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LE CLUB DE LA SEMAINE : LE FIVE DE PAU

Promotion 29/01

Les structures et associations sont de véritables partenaires de la Fédération au quotidien, et nous mettons en avant ceux qui contribuent le plus au rayonnement du squash dans notre rubrique "Le club de la semaine".

Ce trentième numéro nous emmène dans les Pyrénées-Atlantiques, à la découverte du Five de Pau.

Article de Jérôme Elhaïk

L'ENTENTE CORDIALE

L'ASSOCIATION. Président de l'association Squash Pau Bizanos depuis sa création, Pascal Bette a découvert la discipline en région Parisienne, dans les années 80. Ensuite, il fera partie des personnes qui participent au développement du club de Savigny-le-Temple. « Initialement, il n'y avait qu'un court à côté une piscine, puis deux courts supplémentaires ont été ajoutés, » raconte-t-il. « En ce qui me concerne, j'ai été secrétaire général, puis président de l'association. » Au début des années 2000, il quitte l'Île-de-France pour raisons professionnelles : salarié de l'entreprise Total, il s'installe à Pau après la fusion avec Fina et Elf. « J'avais dit à mon entourage que j'allais consacrer moins de temps au squash, mais ça n'a pas vraiment été le cas, » raconte en souriant celui qui a soufflé sa soixantième bougie en 2020. À peine arrivé dans les Pyrénées-Atlantiques, il participe à la création de l'ASPB. Hébergée au Squash Club de Navarre, elle accueille des compétitions importantes, comme le championnat de France 2ème série en 2005 (voir ci-dessous PALMARÈS ET GRANDES DATES). Lorsque la structure est fermée quelques années plus tard, l'association se réfugie à l'hôtel Le Trinquet, alors que le complexe sportif de Total est également doté d'un court de squash. « Elle a toujours été active, et on a continué à organiser des tournois, » souligne son président. La construction du Soccer Park du Hameau (voir ci-dessous), fin 2011, interviendra néanmoins comme un soulagement. Une aubaine même, tant les relations entre l'ASPB et le gérant de la structure, Hugo Da Silveira sont au beau fixe. « Il y a effectivement une superbe entente, » indique Pascal Bette. « Il faut souligner qu'en neuf ans, il n'a jamais augmenté les tarifs pour les membres de l'association ! Quand on fait des propositions, il est tout le temps à l'écoute, et lui et ses salariés participent à l'ambiance qui règne au sein du club. Hugo a même passé son diplôme d'arbitre, et participé à des opens au Five. » Outre les compétitions homologuées, un tournoi regroupant les adhérents de l'association et la clientèle de la structure est organisé un vendredi par mois. « Ça permet de susciter des envies chez certains, » souligne l'homme à tout faire de l'ASPB. Car Pascal Bette n'est pas que son président, il est aussi juge-arbitre lors des compétitions et encadre les jeunes de l'école de squash, labellisée deux étoiles par la Fédération. « Certains ont grandi, et jouent maintenant pour nos équipes senior en championnat régional, » se réjouit-il, avant d'ajouter qu'il n'était pas « tout seul, il y a d'autres personnes investies au sein de l'association : par exemple Philippe Audran et Gilles Moniot, ainsi que des parents dont les enfants jouent au club. » 

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Derrière son écran ou sur le court pour encadrer les jeunes, Pascal Bette est la cheville ouvrière du Squash Pau Bizanos (Crédit photo : ASPB Squash)

En cette période difficile, Pascal Bette s'efforce de garder le lien avec les adhérents de l'association, même à distance. « L'activité avait bien repris pendant l'été, qui est habituellement une période calme, puis en septembre, » indique-t-il. « Ensuite, les gens ont légitimement commencé à se poser des questions par rapport à la prise de licence au cas où la saison serait à nouveau tronquée. D'autre part, on a pu se rendre compte lors de notre tournoi de reprise début octobre que les consignes sanitaires pouvaient s'avérer pesantes. » Même si une réouverture à très court terme lui semble utopique, il estime que les gens seront « morts de faim quand ça arrivera. Dans un premier temps, il faudra redémarrer au niveau local, en travaillant avec la ligue Nouvelle-Aquitaine (NDLR : dont il est vice-président). Une chose est sûre, on mettra le paquet pour aider la structure à repartir. »

LA STRUCTURE. Si Hugo Da Silveira, gérant du Five de Pau, a tenu à intégrer le squash à son projet de création de structure il y a un peu moins de dix ans, ce n'est pas par hasard : il le pratiquait dans l'ancien club de Navarre. « J'étais un joueur loisir, le squash me permet de me dépenser et ça m'a toujours plu, » raconte cet ancien éducateur, qui toute sa vie a baigné dans le milieu du sport. Au début des années 2000, une visite chez des membres de sa famille résidant à Londres lui permet de découvrir le five-a-side, c'est-à-dire des complexes où l'on joue au foot à 5 en dehors de la pratique en club. « Ils n'existaient pas encore en France, les pays anglo-saxons sont souvent en avance sur plein de choses par rapport à nous ... Ça m'a tout de suite passionné car j'ai une âme d'entrepreneur, même si c'est quelque chose que je ne mets pas forcément en avant (rires). Je me souviens en avoir parlé à mes parents, mais j'étais sans doute trop jeune pour me lancer. » Passé le cap de la trentaine, ce projet va prendre davantage forme dans son esprit, et Hugo Da Silveira décide de s'adosser à la marque Soccer Park. « Ils venaient d'ouvrir leur premier centre à Antibes, et avaient la volonté de créer des synergies, » explique-t-il. « Pau était donc le deuxième, et du coup le premier complexe multisports. Pourquoi ce choix de ma part ? J'ai été toujours intéressé par le côté compétitions, et le fait d'être associé à eux m'ouvrait certaines portes plus facilement que si j'avais été indépendant. » Fin 2011, le Soccer Park du Hameau – complexe de 2 000 mètres carrés - voit le jour avec trois terrains de foot évidemment, mais aussi trois courts de squash. « Lors de la conception de la structure, j'ai souhaité qu'ils soient visibles depuis le sports bar, pour la convivialité. L'association Pau Bizanos existait déjà et le club de Navarre avait fermé : j'étais convaincu que si on leur offrait de bonnes conditions d'accueil, ses adhérents nous rejoindraient. » Un peu moins de dix ans plus tard, il se réjouit des relations entre le structure (qui a pris le nom de Five depuis 2016 suite à une fusion) et l'ASPB. « Je m'entends très bien avec son président Pascal Bette, nous avons la même vision des choses, même s'il est évidemment conscient qu'en tant que gérant j'ai des impératifs. » 

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Depuis près de dix ans, les adhérents de l'ASPB bénéficient des installations du Five de Pau (Crédit photo : ASPB Squash)

Comme tous ses homologues, Hugo Da Silveira est touché par la crise sanitaire. Les aides de l'état (« j'ai touché une première fois celle de 10 000 euros, j'attends de savoir si ça va être prolongé, ») lui permettent de la traverser, mais pas seulement. « Neuf ans, c'est une période suffisante pour mettre de la trésorerie de côté, » explique-t-il. « Je ne veux donner de leçons à personne, car chacun gère son entreprise comme il l'entend, néanmoins le fait d'être resté prudent dans ma gestion même quand les choses marchaient bien m'aident à surmonter cette période. » D'un côté réaliste (« il ne faut pas rêver, les salles de sport ne rouvriront sans doute pas avant avril, au mieux, »), Hugo Da Silveira est également optimiste. « Après le premier confinement, ça avait bien repris car les gens avaient une grosse envie de jouer. C'est peut-être mon caractère confiant qui parle, mais j'ai tendance à croire que notre secteur fait partie de ceux qui vont être très dynamiques lorsque les choses reprendront leur cours normal. » Si l'on fait abstraction de la période actuelle, Hugo Da Silveira juge le bilan excellent, alors que la structure fêtera ses dix ans à la fin de l'année. « Avec le recul, c'était le meilleur choix possible de s'installer au stade du Hameau, autrement dit là où sont installés les clubs de foot, de rugby etc., car ça permet de rencontrer énormément de gens d'horizons très divers. » Concernant la partie squash, Hugo envisage d'ajouter deux courts supplémentaires à moyen terme. Ils lui permettrait d'atteindre l'un de ses objectifs, accueillir des championnats de France. « J'ai tendance à croire que tout est possible dans la vie, et cet agrandissement est à priori réalisable. Cependant, les personnes qui me disent ça ne sont pas celles qui ont les clés du portefeuille (etc) ... »

L'anecdote. Quel est le point commun entre Didier Deschamps et Hugo Da Silveira ? Comme celui que l'on connaît par ses initiales DD, le gérant du Five de Pau est sélectionneur d'une équipe de France, celle du foot à 6 (discipline à ne pas confondre avec le futsal). « La sélection a été mise en place en 2015, et comme j'étais responsable d'un centre on m'a proposé le poste. Il faut savoir que je suis né en Angola et que je parle plusieurs langues (anglais, espagnol), ce qui facilite les choses. » Pour constituer l'équipe, Hugo supervise des joueurs dans les 40 centres de Five, sur place ou en vidéo. « On peut donc dire que n'importe qui a l'opportunité de jouer en équipe de France, même s'il faut évidemment avoir des qualités (rires). On a quelques anciens pros avec nous, pas de noms très connus mais quelques uns ont joué en Ligue 2. » Depuis 2016, Da Silveira et ses hommes ont participé à plusieurs compétitions (championnats d'Europe, coupes du monde), et il n'hésite pas à parler « d'aventure incroyable. Vivre l'hymne national, passer sur l'Equipe TV, c'est quelque chose, par contre il y a plus de pression. La notoriété, je n'aime pas trop ça mais on ne va pas se mentir, ça rejaillit sur mon entreprise. » Avec des moyens limités, l'équipe de France tente de lutter avec les meilleurs. « Pour l'instant, on bute au stade des quarts de finale, avec quelques défaites cruelles à la dernière seconde, des buzzer beaters comme on dit au basket. On n'a que deux regroupements par an, alors que dans d'autres pays la culture du foot à 6 est beaucoup plus ancrée et les joueurs sont semi-professionnels. On nous appelle d'ailleurs les petits gaulois ... »

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Outre son activité de gérant de club, Hugo Da Silveira (à droite) est également sélectionneur de l'équipe de France de foot à 6 (Crédit photo : Sélection France - Foot à 6)

PALMARÈS ET GRANDES DATES 

☛ Le squash Palois a connu de belles heures dans les années 80-90, grâce à deux joueurs formés au Fontenoy : Alexandre Gongora et surtout Corinne Castets, qui a gagné trois de ses onze titres de championne de France lors de ses années au club. Par ailleurs, plusieurs championnats de France ont eu lieu dans la cité Béarnaise pendant cette période - Nationale 3 en 1989, interentreprises en 1990 et 4è série en 1995.

☛ Il y en aura deux autres après la naissance de l'association Squash Pau Bizanos : 3è série en 2004 puis 2è série en 2005. Cette année-là, ce sont Cédric Hateau et Gabrielle De Lavison qui s'étaient imposés. Un open national, remporté par Stéphane Galifi et Corinne Castets, a également eu lieu pendant cette période.

☛ Limité par son nombre de courts (3), le Five de Pau n'a pas encore accueilli de championnat de France ni de tournoi national, mais cela pourrait changer si l'agrandissement souhaité par son gérant se matérialise (voir ci-dessus). La structure et l'association organisent néanmoins de nombreux opens régionaux tous les ans, certains étant dotés financièrement grâce au soutien de l'entreprise Total. Le premier, le 1er juillet 2012, avait été remporté par Christophe Lartiguelongue, alors que le plus récent, le 3 octobre 2020, avait vu le succès du Bordelais Julien Gramond.

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Julien Gramond (à gauche) avait remporté l'open de reprise au Five en octobre dernier (Crédit photo : ASPB Squash)

☛ Côté palmarès, deux joueurs du Squash Pau Bizanos ont été sacrés champions de France 5è série dans les années 2000 : Joachim Sierra en 2003, puis Laurent Camy en 2008. Membre de longue date de l'association, ce dernier a terminé cinquième du dernier championnat de France 4è série, en septembre 2020 à Blois.

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Les vétérans de l'ASPB ont fait briller les couleurs de leur club en championnat de France ces dernières années ... (Crédit photo : ASPB Squash)

☛ Cinquième, c'est également la place obtenue par Fanny Legoasse au championnat de France +50 ans en 2018. De son côté, Mickaël Macone avait fini sixième en +40 ans l'année suivante. Tous les deux, ainsi que Laurent Camy, ont disputé plusieurs fois les championnats de France +35 ans par équipe entre 2014 et 2018.

☛ Le club peut aussi compter sur sa relève : ses jeunes s'étaient particulièrement distingués lors de l'étape du circuit inter-régional à Gradignan en janvier 2020, avec des finales 100 % Paloises dans deux des cinq tableaux (victoires de Mael Juan face à Gino Bellota, et de Tony Bellota face à Aymeric Juan).

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... mais la relève arrive, avec les frères Bellota et Juan (Crédit photo : ASPB Squash)

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13, avenue du Corps Franc Pommiès, 64320 Bizanos

Tél. : 05 59 02 47 95

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Rendez-vous vendredi prochain pour le trente-et-unième épisode du "Club de la semaine", qui sera consacré au Squash Fitness Paradis à Saint-Pierre de la Réunion. 

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