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RETOUR SUR LES PLAY-OFFS N1 : MULHOUSE PROLONGE SON RÈGNE

Événements 20/06

Les championnats de France Interclubs version 2016-2017 ont rendu leur verdict le week-end dernier à Montpellier, et Mulhouse a confirmé sa domination sur le squash hexagonal. Retour sur la compétition en quelques points essentiels.

Article de Jérôme Elhaïk

LA VICTOIRE DE L'EXPÉRIENCE. C'est un mot qui revient souvent dans la bouche des adversaires de Mulhouse. « Ils ont une expérience de fou, » indiquait le capitaine de Valenciennes Renan Lavigne avant la finale. Cette culture de la gagne s'est aussi construite dans les défaites : trois en finale pour les femmes (de 2007 à 2009), et quatre chez les hommes (2009-2012). Avant cette prise de pouvoir au début des années 2010, et un premier titre pour les filles : Vanessa Atkinson, la première star engagée par le président-manager Thierry Jung, mais aussi Isabelle Stoehr, l'inamovible capitaine, et Kathrine Rohrmuller. Symbole d'une certaine continuité, c'est son frère Rudi, appelé de dernière minute pour pallier à la blessure du capitaine Mathieu Castagnet, qui a offert le titre au club Alsacien à Montpellier. « Le fait d’être soudés après toutes ces années à jouer ensemble et d’avoir l’habitude des finales a peut-être fait la différence », soulignait Castagnet.

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Les équipes de Mulhouse ont réalisé un nouveau doublé hommes-femmes lors de cette édition 2017

Mais il y a aussi l'expérience individuelle. Fin connaisseur de la discipline, Jung a recruté au fil des années des joueurs capables de résister à la pression et d'être performants dans les moments chauds. À l'image de la jeune retraitée Natalie Grinham (39 ans), auteur d'un match incroyable de maîtrise contre Coline Aumard en finale. Ou de l'un des derniers arrivants, Olli Tuominen. « Olli, on le connaît, confiait Renan Lavigne, qui a été champion de France avec le Finlandais, mais aussi Castagnet, sous le maillot de Marseille. C'est un super joueur d'équipe. Comme j'ai dit aux joueurs avant la finale, avec lui « you know what you gonna get » (qu'on pourrait traduire par 'il est toujours présent au rendez-vous')» Grâce à eux, mais aussi James Willstrop (qui disputait ses huitièmes play-offs consécutifs sous le maillot du club), Mulhouse a décroché samedi ses onzième et douzième titres, et son quatrième doublé. « C'est beaucoup d'émotions, confiait Thierry Jung, car on n'était pas forcément favoris cette année. Est-ce qu'on se lasse de la victoire ? Pas du tout ! Notamment parce que dans un sport comme le squash, on est obligés de gagner pour attirer l'attention. Le prochain objectif, c'est de réaliser le doublé hommes-femmes en Coupe d'Europe, ce qui n'a jamais été fait. » Ce sera à septembre, à Paderborn en Allemagne.

POINTS CHAUDS. Parmi les matches du weekend, on retiendra la victoire en 5 jeux de Camille Serme contre Sarah-Jane Perry. Même si son équipe de Créteil s'est finalement inclinée contre Mulhouse, la numéro 1 française a pris sa revanche après sa défaite en finale des championnats d'Europe par équipes. L'un des autres moments chauds fût le match décisif entre le Jeu de Paume et Valenciennes tard vendredi soir : Christophe André avait besoin d'une victoire 3-0 ou 3-1 pour qualifier les Parisiens, mais après un énorme début de match il dut rendre les armes contre l'Allemand Raphael Kandra. Enfin l'Espagnole Cristina Gomez n'est pas passée loin d'un exploit qui aurait donné une médaille de bronze historique à Royan. Avant de baisser pavillon au cinquième jeu contre l'Anglaise de Bourges Fiona Moverley, classée 89 places devant elle dans la hiérarchie mondiale.

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Camille Serme (en rouge) a pris sa revanche sur Sarah-Jane Perry, mais ça n'a pas suffi pour Créteil

FINAL(E) À REBONDISSEMENTS. On a assisté à un scénario inhabituel lors de la finale masculine. « Anecdotique, » pour les deux équipes selon Renan Lavigne, qui selon lui « ont bien géré la situation. » Mais pas pour le public ou les observateurs. Flash-back : après un premier jeu très serré contre l'entraîneur de l'équipe de France, remporté 11-9, Rudi Rohrmuller s'envole dans le deuxième jeu au point de mener 10-1. À ce moment, l'arbitre signale à l'Allemand qu'il saigne, ce dont il ne s'était même pas rendu compte. La partie est interrompue conformément au règlement, qui prévoit que le joueur dispose d'un temps illimité pour stopper le saignement mais qu'il perd le match si celui-ci reprend. Rohrmuller n'étant pas en mesure de revenir rapidement sur le court, les différentes parties conviennent de faire jouer les matches des numéros 1 et 2. Après un début de partie serré, James Willstrop prend la mesure de Cameron Pilley et s'impose 3-0. Vient ensuite le duel Tuominen – James. Vétéran du circuit, le Finlandais prend comme à son habitude un départ canon et mène 2 jeux à 0. Alors que les décisions et les discussions avec l'arbitre se multiplient, il a l'occasion de conclure à 10-9, et de donner le titre à son équipe (Mulhouse aurait mené 2 matches à 0 et 7 jeux à 0 en comptant celui marqué par Rohrmuller). Mais le jeune Anglais de Valenciennes se bat comme un beau diable, et retarde l'échéance (12-10). Il sauve même deux nouvelles balles de match dans le quatrième, avant que Tuominen ne finisse par conclure (12-10). 2 matches à 0, mais « seulement » 7 jeux à 1, les Alsaciens ont donc besoin que Rohrmuller remporte le deuxième jeu pour lever définitivement les bras. En moins de 10 secondes et trois coups de raquette, l'Allemand boucle l'affaire, avant que le saignement ne reprenne ... Les Mulhousiens sont champions de France pour la cinquième fois consécutive avant même le quatrième match.

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Drôle d'après-midi pour l'Allemand de Mulhouse Rudi Rohrmuller (en rouge), mais l'Allemand a finalement apporté le titre à son équipe

LES ADIEUX DE LAURA. « J'ai pris la décision d'arrêter le squash. » Ce sont les mots prononcés par Laura Pomportes lors de la cérémonie d'ouverture de la compétition vendredi, juste après avoir eu une pensée pour la famille Lemarchand, endeuillée par la perte de leur fils Mathis. Un moment d'émotion pour une joueuse qui n'aime pas parler d'elle, mais qui est unanimement appréciée au sein de la famille du squash français. La raison de cet arrêt, ces problèmes à la hanche qui l'empoisonnent depuis de longs mois. Mais qui n'auraient pu l'empêcher pour rien au monde d'aider l'équipe de France à obtenir cette superbe médaille de bronze en décembre dernier à Paris : elle a d'ailleurs remercié, entre autres, toutes les personnes qui l'ont aidé à revenir pour cette échéance après une période de doute (voir LE MOT DE LA FIN). Sans oublier le club de Mulhouse et Thierry Jung, à qui elle a promis de continuer à jouer pour l'équipe si son niveau le lui permettait. Elle a apporté une première réponse le lendemain en finale. Sa nette victoire contre Énora Villard avait parfaitement lancé Mulhouse, avant le dénouement que l'on sait : un nouveau titre de championnes de France, le cinquième pour Laura depuis son arrivée en Alsace en 2011. La Toulousaine de naissance va maintenant pouvoir se concentrer sur sa dernière année de thèse. Et sur un plan plus personnel, sur les préparatifs de son mariage avec Mathieu Castagnet, qui aura lieu mi-juillet.

VALENCIENNES, LE CLUB QUI MONTE. Quatrièmes en 2014 et 2016, troisièmes en 2015, et donc finalistes en 2017 : Valenciennes, c'est une valeur en hausse à la bourse des clubs masculins français. Présents au grand complet dans l'Hérault, avec deux joueurs en réserve (l'Espagnol Carlos Cornes et le Franco-Belge Grégory Lecerf, présent depuis la Régionale 3), les Nordistes s'étaient donnés les moyens mais la marche était trop haute contre Mulhouse. « C'est dans l'ordre des choses, indique Renan Lavigne. Ils sont tout simplement plus forts, et leur victoire ne souffre d'aucune contestation. Leurs joueurs ont une énorme expérience et ont parfaitement géré les fins de jeu serrées. On sait que c'est un club qui a de gros moyens, mais de notre côté on ne fera pas de surenchère. La saison prochaine, on récupérera Chris Simpson, qui était blessé à la hanche, et on tentera de conquérir le titre. N'oublions pas que nous sommes un club jeune : c'est seulement notre quatrième saison dans l'élite, et la culture du squash est encore moins ancrée qu'ailleurs. Mais les choses vont dans le bon sens : le maire de Valenciennes a appelé notre président ce week-end, preuve que nos résultats ne passent pas inaperçus ... »

BÉMOL. Le bémol de ce week-end Héraultais, ce fût l'affluence. Les tribunes du 5R avaient bien été plus remplies lors du championnat de France Élite en février, et les explications possibles sont nombreuses : l'absence des joueurs vedette du club – Grégoire Marche et Geoffrey Demont – qui avaient disputé les playoffs de N3 le weekend précédent à Bordeaux. La météo radieuse tout le weekend, qui a sans doute poussé les locaux à privilégier les plages voisines. Ou encore la tenue simultanée de la finale du Karakal Tour PACA à Marseille, où plusieurs jeunes de la Ligue Occitanie étaient présents. La frustration des acteurs s'est exprimée par la voix de Renan Lavigne, qui « a tenu à le dire même si c'est difficile à entendre : quand on connaît l'investissement de certaines personnes pour faire venir des joueurs de top niveau, jouer devant 30 personnes ça fait vraiment mal au cœur. D'autant plus avec un super outil comme ce court vitré, et alors qu'on a un numéro 1 mondial qui est français. »

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Le capitaine de Valenciennes Renan Lavigne a regretté l'affluence decevante à Montpellier le weekend dernier

FIN DE SÉRIE. Grégory Gaultier ne s'était plus incliné en Interclubs depuis … juin 2013 ! L'Aixois aurait pu mener 2-0 contre Paul Coll mais 2 fautes à 9-9 dans le deuxième jeu l'en ont empeché. Épuisé par une longue – et riche – saison, il a fini par capituler. La victoire du Néo-Zélandais a grandement contribué au succès du Jeu de Paume, qui décroche la première médaille de son histoire en Nationale 1.

Revue de presse des playoffs à consulter ici 

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