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NANTES A MARQUÉ LES ESPRITS

Événements 15/09

« Amazing, » « Insane, » « Incredible, » tels ont été les commentaires de certains joueurs et observateurs sur la toile la semaine dernière.

Après l’énorme succès de la première édition de l’Open International de Squash de Nantes en 2015, François Lejort et son équipe ont fait encore plus fort cette année. « Amazing, » « Insane, » « Incredible, » tels ont été les commentaires de certains joueurs et observateurs sur la toile la semaine dernière. En référence à la qualité de l'organisation mais aussi l’enthousiasme du nombreux public de la Cité des Congrès, qui a vibré devant les spectacles son et lumière d’Aurélien Lafargue, les facéties du speaker Romain Suire, et bien sûr les exploits du Français Grégoire Marche. Cet évènement a également été l’occasion de mettre en lumière le squash féminin (à travers le tournoi 5 000 $, remporté par la jeune Égyptienne Hana Ramadan), à un peu plus de deux mois des Championnats du Monde par équipes à Paris. On a hâte d'être à la troisième édition en 2017 !

L’Open International de Nantes a fait le buzz sur la planète squash. Notamment sur Twitter, où les joueurs n'ont cessé d’exprimer un étonnement, mêlé d’admiration, quant à la qualité de l’organisation et de la mise en scène pour un tournoi « seulement » doté de 25 000 $. Ceux présents sur place, mais aussi aux quatre coins de la planète grâce aux caméras de SquashTV. Une première en France, qui aura assuré à l’évènement une exposition internationale. L’une des clés de la réussite de ce tournoi a évidemment été le public (70 % de néophytes selon les organisateurs). Très présent tout au long de la semaine, puisque 3 700 billets ont été vendus. « Objectif atteint puisque c’est mieux qu'en 2015. Mais un peu moins que ce que l'on espérait, nous a confié François Lejort, le directeur du tournoi. Donc on va dire que c’est l’un des seuls petits bémols de cette superbe semaine. Peut-être que le temps ensoleillé ne nous a pas rendu service … » Aucun bémol en revanche côté ambiance. « Quel plaisir pour les joueurs d’évoluer devant un tel public, affirmait Chris Simpson à l'issue de sa finale perdue. On a l'impression d'être des rock stars ! » Aux antipodes des atmosphères parfois feutrées du squash, la Cité des Congrès a vibré tout au long de la semaine, notamment au fil des exploits de son héros Grégoire Marche. Qui n’a pas manqué de remercier les spectateurs à chacune de ses interventions au micro du speaker Romain Suire, aussi à l’aise pour chauffer la salle que pour expliquer les règles aux non initiés. 

“Avec un tel public, on a l’impression d'être des rock stars.” Chris Simpson, finaliste

L’autre atout de l’Open de Nantes, c’est « cette alliance entre culture et sport, indissociables selon moi, »indiquait Malika Tararbit, vice-présidente du Conseil Départemental en charge du Sport et activités de pleine nature, lors de la remise des prix. Tout en proposant une compétition sportive de très haut niveau dans un lieu qui accueille habituellement des conférences mais aussi des concerts, le tournoi avait donné carte blanche à Aurélien Lafargue. Le créateur et son équipe se sont servis du court vitré comme d'un terrain de jeu pour leurs spectacles son et lumière. Une vraie performance artistique et technique, dont certains pourraient bien s’inspirer. « J’ai lu sur la page Facebook de la PSA qu’un promoteur de tournoi en Australie se demandait s'ils seraient capables de faire la même chose, » sourit Lejort. 
Le plus fou d’entre nous, comme l'a appelé Suire lors de la remise des prix. Nous, ce sont les 80 bénévoles, auquel Lejort a rendu hommage pour leur mobilisation exceptionnelle. « Quelle semaine ! Nous sommes ravis mais certainement aussi fatigués que les joueurs. » Le résultat de cette mobilisation, c’est un évènement tout aussi exceptionnel. Selon le président de la Fédération Française de Squash Jacques Fontaine, « monter une opération de cette envergure, qui plus est pour la deuxième fois, c’est une vraie performance, mais quand la réussite est au bout c’est encore plus grand. » C’est d’ailleurs la Fédération qui avait suggéré d'intégrer un tableau féminin à l'évènement. « Coup d’essai, coup de maître, » dixit Fontaine, à tel point que les organisateurs envisagent la parité du prize money à moyen terme. « Le sport féminin mérite davantage d’exposition, continue le président de la FFS. Je vous donne d’ailleurs rendez-vous au Championnat du Monde par équipes en décembre à Paris. » Compétition à laquelle ne participeront pas l'Égyptienne Hana Ramadan et l’Anglaise Rachael Chadwick, en raison de la rude concurrence dans leurs pays. Mais les deux finalistes ont naturellement apprécié cette mise en lumière, sans précédent pour un tournoi 5 000 $. « J’ai été très heureuse d’avoir fait partie d'un tel évènement, a déclaré Ramadan après sa victoire dans un français quasi-parfait, et je reviendrai évidemment l'année prochaine ! » 

“La troisième édition ? Il vous faudra attendre encore un peu pour connaître le lieu…” François Lejort, directeur du tournoi

Elle n’est pas la seule. Même s’il est « un peu tôt pour faire un bilan, (Lejort)» l’édition 2017 a déjà été évoquée, notamment par les joueurs. Mais aussi les fidèles partenaires (« je les remercie pour leur audace, »), dont certains comme Quiris ont d’ores et déjà rempilé pour une troisième année. « Elle aura lieu du 11 au 17 septembre, mais il vous faudra encore attendre pour connaître le lieu … » Alors que certains joueurs ont posé la question « à quand un World Series à Nantes ? », le directeur du tournoi répète ce qu'il nous disait avant la compétition. « On va sans doute rester sur un prize money raisonnable, peut-être 35 000 $ chez les hommes pour attirer des grosses pointures. Mais il faut être conscient que pour un public de néophytes, assister à une finale Marche-Simpson c'est aussi spectaculaire qu'un match entre deux joueurs du top 5 mondial. Comme je l'ai déjà dit on aimerait également monter à 25 000 $ chez les femmes, mais sans doute pas dès l’an prochain. Quant à l'organisation d'un gros évènement, type World Series ou 100 000 $, je ne ferme pas complètement la porte si la PSA ou la Fédération nous sollicite. Mais il faudrait trouver beaucoup plus de partenaires, ce qui est la tâche la plus compliquée (NDLR : le budget global cette année était de 155 000 euros, dont le prize money représente moins de 20 %). Quand des entreprises investissement énormément d’argent dans une manifestation sportive, il faut pouvoir leur offrir une prestation équivalente en retour. »

Côté court

Concernant la partie sportive, le fait marquant de la semaine est évidemment la victoire de Grégoire Marche, la plus belle de sa carrière à 26 ans (retrouvez un long entretien avec le numéro 3 français). Le protégé de Thierry Lincou a affiché un niveau de jeu très élevé en demi-finale et en finale, qui lui a permis de dominer les Anglais Daryl Selby et Chris Simpson. Il n’y avait pas eu beaucoup de surprises dans le tableau principal auparavant, puisqu’on retrouvait les quatre favoris en demi-finale et même sept des huit têtes de série en quarts. La révélation du tournoi est le Gallois Joel Makin (n°82 mondial) et son style de jeu très explosif. Après avoir sorti l’Américain Todd Harrity au premier tour, il a donné du fil à retordre à Selby en quarts. « Un joueur à surveiller pour l’avenir, » a déclaré l’Anglais à l’issue du match. Côté français, Geoffrey Demont et Christophe André avaient fort à faire et se sont logiquement inclinés au premier tour contre Chris Simpson et Declan James. Mais pour le Réunionnais, seul rescapé parmi les six tricolores engagés dans les qualifications, c'était une première participation au tableau principal dans un 25 000 $.

Chez les femmes, Hana Ramadan faisait partie des prétendantes à la victoire et a justifié ce statut. En sortant notamment la dernière Française en lice Laura Pomportes en demi-finales, puis en imposant sa puissance en finale contre l’Anglaise Rachael Chadwick. À 18 ans, c’est déjà la troisième victoire en tournoi pour la jeune Égyptienne.

Il y avait seize françaises dans le tableau, certaines d’entre elles ayant fait le dur apprentissage du circuit professionnel avec des scores parfois cinglants. L’un des chocs de la semaine était le quart de finale entre Chloé Mesic et Laura Pomportes, coéquipières en équipe de France. Il fût nettement dominé par la Toulousaine, un résultat dont l’entraîneur de l’équipe de France Philippe Signoret pourrait peut-être tenir compte, en vue de la sélection pour les Championnats du Monde en décembre à Paris. 

Article de Jérôme Elhaïk
Crédits Photos : Philippe Rochais

 

 
 
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