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CHAMPIONNAT DE FRANCE 2ème SÉRIE : LA PASSION COMME FIL CONDUCTEUR

Événements 22/03

La Maison du Squash accueillait le week-end dernier le championnat de France 2ème série.

Deux ans après son titre à La Rochelle, bis repetita pour Aurélien Gontero. Le grand favori a survolé la compétition, ne laissant aucun jeu à ses cinq adversaires ! Nous leur avons demandé leur avis sur le joueur de Chartres, notamment au médaillé d'argent Stéphane Gallenne, de retour en finale 18 ans après. Nous vous racontons également la belle histoire d'Élodie Ducos. Après avoir mis le squash entre parenthèses pendant plus de dix ans, la Réunionnaise a rejoint son frère Stéphane, champion de France 2ème série en 2001, au palmarès. Avec la manière, puisqu'elle a battu toutes les favorites, dont Yuna Loaec en finale. La jeune Bretonne fait d'ailleurs également partie des favorites au championnat de France -17 ans ce week-end à Toulouse. Retour sur la compétition, avec quatre histoires de sportif(ve)s, tous issus de générations différentes.

Article de Jérôme Elhaïk

DUCOS OU LE SUCCÈS D'UNE REVENANTE

Ce n'est pas dans mes habitudes d'employer la première personne, mais je vais faire une exception à la règle : je fais mon mea-culpa pour avoir complètement omis le nom d’Élodie Ducos parmi les prétendantes à la victoire dans la présentation de la compétition. « Il faut dire que j'ai arrêté pendant le squash pendant douze ans, précise-t-elle pour démarrer l'entretien qu'elle m'a accordé, c'est sans doute pour ça que tu ne me connaissais pas ! »

Et même depuis qu'elle a repris, la Réunionnaise de 33 ans, désormais installée à Bayonne dispute très peu de tournois et évolue en championnat régional avec son club, le Squash Baiona Club64. « Pour être honnête, continue-t-elle, je ne connaissais pas beaucoup de joueuses en arrivant à Nantes. Notamment les jeunes, si ce n'est Cléo Meyneng qui joue à Biganos. » Pour Élodie, les choses sérieuses ont commencé dès le deuxième tour. Opposée à la finaliste 2016, Charlotte Demange, « que j'avais vue jouer au championnat de Ligue de Nouvelle-Aquitaine, » elle est menée 2 jeux à 0 avant d'inverser le cours des choses et de s'imposer 12-10 au cinquième. « La clé, c'est que je l'ai usée physiquement au fur et à mesure du match. En passant ce tour, je me suis dit que j'avais fait le job et que le reste serait du bonus. » Le reste, c'est notamment cette demi-finale contre son amie Laetitia Estournes, quatre fois médaillée d'argent et qui espérait mettre fin à cette série. « Laeti, c'est elle qui m'a poussée à participer alors que je n'étais pas vraiment partante à la base, et on est même venues ensemble. On a quelques années d'écart, donc en jeunes moi j'étais une petite et elle c'était une grande. Je ne l'avais jamais battue, même si ça se jouait souvent en cinq jeux. » Ce fût le scénario inverse du match contre Demange : la future championne de France mena 2 jeux à 0, avant de se faire rejoindre mais de contrôler totalement le cinquième jeu. C'est donc un autre gros match qui l'attendait en finale contre Yuna Loaec. « On m'avait parlé d'elle comme une possible vainqueur. C'est une bonne joueuse, très fair-play. Dans les deux premiers jeux j'ai fait ce qu'il fallait mais ensuite j'ai perdu le fil du truc (sic). Comme c'est une guerrière elle a su en profiter, c'est le jeu. Dans le cinquième, ça se joue au mental, c'est une bataille contre moi-même … » La Bayonnaise d'adoption pouvait ensuite savourer son troisième titre de championne de France. Sa première pensée ira à son frère Stéphane, absent à Nantes, et qu'elle rejoint au palmarès du championnat de France 2ème série, quinze ans plus tard. « Le clin d’œil est sympa, admet-elle. J'étais avant toute contente de pouvoir l'appeler pour lui annoncer une bonne nouvelle (rires). Quand j'ai décidé de participer, c'est lui qui m'a concocté une préparation express, pour être prête en deux semaines ! »

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L'expérience d'Elodie Ducos (à gauche) a eu raison de la jeunesse de Yuna Loaec (Crédit photo : Yuna Loaec Squash)

Les Ducos, c'est donc une histoire de famille. Qui a commencé à La Réunion, au club de l'ASCTR, « où j'ai été formée par Pascal Lincou et Stéphane Sungère, précise Elodie. J'ai été une fois championne de France en individuels (en benjamines, en 1995). Mais aussi en Interligues, avec Anaïs Alamichel et Célia Allamargot on a gagné le titre quatre ans de suite. » C'est l'époque dorée du squash Réunionnais, notamment féminin, avec également Stéphanie Murat, Vanessa Florens, et Marjory Fosse. En 2001, Ducos est vice-championne de France junior, « mais j'en ai eu ras le bol, dit-elle. J'ai carrément arrêté pendant plus de dix ans. Mais je savais que j'y reviendrais un jour, car quand on y a goûté c'est vraiment un sport à part. Donc quand Stéphane a repris l'association à Bayonne il y a deux ans, c'était l'occasion. » Actuellement en recherche d'emploi (« je suis assistante de direction »), elle en profite pour s'occuper de son fils, et pour encadrer les filles du club. Est-ce que cette victoire pourrait la motiver à disputer davantage de tournois, elle qui n'a jamais été première série ? « C'est sûr que de voir que j'ai ce niveau, ça donne de la confiance. J'ai encore la raquette (sic). Mon style de jeu ? Pas académique, il paraît, on me le disait déjà en jeunes … D'ailleurs Yuna m'a dit après la finale, "mais qui fait encore des doubles murs inversés" ? Pour ce qui est des tournois, on verra bien, mais c'est compliqué avec un enfant, et surtout il y en a très peu dans notre région. »

L'HOMMAGE D'UN FRÈRE

On va de nouveau entendre « encore une championne de France issue de l’école de squash réunionnaise ! »

Nous sommes une famille de tripoteurs de balle, avec notamment un papa à l’origine de l’implantation du squash sur l’île en compagnie du « Tonton-Président » Daniel Lincou. Élodie a débuté sous la houlette des cousins Pascal Lincou et Stéphane Fungere dans l’ancien club de l’ASCTR, dans un hangar à maïs sacralisé aujourd’hui : il paraît qu’un champion du monde y a fait ses premières armes, et y a pris quelques déculottées... Suivant le sillon tracé pas ses aînées (Thierry, Sandrine Jacquinot et consorts…), elle a pu profiter des belles années du squash sur l’île, glanant de nombreux titres au passage. Le bac en poche, elle rejoint la diaspora créole en métropole. Les études et la quasi-disparition du squash sur la côte basque ont mis un frein à sa progression. Elle atteindra tout de même son meilleur classement (2A) pendant cette période, mais aurait sans doute pu prétendre à mieux.

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Stéphane Ducos ne conseille pas seulement sa soeur, mais aussi la numéro 3 française Chloé Mesic depuis quelques mois (Crédit photo : fhmsport.com)

C'est une joueuse atypique, souvent déroutante pour l’adversaire (mais aussi pour elle-même …), avec une gestuelle pas toujours très esthétique mais diaboliquement efficace. Élodie s’est longtemps reposé sur sa technique, délaissant (volontairement ?) l’aspect physique de ce jeu. Mais elle à su développer d’autres qualités - rares chez les filles - comme la vision du jeu, l’anticipation, et l’intelligence situationnelle. Pour conquérir ce titre, elle s’est astreinte à une préparation digne du challenge qu’elle s’était fixée. Moins 10 kg plus tard, des heures à se tanner le cuir de son séant sur la selle d’un home-trainer, des marches d’escaliers polies à force de montées-descentes, des sparring-partners « découennés » à chaque séance, une conquête mentale à base de « c’est possible, je vais le faire » et … des « jeudi-bières » en compagnie de ses ouailles du SBC64.

Elle à mérité son graal. Félicitations petite sœur, on est fiers.

 

GONTERO SANS RIVAL

Il y a deux ans, Aurélien Gontero avait survolé le championnat de France 2ème série à La Rochelle, même s'il avait été bousculé par Ludovic Barraud en quart de finale. « J'étais dégoûté d'être passé 1ère série l'an dernier et de ne pas pouvoir défendre mon titre, raconte-t-il. J'avais des problèmes personnels il y a deux ans et je n'avais pas vraiment savouré ma victoire. Á tel point que je n'en garde aucun souvenir. Même si certains pensent qu'avec mon niveau de jeu je n'ai rien à faire au championnat de France 2ème série, c'est pour ça que je voulais absolument le gagner à nouveau. » Dommage pour ses adversaires … Nous avons donc demandé aux cinq joueurs qui ont eu la malchance de croiser sa route ce qu'ils pensent du joueur de Chartres.

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Non vous ne rêvez pas, Aurélien Gontero avait eu l'honneur d'affronter les frères Lincou en double (aux côtés de Billy Paton) lors des Jeux de l'Océan Indien (Crédit photo : fabsquash)

Stéphane Traboué (Stade Nantais Squash, n°285 français. Battu en seizième de finale 11-2, 11-1, 11-5)

« Aurélien ? C'est évidemment un très bon joueur, mais je ne dirais pas qu'il a un jeu qui dérange, c'est très agréable de jouer contre lui. Le problème, c'est qu'il joue tout le temps le coup juste. Avec lui, il n'y a pas de série de parallèles. Sa plus grande qualité, c'est sa coordination entre son cerveau et ses bras/jambes. Sa vitesse d'exécution est au-dessus de la moyenne, il s'organise très vite ce qui lui donne plein d'options possibles, quand d'autres laissent souvent la balle passer derrière eux et rebondir sur la vitre arrière. Si j'ai des regrets concernant mon match ? Aucun, je n'avais pas de solution. Serrer le jeu et coller la balle aux murs – c'est un peu ce que Stéphane Gallenne a fait en finale - ça ne marche pas car ça ne le sort pas de sa zone de confort. Pour le battre, il faudrait jouer comme lui, le prendre à contre-pied et rentrer des coups gagnants avant qu'il ne le fasse (rires). Notre numéro 1 à Nantes, le Belge Laurent Sabbe, l'avait bien embêté l'an dernier en Nationale 3. C'est un joueur qui peut paraître lent mais qui a une prise d'information très rapide. Quel classement vaut Aurélien ? C'est difficile à dire car je ne connais pas trop les joueurs devant lui. »

Briag Isambard (Squash Club de Brest, n°60. Battu en huitième de finale 11-5, 11-2, 11-2)

« Aurélien a survolé ce championnat. J'ai ressenti un sentiment d'impuissance contre un super joueur, avec une palette de coups d'attaque remarquable, un rythme soutenu, et une défense efficace. Franchement chapeau à lui. Bravo également à Stéphane Gallenne, qui fait un tournoi presque parfait, avec une tactique et une volonté assez incroyables. »

Toufik Mekhallfi (Squash Club de Gradignan n°101, double champion de France -15 ans en titre. Battu en quarts de finale 11-4, 11-3, 11-3)

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Comme les autres, le champion de France -15 ans Toufik Mekhalfi n'a rien pu faire contre Aurélien Gontero (Crédit photo : Nantes Squash Sautron)

« Aurélien ? Il était au-dessus parce qu'il a une raquette (NDLR, pour les non initiés, une technique) que les autres n'ont pas. Il joue très vite et frappe très fort. Est-ce qu'il joue top 20 français ? Oui sans doute. »

Théo Parent (Association Sportive de l'Arbonnoise, n°60. Battu en demi-finale 11-8, 11-6, 11-7)

« C'est toujours compliqué de jouer contre Aurélien. Pour moi, c'est l'un des joueurs plus doués avec la raquette, ça on le sait avant le début du match. Si tes largeurs de balle ne sont pas bonnes, c'est rideau : il n'y a plus qu'à ramasser la balle après qu'elle ait fini dans le nick. Je le connais depuis très longtemps car on a joué ensemble dans l'équipe de Bourges pendant de nombreuses années. Je l'ai vu mettre des roustes à pas mal de monde (rires) ! Concernant la demi-finale, je pense avoir fait un match potable mais j'ai un peu pêché au niveau du rythme. (Lorsqu'on lui dit qu'Aurélien ne dispute pas les tournois nationaux parce qu'il pense ne pas avoir le physique pour). Il a sans doute raison. Je crois qu'il n'était pas au mieux à la fin du troisième jeu, mais moi j'étais cramé. Battre des joueurs classés devant lui, il en est certainement capable, mais la dimension physique aura un impact évident sur la réussite de ses coups. Et quand il décroche, il n'y a pas de demi-mesure. Tu peux demander à son père Jean Charles (rires). »

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Aurélien Gontero porté en triomphe par Théo Parent (à gauche) et l'équipe de Bourges : cette bande de potes avait réalisé l'exploit de monter et de se maintenir en Nationale 1 sans joueur professionnel

Stéphane Gallenne (Stade Nantais Squash, n°67 français. Battu en finale 12-10, 11-4, 11-4)

voir ci-dessous, GALLENNE, DIX-HUIT ANS APRÈS !

Aurélien, si tu devais jouer contre toi-même, quelle tactique adopterais-tu ?

« Je n'en sais absolument rien, je joue à l'instinct ! Pour ce qui est des tournois nationaux, effectivement on me demande pourquoi je n'en fais pas plus. Je pense également qu'il y a plusieurs joueurs classés devant moi que je peux battre (mais pas tous, par exemple je n'ai jamais battu Yoan Autret). Mais je n'ai pas la caisse pour enchaîner 4-5 gros matches ! Faire un match contre un top 15 français pas de problème, mais au-delà il faudra me ramasser à la petite cuillère. Dans mon club à Tours, je m'entraîne avec des 4ème série … Et il y aussi d'autres facteurs, comme la distance et l'aspect financier. J'en ai disputé quand j'étais plus jeune, et tu ne rentres pas dans tes frais. Maintenant si quelqu'un veut me financer, je suis preneur (rires). Et puis il y aussi les rencontres par équipes avec Chartres, ça me permet d'avoir quelques matches intéressants (la saison dernière, il avait battu le Finlandais Miko Aijanen, qui venait de remporter son premier tournoi PSA en battant des joueurs comme Baptiste Masotti ou Auguste Dussourd). C'est sûr que ce serait encore mieux si on montait en Nationale 2, mais pour l'instant ça semble compliqué vu notre effectif. »

 

GALLENNE, DIX-HUIT ANS APRÈS !

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Adrien Grasser (à droite) n'avait même pas un an lorsque Stéphane Gallenne avait été vice-champion de France 2ème série en 1999 ! (Crédit photo : Nantes Squash Sautron)

Même s'il n'a rien pu faire contre Aurélien Gontero, Stéphane Gallenne n'en a pas moins été l'un des héros du week-end, chez lui à Nantes. Dix-huit ans après, l'ancien numéro 20 français est retourné en finale du championnat de France 2ème série. La première fois, c'était à Nice en 1999 (il s'était incliné contre Nicolas Barbeau). « On se faisait la réflexion avec quelques joueurs, raconte-t-il, mon adversaire en demi-finale Adrien Grasser n'était même pas né à cette époque (en réalité, il avait quelques mois). Je suis évidemment très content de ce résultat. Il y a beaucoup de facteurs qui rentrent en compte sur un championnat de France : le tableau, les favoris qui tombent en cours de route, par exemple Alex Dubarry ou Thierry Scianimanico le week-end dernier. Mais quand je repense à mon parcours, j'ai battu de bons joueurs. Par exemple, je me méfiais particulièrement de Steven Fialeix, j'avais perdu contre lui à l'Île-Rousse l'été dernier. C'est un joueur complet avec un gros physique et j'étais vraiment surpris de lui mettre 3-0. Je crois que la clé de mon parcours, c'est que j'ai joué « juste » du début à la fin, et que ça a frustré mes adversaires. » Sauf un, puisque la marche était trop haute contre Gontero en finale. « Pour l'anecdote, lors de ma demi-finale contre le petit Grasser – un excellent joueur – j'ai entendu 'balle de match' pour Aurélien alors que notre match n'était pas du tout fini et qu'on avait commencés à peu près en même temps … Ça montre à quel point il a expédié ses matches ! Mon plan de jeu contre lui, c'était évidemment de canaliser sa vitesse. Le problème, c'est qu'il ne fait jamais le même coup deux fois d'affilée donc c'est impossible de se régler. Contre d'autres joueurs, si je fais une parallèle de moyenne qualité, je peux me remettre dans le jeu. Pas contre Aurélien. Mais bon, je suis le seul joueur à avoir eu une balle de jeu contre lui (rires) … Après pour être honnête, si je gagne le premier, ça n'aurait pas changé le résultat, j'aurais juste prolongé le plaisir. Ensuite il a accéléré, et les fautes que je fais sont des fautes provoquées. Dans le 3ème jeu, j'ai essayé d'attaquer mais il a défendu de manière incroyable, car ce n'est pas seulement un attaquant. Oui je pense que son véritable niveau se situe autour de la 15-20ème place nationale. Et c'est vrai que c'est dommage qu'il ne fasse pas de tournois nationaux pour se mesurer aux joueurs devant lui, car je pense qu'il en battrait plus d'un. »

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Troisième l'an dernier, Stéphane Gallenne (à droite) espère dépasser ses rivaux Laurent Combaluzier et Pierre Lombard lors du prochain championnat de France +45 ans

Avec cette médaille d'argent, Stéphane Gallenne prouve « qu'on peut progresser à tout âge (il aura 47 ans en avril prochain), ce n'est que du bonheur. Comme je le disais avant la compétition, j'ai arrêté pendant deux ans et c'est dur de revenir. J'avais fait de bons matches au national de Dijon en novembre, mais c'est à Caen en janvier que j'ai senti que je retrouvais la détermination et l'envie de gagner, notamment quand j'ai battu Nicolas Cardin en 5 jeux. » Les prochaines grosses échéances pour le joueur du Stade Nantais, ce sont le maintien de son équipe en Nationale 3 (dernière journée le 1er avril) et surtout le championnat de France vétérans fin mai à Bron. Médaillé de bronze en +45 ans l'an dernier, Gallenne tentera de décrocher son premier titre de champion de France, lui qui a été finaliste en +35 ans en 2009. « Mes principaux adversaires devraient être les finalistes de l'an dernier, Laurent Combaluzier et Pierre Lombard. D'ailleurs j'ai reçu un message dimanche me disant 'à très bientôt' et je crois bien que c'était lui ... »  

 

LOAEC SUR TOUS LES FRONTS

Même si elle n'a que 15 ans, Yuna Loaec est une habituée des championnats de France : ce week-end à Blagnac, elle visera un cinquème titre national (en -17 ans) ! En attendant, elle a disputé à Nantes sa première finale chez les seniors. La joueuse de Lanester est revenue pour nous sur son parcours.

Comment elle a abordé la compétition

J'ai eu de gros soucis au dos, ça a commencé il y a un peu plus d'un an. Avec mes parents, nous avons même envisagé la possibilité que j'arrête le squash ! Heureusement, tout est rentré dans l'ordre. Néanmoins, je n'ai repris le sport et le squash que depuis deux mois, et je suis donc encore en préparation par rapport à certaines autres. Avec Yann Menegaux (son entraîneur au pôle espoirs de Châtenay-Malabry), nous avions d'ailleurs planifié que ce tournoi servirait de préparation aux échéances à venir en jeunes : championnat de France -17 ans, ainsi qu'un éventuel championnat d’Europe dans cette catégorie. L'objectif était de tenter de mettre en place ce qu'on travaille à l’entraînement.

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Yuna Loaec et son entraîneur Yann Menegaux (Crédit photo : Yuna Loaec Squash)

Son parcours à Nantes

A l'évidence ça n'a pas été simple, mais c'est finalement logique. Mon premier tour contre Ninon Lemarchand – que je connais bien – a été relativement facile, elle était malheureusement blessée et n'a pas pu défendre ses chances. Contre Typhaine Anghilleri, j'ai gagné facilement les deux premiers jeux, mais j'ai déjoué dans les deux suivants et comme c'est une sacrée battante elle en a profité. Je commence à avoir un peu d’expérience avec les différents tournois que je disputé, et je l'ai mise à profit pour remporter le jeu décisif. Je savais ensuite que j’allais avoir un gros match contre Emma Tauzin : elle ne s'entraîne pas beaucoup en raison de ses études, mais elle reste une bonne joueuse. La différence s’est faite sur le plan physique : je suis plutôt en forme, et ça me donne de la confiance si les matches durent, ce qui a été le cas contre elle (Yuna s'est imposée 3-2). J'ai ensuite affronté Cléo Jahard, une joueuse en progrès mais je suis parvenue à gagner en trois jeux. J’ai beaucoup travaillé pour obtenir ce genre de résultat, et j’étais contente de participer à nouveau à une finale de championnat de France, qui plus est chez les adultes.

La finale

J'étais opposée à Élodie Ducos, une joueuse super sympa, que j’ai arbitrée en début de tournoi. Je savais qu'elle avait de grosses qualités techniques. J’ai essayé d’aborder le match avec le plus de relâchement possible, mais je n’ai pas respecté mon plan de jeu. Je l’ai attaquée sur ses points forts et j'ai fait trop de fautes, alors que son côté elle a fait de jolis coups gagnants. Ça montre que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre … A 2-0 pour elle, mon père m'a encouragé à revenir à des bases plus simples, ce qui m'a permis d'égaliser à 2-2. Le début du cinquième a été serré, puis il y a eu ce choc où Élodie se fait mal à la mâchoire. Je suis un peu sorti du match car je pensais être responsable, et je me suis malheureusement reprise trop tard.

Son bilan du week-end

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Yuna Loaec aux côtés de son frère Laouenan, également champion de France en jeunes (Crédit photo : Yuna Loaec Squash)

J’ai pris beaucoup de plaisir, même si mon jeu est encore loin d’être parfait. Je vais continuer à travailler et à m’entraîner pour progresser dans tous les domaines… dès aujourd’hui ! Je voudrais remercier de nombreuses personnes : ma famille, mes parents et mon frère qui sont toujours là dans les bons mais surtout dans les mauvais moments. Ainsi que mes cousins, oncles et tantes qui m'ont vue jouer pour la première fois. Le club de Sautron - une belle structure - et tous ses bénévoles, mon nouvel entraîneur, Yann Ménégaux qui a pris la relève de mon père depuis que je suis au pôle, mes partenaires qui me permettent de vivre ma passion d’une manière ou d’une autre : Eye Rackets, Ageci Finance, Latitude Form (Lorient), la Carrosserie Le Corre (Guidel), la Fédération Française de Squash, la Ligue de Bretagne, ma ville Lanester et le pôle de Châtenay-Malabry. Un petit mot également pour Framboise Gommendy de sitesquash qui est toujours bienveillante avec mon frère et moi. Et évidemment, l'association Lanester Squash : ce serait chouette d’avoir une équipe féminine l’année prochaine. On est quatre filles du même âge, mais il nous manque des joueuses d'expérience pour nous encadrer, et nous accompagner car on n'a pas le permis de conduire (rires) !

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