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LE CLUB DE LA SEMAINE : SQUASH BRESSUIRE

Promotion 12/03

Les structures et associations sont de véritables partenaires de la Fédération au quotidien, et nous mettons en avant ceux qui contribuent le plus au rayonnement du squash dans notre rubrique "Le club de la semaine".

Dans les Deux-Sèvres, il y a bien sûr le bien connu Squash du Marais mais aussi le club de Bressuire, auquel nous consacrons ce trente-quatrième épisode.

Article de Jérôme Elhaïk

PRÉAMBULE

Le Squash Bressuire a vu le jour en 1986, profitant d'un agrandissement du club de tennis dont il est une section. « L'ajout du court de squash était d'ailleurs une demande des joueurs de tennis, » raconte Vincent Turlot, président/éducateur historique que nous vous présentons ci-dessous. « C'était la mode à l'époque, un peu comme le padel aujourd'hui. Il y a eu une belle dynamique pendant deux ou trois ans mais ensuite ça a un peu vivoté, il n'y avait qu'une petite vingtaine de pratiquants. » 

UN CLUB, UN COACH : VINCENT TURLOT

En 1996, Vincent Turlot va entrer dans la danse. « Je suis allé à une réunion du bureau de l'association, j'ai parlé tellement longtemps que ses dirigeants ont dû me prendre pour un fou, » rigole-t-il. Fou peut-être, mais passionné sûrement puisqu'il tient les rênes du club depuis vingt-cinq ans. Portrait. 

Pourquoi le squash ?

« J'ai découvert cette discipline au début des années 90 au Mans avec Benoît Letourneau, qui est un ami. En gros, on jouait au tennis l'été, et au squash l'hiver. Je ne faisais pas de compétition, c'était simplement pour m'amuser. Mon sport était la gymnastique, j'étais entraîneur et j'ai connu les balbutiements de ce sport. J'ai contribué au développement de ma structure dans la Sarthe, on est passé de 15 à 120 licenciés pour devenir numéro 1 du département. Ensuite, j'ai exercé au club de Bressuire, mais on m'a remercié au prétexte que j'étais trop dynamique ! Se débarrasser de quelqu'un qui fait 18 heures de bénévolat par semaine, ça n'est pas banal. Il s'avère que le club a rapidement fermé par la suite pour laisser plus de place à un autre ... En ce qui me concerne, il fallait que je m'occupe et j'ai fait le tour des associations sportives de la ville. À un moment donné, j'aurais pu choisir le base-ball mais je n'aime pas trop les sports d'extérieur, je ne sais pas pourquoi. Ça a donc été le squash. »

Une belle ascension

« Lors de la réunion dont on parlait auparavant, j'avais exposé mes projets aux dirigeants de l'époque, en leur disant que la première chose à faire était de créer une école de squash. Je suis retourné voir Benoît Letourneau afin qu'il m'enseigne les rudiments, et j'ai passé mon BF2 avec John Elstob. Comme il me fallait un rôle au sein de l'association, le président m'a gentiment laissé sa place (rires). Ma première décision a été de demander à la mairie de modifier le court et d'installer une vitre arrière, car il était totalement fermé – il y avait seulement une porte sur le côté. Par la suite, il y a eu les deux courts supplémentaires en 2002 et le nombre d'adhérents est allé crescendo : jusqu'à 200 dont 40 jeunes dans les meilleures périodes, et on a été la troisième école de squash de la région derrière Royan et La Rochelle. »

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Pour Vincent Turlot (à gauche), l'ambiance au sein du club compte autant que les résultats sportifs (Crédit photo : Squash Bressuire)

Un investissement sans faille

« Par principe, je n'ai jamais voulu en faire un métier. Peut-être que j'aurais dû ... Avec ma femme, nous gérons un bar / cave à bières / restaurant, comme vous pouvez l'imaginer la période actuelle n'est pas facile. En période normale, je vais tous les soirs au club, le nombre d'heures varie en fonction des disponibilités que me laisse mon travail. Je m'occupe des jeunes et des adultes, notamment la section féminine. Quand je vois des joueurs loisirs qui ne savent pas trop ce qu'ils font, je me permets de rentrer sur le court pour donner quelques petits conseils car ce n'est pas un ring de boxe (rires) ... »

Projetés vers l'avenir

Hormis quelques semaines avec l'école de jeunes en décembre-janvier, le Squash Bressuire ronge son frein depuis de nombreux mois, comme tous ses homologues de l'hexagone. « C'est malheureux car on a de bons jeunes mais ils sont actuellement camouflés (sic) et ratent leurs meilleures années, » déplore Vincent Turlot. Avant une reprise que l'on espère proche, l'ajout d'un quatrième court ouvre des perspectives.

« Normalement pour la rentrée 2022. Il permettra d'impulser une nouvelle dynamique et de faire davantage de choses en termes d'animation, d'accueil de compétitions etc. Ça ressemblera à la partie centrale du club de Royan, alors qu'actuellement on a deux courts et un autre séparé. Comme je dis souvent, à Bressuire le squash est une petite boîte dans la grande boîte du tennis. C'est un très grosse structure, dont l'équipe masculine évolue en Nationale 1, avec des joueurs étrangers. Ils organisent tous les ans le Top 10/12, un tournoi international jeunes très prestigieux dont le créateur vient d'avoir 100 ans ! Le squash doit se battre pour se faire une place, d'autant qu'à Bressuire il y aussi le foot et le rugby. Même le kung-fu qui a pourtant un champion du monde dans ses rangs, a du mal à exister ... »

L'accent sur les jeunes

Il existe très peu de clubs où une école de squash avec autant de jeunes est entièrement encadrée par un bénévole, encore plus lorsqu'il s'agit du même sur la durée.

« Effectivement, on est une espèce à part, à ma connaissance je dirais que je suis le seul avec Stéphane Lhérault à Coutances. Dans une petite structure, on a plus de temps pour travailler de manière individualisée, et corriger de petits détails. Je ne sais pas si j'ai une méthode, mes séances sont avant tout basées sur le jeu et je laisse les jeunes exprimer leur personnalité. Je n'enseigne pas le squash de manière académique, et on entend parfois que les joueurs du club sont adeptes des coups tordus (rires). D'ailleurs Stéphane Brévard appelle ça la Bressuiraise ! Mais attention, ça ne sort pas de nulle part, ils sont capables de les reproduire.

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Vincent Turlot (ici en compagnie de son fils Maxime) a toujours été passionné par la formation des jeunes (Crédit photo : Squash Bressuire)

C'est une satisfaction d'avoir eu de bons résultats avec de petits moyens. Il faut dire aussi que ne pas avoir d'éducateur salarié procure une certaine marge sur le plan financier : par exemple, quand Corentin Brunet faisait partie des meilleurs jeunes de sa catégorie, on a pu lui fournir les services d'un préparateur physique et l'emmener sur de nombreux tournois européens sans aucun frais pour les parents. On n'hésite pas à miser sur un jeune s'il représente bien les couleurs du club. On a également eu des résultats chez les filles, avec Florine Cloerec et Charlène Dru. Son père Robert était là avant que j'arrive, et il est encore trésorier aujourd'hui. Parmi les autres bénévoles les plus investis aujourd'hui, on peut citer Nicolas Dransard, Patrick Charles-Donatien, Edwige Drilleau et bien sûr Gabriel Boulanger (voir ci-dessous TÉMOIGNAGE). Concernant mon rôle d'entraîneur, je dis souvent que je vais raccrocher, mais en réalité je continuerai tant que j'aurai la santé ... »

Meilleurs souvenirs

« Le premier open en 1997, je m'en rappelle comme si c'était hier. Il y avait des joueurs des clubs de Cognac, de Niort, de Melle etc., on avais mis une ambiance de dingue lors de la soirée d'après-tournoi. J'ai versé quelques larmes lorsque mes jeunes ont eu de bons résultats, et j'ai aussi quelques anecdotes qui me restent en tête. L'une d'entre elles, c'est l'histoire de cette jeune fille qui lors de sa première séance, n'a pas touché une fois la balle en 45 minutes, et qui pourtant en sortant du court a dit qu'elle voulait absolument continuer le squash ! Au départ, c'était pour embêter sa mère, mais finalement on est parvenus à quelque chose et elle a participé à des championnats de France. Quelque part, j'ai fait partie de sa vie et je lui ai un peu servi de psy. C'est d'ailleurs devenu son métier, la boucle est bouclée en quelque sorte (rires). Ma plus grande victoire, c'est que les jeunes fassent du sport plutôt que de rester devant la télé, et qu'ils continuent à jouer au squash après avoir quitté le club. Les résultats, c'est du bonus ... »

TÉMOIGNAGE

Même s'il a fait partie d'autres associations pendant la majeure partie des années 2010, Gabriel Boulanger reste un pur produit du Squash Bressuire, et son attachement à son club de cœur est palpable lorsqu'il en parle ...

« Le club extraterrestre, c'est comme ça qu'on nous appelle en réunion de ligue, » rigole celui qui a été l'une des pierres angulaires du comité d'organisation de l'open international de Nantes lors de sa première vie. « En partie parce qu'on est une structure municipale. Mais aussi pour nos tarifs incroyablement bas, pour les adultes et encore plus pour les jeunes (sachant que l'association prend en charge la quasi-totalité des frais lors des déplacements en compétition). On vit grâce au tennis, qui est une immense structure. Il y a 35 ans ils ont implanté un court de squash, il y a 20 ans ils en ont ajouté deux, et d'ici un ou deux ans nous en aurons normalement un quatrième, grâce à un nouvel agrandissement. On aimerait également avoir un espace avec de la place derrière les courts, en tous les cas on est impatient de voir le résultat. Ça ouvre des perspectives, en termes d'accueil de compétitions (par exemple des championnats de France). De plus, un collège va s'implanter à proximité, c'est une grosse opportunité. On a toujours eu beaucoup de jeunes, néanmoins Bressuire est une petite ville (20 000 habitants) et ils partent pour suivre leurs études supérieures. » Gabriel devient encore plus enthousiaste quand on évoque Vincent Turlot, « (son) mentor. Le club repose sur lui, depuis 25 ans il est président et entraîneur, le tout à titre complètement bénévole ! Il a vraiment une passion et un don pour l'encadrement, surtout des jeunes, et n'est jamais à cours d'imagination pour inventer des exercices. »

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Après s'être exilé pendant la majeure partie des années 2010, Gabriel Boulanger (au premier plan) est revenu à Bressuire en 2018 (Crédit photo : Squash Bressuire)

C'est donc aux côtés de Vincent Turlot que Gabriel Boulanger a découvert la petite balle noire, vers l'âge de 13 ans. « J'avais fait un peu de foot et de tennis, et comme mon père faisait du squash je m'y suis mis aussi. J'étais une pile (sic), j'avais besoin de me défouler. Comme je suis arrivé en cours d'année, Vincent m'a tout d'abord donné des cours individuels, puis j'ai intégré l'école de jeunes. » Pas facile de se frayer une place parmi les meilleurs lorsqu'on débute aussi tard, et Gabriel ne va jamais connaître le goût des championnats de France jeunes. « J'espérais être sélectionné en équipe régionale, ça ne s'est pas fait, » se rappelle-t-il. « Je terminais souvent dans les derniers des tournois Karakal, et je me souviens que je regardais les finales entre Thomas Reboul et Aurélien Gontero avec de grands yeux (rires). J'accompagnais également les filles du club qui participaient souvent aux championnats de France. Je dois dire que si j'ai progressé, c'est parce que j'ai eu la chance de m'entraîner avec Corentin Brunet, plus jeune que moi mais qui faisait partie des meilleurs jeunes de son âge. » Dans les années 2010, il aura une ascension linéaire, avec une entrée dans le top 50 en 2013, et une pointe à la 22ème place nationale en 2017 (« Il n'y a pas beaucoup de joueurs qui ont dû atteindre ce classement en partant d'aussi loin que moi, » rigole-t-il). Après plusieurs saisons à Nantes et au Squash 95, équipes dans lesquelles il a évolué en Nationale 2 en Interclubs, Gabriel est revenu à Bressuire il y a trois ans. Peut-être que dans sa tête, il n'était jamais vraiment parti ...

PALMARÈS ET GRANDES DATES 

☛ À l'époque doté d'un seul court, le Squash Bressuire avait organisé son premier open en 1997. Un peu plus de dix ans plus tard, le club innove avec son "Girl Power Invitation", tournoi totalement gratuit pour ces dames et qui connaît une belle réussite.

☛ Quelques mois après (en décembre 2008), il va déboucher sur le 1er open national féminin de Bressuire. La finale oppose deux joueuses du top 10 français, et c'est Laura Pomportes qui s'impose face à Chloé Mesic. Une deuxième édition, remportée par Faustine Gilles, aura lieu l'année suivante. Le club avait renoué avec cette tradition en 2019 avec un bel open féminin, gagné par Léa Barbeau.

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En 2019, le Squash Bressuire avait renoué avec la tradition en organisant un open féminin de belle facture (Crédit photo : Squash Bressuire)

☛ Toujours en 2009, le club avait accueilli son premier championnat de France (et le seul à ce jour), le 5ème série. Il avait été remporté par Thierry Paret (Mont-de-Marsan), alors que le local Alexandre Gicquel avait terminé cinquième.

☛ « Notre histoire sportive, c'est également six ou sept étapes du Karakal Tour jeunes, » ajoute Gabriel Boulanger. « On est parfois montés jusqu'à 90 inscrits en empruntant le court de tennis voisin pour avoir plus de place, une vraie réussite pour un petit club comme Bressuire ... » 

☛ Coté palmarès, le club et son président/entraîneur ont récolté le fruit de leur travail avec une première médaille d'or nationale fin 2011 : Corentin Brunet faisait partie, aux côtés de Baptiste Masotti, de l'équipe de Poitou-Charentes championne de France Interligues -19 ans. Le Bressuirais avait même remporté le match décisif en finale face à l'Île-de-France ! Auparavant, il avait été vice-champion de France 3ème série en 2010. Le jeune Deux-Sévrien a également participé à de nombreux tournois européens junior pendant cette période, avec notamment un quart de finale en Suisse en -17 ans en 2009.

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Corentin Brunet avec sa médaille de champion de France Interligues, aux côtés de Vincent Turlot, Florine Cloerec et Laëtitia Gate (Crédit photo : Squash Bressuire)

☛ De son côté, Florine Cloerec a été la première à remporter un titre de championne de France individuelle, au 4ème série en 2012. Avant cela, elle avait disputé de nombreuses épreuves nationales en jeunes, tout comme Laëtitia Gate et Charlène Dru, « qui a fait partie des meilleures françaises en -13 ans et -15 ans, » précise Gabriel Boulanger. Celle-ci avait obtenu une médaille de bronze au championnat de France Interligues -15 ans en 2006. À signaler que dans les années 2000, l'équipe féminine a évolué plusieurs saisons en Nationale 2.

☛ Comme évoqué plus haut, Gabriel Boulanger a fait partie du top 25 français en 2017, alors qu'il était licencié au Squash 95. Également à son actif, une médaille d'argent universitaire en 2013, lors de sa période Nantaise.

☛ Plus récemment (en 2019-2020), d'autres représentants du club ont participé à des championnats de France, signe de son dynamisme actuel : Patrick-Charles Donatien (5eme série), Stéphanie Favalier-Boulanger, Maxime Turlot (4ème série), Nicolas Dransard et Charlotte Eglizot (3ème série). 

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Boulevard de l'Europe, 79300 Bressuire

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Rendez-vous vendredi prochain pour le trente-cinquième épisode du "Club de la semaine", qui sera consacré au Squash Loisirs Balagne à l'Île Rousse.

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