squash), l'un des cinq de l’enseigne au Caire. Le directeur des sports, et promoteur du tournoi, n'est autre que Karim Darwish (ancien numéro 1 mondial et deux fois champion du monde par équipes). Parallèlement à la compétition masculine, un tournoi du circuit féminin (50 000 $) aura lieu, avec un plateau de grande qualité (cinq joueuses du top 10 dont Nicol David et bien sûr l’Égyptienne Raneem El Welily, qui joue pour Wadi Degla).

Crédits photo : Wadi Delga
 

Le championnat du monde est donc le seul tournoi où les joueurs doivent remporter six matches pour conquérir le titre, en l’espace de neuf jours. L’Égypte est évidemment le pays le plus représenté, avec 14 joueurs sur les 48 du tableau principal (et quinze autres dans les qualifications), devant l’Angleterre (8 joueurs) et la France (5). La hiérarchie a été souvent bousculée sur le circuit ces dernières semaines, mais le favori reste le numéro 1 mondial Mohamed El Shorbagy, qui à 25 ans court toujours après son premier titre (deux finales perdues). Même s’il a connu un début de saison un peu chaotique, il vient tout de même de remporter l'US Open à Philadelphie. El Shorbagy pourrait néanmoins retrouver dès le troisième tour l’Australien Cameron Pilley, qui lui a souvent posé des problèmes dans un passé récent. Sont également présents dans sa partie de tableau, James Willstrop, Ali Farag, l'homme en forme du début de saison Karim Abdel Gawad, et Nick Matthew. La tête de série n°2 est le tenant du titre Grégory Gaultier, qui avait mis fin l'an dernier à une série de quatre finales perdues. Le Français n'a pas non plus toujours été souverain depuis la reprise (un titre tout de même à San Francisco), mais sa capacité à se débarrasser rapidement des adversaires inférieurs sur le papier est un avantage dans un tel tournoi. Son tableau semble relativement dégagé, avec en ligne de mire un quart de finale contre Marwan El Shorbagy, voire une demi contre Ramy Ashour, dont l'état de forme reste toutefois incertain après sa blessure au tendon d'Achille à Al-Ahram.

Crédits photo : US Open Squash / squashsite
 

Plus d'informations sur : http://wadideglaworldsquashchamps.com/today.htm

Article de Jérôme Elhaïk

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