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OPEN PSA ANGERS : CROUIN A MIS LE FEU AU LAC DU MAINE

Événements 22/05

Le Squash du Lac du Maine se souviendra longtemps de ce samedi 20 mai 2017 : littéralement porté par un public Angevin en folie, Victor Crouin est devenu à 17 ans et 11 mois le plus jeune Français à remporter un tournoi sur le circuit pro, après avoir été à un point de la défaite contre l'Anglais Adam Murrills.

Le Toulonnais continue ainsi sur sa lancée après son titre de champion d'Europe junior. Retour sur ce quatrième open international, encore une fois une belle réussite.

Article de Jérôme Elhaïk

Photos PSA Angers

Tous les organisateurs d'une compétition sportive, qu'elle soit nationale ou internationale, partagent la même aspiration : qu'un ou plusieurs joueurs locaux effectuent un beau parcours, afin de générer un engouement qui rejaillira sur l'ensemble du tournoi. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ceux du 4ème Open international d'Angers ont été gâtés, avec cette finale qui restera longtemps dans les mémoires. « J'ai presque envie de t'imposer un titre : DE LA FOLIE, nous a confié un Nicolas Barbeau ravi, joint au téléphone le lendemain. On sait tous que la finale n'est pas toujours le meilleur match d'un tournoi : l'un des protagonistes peut être fatigué, ou content d'être arrivé jusque là. Donc généralement je conseille plutôt aux gens de venir pour les quarts de finale, où ils ont l'assurance de voir plusieurs beaux matches. » Avoir un représentant français – en l'occurrence le jeune Victor Crouin - en finale était dans le domaine du possible, mais comment imaginer ce qui allait se passer en ce samedi 20 mai au Squash du Lac du Maine ? « On avait mis les petits plats dans les grands, ajoute Barbeau, notamment en décorant la salle de nombreux drapeaux bleu-blanc-rouge. Mais franchement avoir un tel scénario en finale - un jeune français contre le favori du tournoi, un joueur bien mieux classé que lui, mené 2 jeux à 0 et qui parvient à renverser la tendance - c'est juste une chance inouïe ! N'oublions pas qu'Adam Murrills a eu une balle de match dans le troisième jeu, et que s'il l'avait convertie, je ne serais pas en train de te raconter tout ça ... » Oui mais voilà, cette balle de match, Victor Crouin l'a bel et bien sauvée, « alors qu'au début de l'échange, c'était lui qui contrôlait le jeu et moi qui défendais, raconte le héros du jour. Puis à ma première opportunité, je réalise cette volée de revers avec une longueur parfaite. Prendre ce jeu m'a complètement délivré ! » « C'est difficile à expliquer, mais pendant ce troisième jeu, continue Barbeau, on a senti qu'il se passait quelque chose, le public est devenu hystérique ! »

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Tout le public du Squash du Lac du Maine - y compris les plus jeunes - s'était mis aux couleurs bleu-blanc-rouge pour encourager Victor Crouin samedi dernier

Lorsqu'on lui demande de comparer l'ambiance à celle du match exhibition Pilley – Farag en mars dernier, il répond du tac au tac. « Rien à voir, c'était beaucoup plus fort samedi ! Mais c'est normal, la compétition et l'enjeu engendrent des émotions uniques. Les gens se sont appropriés le truc, en grande partie parce que Victor est un garçon attachant qui a eu un comportement extraordinaire toute la semaine. Vivre ça, pouvoir faire vivre ça aux gens du club, mais aussi mettre en valeur ce joueur qui le mérite tellement, c'est tout simplement génial. Philippe Pouffer (co-gérant du club) m'a même dit que ce gamin nous avait donné à tous une belle leçon de vie, en refusant de lâcher l'affaire. On est très fiers qu'il ait remporté son premier titre à Angers, tout en étant conscients qu'on ne le reverra sans doute plus sur un 5 000 $ à l'avenir …  » Ceux qui ont assisté à cette finale d'anthologie pourront peut-être dire dans quelques années « j'y étais » si Victor Crouin confirme ses promesses et suit les traces de ses glorieux aînés. Ce genre d'évènements peut-il renforcer la passion des pratiquants pour leur sport ? « Sans doute, répond Barbeau, mais ça peut aussi leur faire aimer encore plus leur club ! Les adhérents sont fiers de faire partie d'une structure dynamique, qui propose ce genre de spectacle. Je peux te dire qu'ils vont me parler de ce match toute la semaine. D'ailleurs je reçois des tonnes de messages depuis hier, je voulais déconnecter aujourd'hui mais je n'ai pas réussi ... »

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Nicolas Barbeau en compagnie du vainqueur après la finale

Cette quatrième édition est donc à nouveau une réussite. « Outre les émotions produites par les matches, affirme Barbeau, il y a le côté convivial et les échanges avec les joueurs, dont certains sont hébergés par des adhérents. Les deux Égyptiens (Omar Elkattan et Moustafa Montaser) ont été supers, ils sont restés toute la semaine et ont joué avec des gens du club. On va donc rester sur cette dotation (5 000 $), qui convient de toute façon très bien à notre public majoritairement loisir. Et ça permet de découvrir des joueurs en provenance de pays très divers, comme les Coréens cette année, et de se rendre compte que le squash est pratiqué partout dans le monde. Je ne pense pas qu'il y ait un risque de tomber dans la routine : nos partenaires sont ravis et nous suivent à chaque fois, et c'est vraiment un rendez-vous annuel qui constitue un moment sympa pour l'ensemble du club. »

CÔTÉ COURT

Quand on lui demande son avis sur l'ensemble du tournoi, Nicolas Barbeau résume parfaitement la situation : « Cette finale se suffit à elle-même, et occulte à elle seule le reste de la semaine. Lors des précédentes éditions, il y avait eu quelques matches extraordinaires avant la finale, mais ça n'a pas été le cas cette année. » On pense à la belle aventure de Fabien Verseille l'an passé, ou encore le Garbi – Cornes en quart en 2015. Ce dernier devait d'ailleurs être l'une des têtes d'affiche cette année, mais il a déclaré forfait au dernier moment en raison d'un deuil familial.

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Une fois éliminés, certains joueurs (ici l'Égyptien Omar Elkattan) restent au club et jouent avec les jeunes : c'est ça aussi l'esprit du PSA d'Angers

On retiendra tout de même le beau parcours des qualifiés Valentin Rapp et Jamie Henderson jusqu'en quart de finale. Pour le reste, les deux finalistes n'avaient pas lâché un jeu lors de leurs trois premiers tours : Crouin était pourtant loin d'être favori contre son compatriote Christophe André en demi, mais le Réunionnais ne rentra jamais dans son match. Concernant Murrills, Barbeau affirme qu'on a eu à faire à « un gentleman. J'ai dit à tout le monde que pour avoir une belle finale, il faut aussi un vaincu exceptionnel, et on l'a eu. Même s'il y a eu quelques décisions et des moments tendus pendant la finale, il a fait preuve d'un comportement exemplaire, que ce soit par rapport à Victor, à l'arbitrage ou au public, qui lui a adressé une standing ovation bien méritée. Bravo Monsieur Murrills ! »

CINQ QUESTIONS À … ADAM MURRILLS

Avec quelque heures de recul, quelle est ton analyse de la finale et quels en ont été selon toi les moments clé ?

J'ai bien commencé, ce qui m'a permis de mener 2 jeux à 0. Le troisième a été très serré, mais je n'ai pas su saisir les opportunités. À partir de là, la dynamique était de son côté, et comme j'avais moins d'énergie c'était compliqué de reprendre le dessus.

Tu as répété tout au long de la semaine que tu préférais jouer devant un public bruyant même s'il est contre toi. Toi qui joues sur le circuit depuis de nombreuses années, est-ce habituel de retrouver ce genre d'ambiance, surtout sur un 5 000 $ ?

L'ambiance sur ce tournoi a été extraordinaire. Généralement, le public n'est pas aussi passionné, particulièrement sur les 5 000 $ où on joue parfois devant peu de monde. Jouer devant le public d'Angers a été un plaisir pour moi.

Malgré ta défaite en finale, tu accomplis à 27 ans ta meilleure saison, avec ton premier titre sept ans après tes débuts et deux autres depuis. Comment tu l'expliques ?

En effet, les 8 derniers mois ont été super pour moi. Je joue bien, et j'ai une certaine confiance en mon jeu que peut-être je n'avais pas auparavant. Pour quelles raisons, je ne sais pas exactement … Disons que je suis entouré d'un groupe de personnes qui m'a beaucoup aidé. J'espère que je vais pouvoir continuer sur cette lancée sur de plus gros tournois, et continuer à monter au classement.

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Malgré sa défaite en finale, Adam Murrills effectue la meilleure saison de sa carrière 

Quel est ton programme pour les prochaines semaines ?

Je vais tout faire pour bien finir la saison. J'ai encore deux tournois, un 10 000 $ à Kent et avant cela un 5 000 $ en Pologne cette semaine. Je pourrais d'ailleurs retrouver Victor en demi-finale, ce serait l'occasion de prendre ma revanche ! Je savais avant le tournoi à Angers qu'il avait remporté le championnat d'Europe junior, et donc que c'était un très bon joueur. Il a un excellent niveau pour son âge.

Question bonus : il y a quelques temps tu t'étais fait remarquer en postant des vidéos « fun » où tu fais preuve d'une adresse remarquable, notamment en jonglant avec une balle de squash avec les pieds. Comme la plupart des Anglais je suppose que tu adores le football, est-ce que tu y as joué à un bon niveau ?

Merci (rires) ! J'ai joué au foot dans l'équipe de mon école, mais jamais dans un club à un niveau élevé. Mais en effet, j'adore ce sport et je joue dès que je le peux.

 

LE CLIN D'ŒIL : THÉO RIPULLES, DE SPECTATEUR À ACTEUR

C'est la belle histoire de la semaine. Ceux qui ont lu l'article du Courrier de l'Ouest du 16 mai savent que Théo Ripulles (et non pas Téo comme indiqué sur sa licence française), 22 ans, a été invité par les organisateurs et la PSA à participer au tournoi, dans un club dans lequel il passe beaucoup de temps depuis ses débuts il y a seulement deux ans. « Théo ? On lui a inoculé le virus du squash avec Philippe Pouffer, raconte Nicolas Barbeau, il est complètement mordu. Quand il est au club il est toujours prêt à jouer avec tout le monde, et il passe des heures sur SquashTV ! »

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Malgré l'écart de niveau conséquent, le régional de l'étape a donné le meilleur de lui-même en qualifications 

Ancien handballeur à un bon niveau (« j'ai dû arrêter car mon travail dans la restauration ne me permettait plus d'être assidu aux entraînements et aux matches, »), Théo s'est mis au squash « avec un pote, qui a arrêté depuis mais pas moi ... » Sûr de ses qualités physiques, il est conscient des progrès qu'il lui reste à faire, « notamment en termes de vision du jeu et de technique. Même si je n'ai pas vraiment d'objectif de classement (il est aujourd'hui n°479 français) et que le principal c'est d'être bien sur le court, ce serait sympa de passer deuxième série. » En ce sens, sa petite expérience en PSA la semaine dernière lui sera sûrement bénéfique : après avoir bénéficié du forfait de l'Iranien Farzan Habib Pour au premier tour des qualifications (« un sentiment bizarre, » indique-t-il), il a affronté l’Écossais Jamie Henderson (éliminé ensuite en quarts par Crouin). « Je suis très content de ce match, contre un joueur super sympa en plus. J'aurais pu avoir la pression, mais j'ai réussi à donner le meilleur de moi-même. L'année dernière, j'étais un simple bénévole dans les coulisses, et là je faisais partie des joueurs, c'est génial. C'est sûr que ça donne de la motivation pour en faire encore plus. Je sens que j'ai gagné en sérénité, et cette expérience devrait me permettre de passer un palier plus rapidement. » Par exemple, en s'entraînant les jours suivants avec certains joueurs, « notamment Nilo Vidal et Moustafa Montaser. » Avant d'assister à cette finale d'anthologie, pour laquelle « il avait misé une pièce sur Victor Crouin. Ce qu'il a fait, à 17 ans, c'est tout simplement incroyable. Je l'avais hébergé l'an dernier et j'avais pu constater qu'il était très mûr pour son âge. On avait pas mal discuté, notamment de sujets bien au-delà du squash. »

Ne manquez pas l'interview de Victor Crouin demain : « IL Y A EU UNE COMMUNION AVEC LE PUBLIC »

Montage VC

Pour revivre le 4ème Open International d'Angers :

Vidéos (dont la finale)

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