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CHAMPIONNAT D'EUROPE PAR ÉQUIPE : FRANCE-ANGLETERRE, MEILLEURS ENNEMIS ...

Équipe de france 27/04

Le championnat d'Europe par équipe, qui débute mercredi en Pologne, se résumera-t-il une nouvelle fois à un duel France - Angleterre ?

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Les Bleus, emmenés par Grégory Gaultier, chercheront à conserver leur couronne, et à mettre derrière eux la déception du championnat du monde. Pour Camille Serme et ses équipières, la conquête d'un premier titre passera forcément par un exploit contre de quasi-invincibles Anglaises. Deux joueurs feront leurs débuts sous le maillot Tricolore la semaine prochaine : Énora Villard et Victor Crouin, appelé de dernière minute suite au forfait de Grégoire Marche. 

Article de Jérôme Elhaïk

 

LES BLEUS À LA RELANCE

 

« Un vrai coup de massue, » pour Lucas Serme. « Les 48 heures les plus longues de ma carrière, » selon Mathieu Castagnet. La défaite de l'équipe de France en quart de finale du championnat du monde face à Hong Kong à Marseille a été un véritable traumatisme pour les Bleus. Notamment Grégoire Marche : le numéro 3 français a annoncé il y a quelques jours son forfait pour le championnat d'Europe. « Greg a estimé qu'il n'était pas actuellement dans les dispositions physiques et mentales pour relever ce challenge, notamment en cas de match décisif en finale, » indique l'entraîneur national Renan Lavigne. « Peut-être que la cicatrice de Marseille n'est pas encore refermée. Sa décision, je la comprends, même si par le passé des joueurs sont venus en équipe de France sans être à 100 % de leurs capacités. » Il n'était pas au mieux ces dernières semaines, mais l'absence de Marche est un coup dur, et tout sauf anecdotique : depuis sa première sélection en 2010, il n'avait manqué aucune compétition par équipe (onze au total), et avait activement participé à la victoire l'an dernier en battant Daryl Selby en finale.

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Même en l'absence de leur numéro 3 Grégoire Marche (troisième en partant de la droite), les Bleus peuvent légitimement espérer conserver le titre acquis en 2017 (Crédit photo : Petteri Repo)

À côté des inamovibles Grégory Gaultier, Mathieu Castagnet et Lucas Serme, il y avait donc deux places à pourvoir : Lavigne a décidé de faire appel à Baptiste Masotti et Victor Crouin. Remplaçant avant le forfait de Marche, le double champion d'Europe junior va donc connaître sa première sélection, alors que Masotti faisait partie de l'équipe qui avait remporté le premier titre continental de son histoire il y a 3 ans. « Il y avait d'autres prétendants (NDLR : on pense notamment à Auguste Dussourd et Benjamin Aubert), et chacun avait des arguments, » précise Lavigne. « On a opté pour Baptiste et Victor, qui ont démontré dans le passé leur état d'esprit d'exemplaire au sein d'une équipe. » Leurs résultats parlent également pour eux : Masotti (80ème mondial) a récemment obtenu deux victoires contre des joueurs nettement mieux classés, alors que Crouin a intégré le top 100 mondial, à seulement 18 ans. « Après la désillusion du championnat du monde, c'est une bonne chose d'avoir deux nouveaux joueurs, » ajoute l'entraîneur national. « Leur jeunesse va amener un vent de fraîcheur, et ils ont très envie d'apporter leur pierre à l'édifice. »

Baptiste Masotti et Victor Crouin vont amener un vent de fraîcheur.” Renan Lavigne

Jeunesse mais aussi expérience : Lavigne pourra évidemment compter sur son leader Grégory Gaultier. Le French General n'a raté aucune des dix-sept finales France-Angleterre depuis l'an 2000 (NDLR : il était blessé lorsque les Bleus ont terminé troisièmes en 2007) ! Après une saison tronquée par les pépins physiques, il revient en forme au bon moment, à l'image de sa superbe demi-finale contre Ali Farag à El Gouna vendredi dernier. Cas de figure similaire pour Mathieu Castagnet, qui après dix-huit mois de galère est quasiment de retour à son meilleur niveau depuis quelques semaines. Vainqueur de Diego Elias (n°11 mondial) en Égypte, Lucas Serme multiplie les bons résultats depuis quelques mois. « Il a pris conscience de beaucoup de choses depuis le championnat du monde, » confie Lavigne. « Lucas a adopté une approche différente sur de nombreux aspects, notamment dans son travail au quotidien. »

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Flashback : en 2004, Nick Matthew avait affronté Renan Lavigne pour sa première finale au championnat d'Europe (Crédit photo : Fritz Borchert)

Effacer la déception de Marseille, mais aussi conserver la couronne acquise en 2017, tel sera le double objectif des Bleus en Pologne. « Le titre de 2015, qui était le premier, avait engendré d'énormes émotions, et c'était peut-être moins le cas l'an dernier en raison du scénario (NDLR : victoire de la France 3-0 et aucun match en 5 jeux). Mais j'avais dit aux joueurs qu'il ne fallait surtout pas bouder notre plaisir, car tous les titres ont la même valeur. » Avant de se projeter, il faudra franchir la phase de poule. L'Écosse étant privée de son habituel numéro 3 Douglas Kempsell, l'Espagne devrait être le principal écueil pour les Bleus. « Une équipe très solide et très homogène, » pour Lavigne, « dont les joueurs savent se transcender sous le maillot de la sélection. La rencontre contre le Danemark (mercredi midi) sera une bonne mise en route avant de les affronter dans l'après-midi. » Si tout se passe bien, les Tricolores devraient retrouver l'Allemagne en demi-finale, comme en 2016 et 2017. « C'est une formation moins homogène que l'Espagne, mais plus forte sur les postes 1 et 2 avec Rösner et Kandra. » Il sera ensuite temps de penser à une nouvelle finale face à l'Angleterre. Ce serait la dix-huitième des années 2000, mais celle-là aurait un goût particulier. « En effet, ça sera la dernière fois où il y aura Nick Matthew dans le camp d'en face.  Ça sera bizarre sans lui ... » confie Lavigne, qui avait perdu en finale contre l'Anglais en 2004. Neuf autres titres suivront pour celui que l'on surnomme The Wolf sur le circuit. « Si cette finale a lieu, on s'attend une nouvelle fois à un gros combat. Même si on est tenants du titre, on n'est pas favoris sur le papier : à part en numéro 1, leurs joueurs sont devant les nôtres au classement. De plus, les Anglais ne sont jamais aussi dangereux que lorsqu'ils sont revanchards, et je suis sûr que pour son dernier championnat d'Europe, Matthew fera absolument tout ce qu'il faut pour essayer de remporter le titre. »

VICTOR CROUIN : « LES  COMPÉTITIONS PAR ÉQUIPE, MES MEILLEURS SOUVENIRS »

Quelques heures après l'annonce de sa sélection, nous avons recueilli la réaction de Victor Crouin.

« Certes, la Fédération m'avait informé que j'étais remplaçant, mais dans ma tête le forfait d'un des autres joueurs n'était pas envisageable. Ça a été une déception, car j'espérais être sélectionné pour la première fois en senior. Mais les autres joueurs (qu'ils soient devant ou derrière moi au classement) avaient les mêmes aspirations, et j'ai donc accepté le choix du sélectionneur. Lorsque j'ai reçu le coup de téléphone du DTN, alors que j'étais sur le point de m'entraîner avec Cyrielle Peltier, je ne savais pas du tout quel était l'objet de son appel. Ça a été une surprise totale. Sur le coup j'ai ressenti une énorme joie, puis après réflexion j'ai pensé que j'allais devoir changer ma programmation pour les prochaines semaines. Mais ces problèmes logistiques ont été rapidement résolus, et je suis honoré et très fier de représenter mon pays chez les seniors. Je pense avoir démontré mes qualités de joueur d'équipe, que ce soit en sélection en jeunes ou en Interclubs. J'ai souvent dit que ces compétitions m'avaient procuré mes meilleurs souvenirs, et j'ai bien l'intention de vivre une autre belle expérience la semaine prochaine. Avec pourquoi pas à la clé un nouveau titre européen ? »

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Pilier des équipes de France jeunes depuis de nombreuses années, Victor Crouin va faire ses débuts chez les seniors (Crédit photo : WSF World Juniors) 

 

 

 

LES BLEUES AU PIED D'UNE MONTAGNE

 

Pour l'équipe de France féminine, la problématique sera à peu près la même que ces dernières années : dans un premier temps, tenter d'honorer son rang de tête de série n°2 en atteignant la finale, puis s'attaquer à la montagne Anglaise … Pour cela, les Bleues pourront évidemment compter sur leur leader Camille Serme : la numéro 6 mondiale n'a pas raté une compétition par équipe depuis ses débuts en équipe de France senior en 2006 (12 championnats d'Europe, 6 championnats du monde) ! Elle ne traverse pas sa meilleure période sur le circuit international (pas de titre depuis février 2017), mais son entraîneur Philippe Signoret estime « avoir vu des signes positifs à El Gouna. La marche était trop haute contre Nour El Sherbini en quart de finale, d'autant que c'était son premier match sur le court vitré avec des conditions très différentes. C'est l'inconvénient d'être sorti du top 4, et on a vu en Égypte que tous les joueurs qui découvraient ce court ont eu du mal à s'y adapter. Mais j'avais été très satisfait de son match précédent contre Victoria Lust, où Camille avait retrouvé son jeu d'attaquante. Elle arrive sur ce championnat d'Europe avec de la fraîcheur et de l'envie, mais sans pression. » Numéro 2 de l'équipe de France depuis de nombreuses années, Coline Aumard a connu une fin d'année 2017 compliquée, mais elle « redresse la tête, » selon Signoret. « Coline a franchi les qualifications lors des deux derniers tournois World Series en obtenant des victoires probantes. Notamment à El Gouna face à la Malaisienne Rachel Arnold. »

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Le match entre Camille Serme et Tesni Evans sera l'un des plus attendus des phases de poule (Crédit photo : Petteri Repo)

Même si la Belgique des sœurs Gilis ne sera pas à prendre à la légère, le Pays de Galles sera le principal adversaire des Bleues dans la poule B. L'an dernier, les Britanniques leur avaient mené la vie dure en demi-finale, Tesni Evans emmenant notamment Camille Serme en 5 jeux. Depuis, la numéro 1 Galloise a pris une autre dimension « Elle est numéro 12 mondiale, mais on peut la considérer comme une top 10 au vu de ses performances cette saison (NDLR : Evans a battu trois fois Laura Massaro), » explique l'entraîneur Tricolore. « Ce sera une adversaire redoutable pour Camille. Sur le papier, notre numéro 3 est supérieure, mais leur numéro 2 Deon Saffery (ancienne n°42 mondiale) est également à prendre très au sérieux. Elle fait partie de ces joueuses qui continuent à s'entraîner sérieusement même si elle n'évolue plus sur le circuit. » Cette rencontre sera très importante, car les Galloises semblent plus dangereuses que les adversaires des Bleues en demi-finale en cas de victoire (en théorie les Pays-Bas). Il sera ensuite temps de se projeter sur une éventuelle finale contre l'Angleterre, qui serait la cinquième consécutive. Avec deux défaites en cinq jeux, les Bleues avaient fait vaciller la forteresse (39 titres en 40 éditions !) en 2017, mais la donne est un peu différente : non seulement Alison Waters est en bien meilleure forme qu'il y a douze mois, mais leurs rivales continentales enregistrent aussi le retour de Laura Massaro. « À 34 ans, elle est toujours aussi fringante, » selon Signoret. « On ne va pas se mentir, elles ont quatre joueuses dans le top 15 mondial et les battre serait très compliqué. Le plan sera le même que d'habitude : Camille Serme devra gagner son match, et une autre de nos joueuses faire douter son adversaire voire la faire craquer pour réaliser l'exploit. »

On aura bientôt le matériel pour construire la meilleure équipe de France féminine de tous les temps.” Philippe Signoret

La nouveauté de cette année est l'absence de Laura Pomportes : celle qui avait joué un rôle prépondérant dans la médaille mondiale de la France en 2016 à Paris a pris sa retraite en juin dernier. « C'est bien sûr une perte. » indique Signoret. « Laura faisait partie de l'équipe depuis un bon moment. Elle lui a apporté beaucoup, et a gagné des matches importants. Mais il faut avancer. » Celui qui est également responsable du pôle France à Créteil se veut optimiste, car « pour la première fois depuis longtemps, on a deux numéros 3 qui partent sur un pied d'égalité tout en ayant des armes différentes. C'est une force. » Énora Villard fera sa première apparition chez les Bleues : la juste récompense d'une très belle saison, avec un premier titre sur le circuit, une 65ème place mondiale et une médaille de bronze au championnat de France. De son côté, Mélissa Alvès était remplaçante l'an dernier, mais sera amenée à jouer un rôle plus important la semaine prochaine. « Elle a été blessée jusqu'en janvier, mais est rapidement revenue à un bon niveau. Comme on a pu le constater récemment à Richmond, avec une victoire écrasante sur une joueuse du top 70, puis un bon match face à la championne du monde junior. Même si son classement ne le reflète pas, Mélissa a un niveau top 50 mondial. »

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Énora Villard (à droite, ici sur le podium du championnat de France en compagnie de Camille Serme et Coline Aumard) va découvrir l'équipe de France (Crédit photo : US Créteil Squash)

En toile de fond de ce championnat d'Europe, il y a également la préparation du championnat du monde, en septembre en Chine. La France y défendra sa troisième place acquise à Paris, mais Signoret ajoute que « l'ordre des têtes de série, établi uniquement en fonction du classement mondial, aura son importance, car on risque d'être derrière des équipes comme les États-Unis ou la Nouvelle-Zélande. » Celui qui est en poste depuis plus de 10 ans voit de toute façon plus loin. « Les trois joueuses qui avaient décidé de partir faire leurs études dans une université américaine vont revenir en France. Mélissa Alvès va même intégrer le pôle à la rentrée, et je crois que Marie Stéphan et Julia Le Coq vont également se lancer sur le circuit. Elles font partie d'une génération qui avait eu de bons résultats chez les juniors, et leur retour change complètement la donne. Une émulation va se créer, et je pense qu'on a le matériel pour construire la meilleure équipe de France féminine de tous les temps. »

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Comme ses anciennes coéquipières en équipe de France junior Marie Stéphan et Julia Le Coq, Mélissa Alvès sera de retour en France dans quelques mois (Crédit photo : Penn Athletics) 

 

CHAMPIONNAT D'EUROPE, MODE D'EMPLOI

La compétition se déroulera au club Hasta la Vista à Wroclaw (Pologne), le plus grand au monde (32 courts plus un vitré installé pour l'occasion).

Hommes

Poule A : [1] France, [4] Écosse, [5] Espagne, [8] Danemark

Poule B : [2] Angleterre, [3] Allemagne, [6] République Tchèque, [7] Pays de Galles 

Femmes

Poule A : [1] Angleterre, [4] Pays-Bas, [5] République Tchèque, [8] Suisse

Poule B : [2] France, [3] Pays de Galles, [6] Belgique, [7] Allemagne 

--- Programme complet sur Tournament Software

Les matches de poules se disputent mercredi et jeudi. Les deux premiers sont qualifiés pour les demi-finales (1er poule A-2ème poule B et 1er poule B-2ème poule A). Les demi-finales ont lieu vendredi et la finale samedi. Les équipes classées 7ème et 8ème sont reléguées en Division 2 (les 2 premiers de D2 accèdent en D1).

 

Les matches seront diffusés en streaming gratuit. Le lien sera disponible sur notre site mercredi. Vous pouvez également suivre la compétition sur les liens suivants.

 

European Team Championships 2018 (site officiel)

European Team Championships 2018 (page Facebook)

 

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Revivez les finales 2017

 

Historique (liste des lauréats, composition des équipes de France) 

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