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CHAMPIONNAT DE FRANCE 2ème SÉRIE : HATEAU DE PÈRE EN FILS, DEMANGE ENFIN ...

Événements 04/04

Prime à la jeunesse au championnat de France 2ème série à Chartres, où cinq des six médaillés avaient moins de 23 ans.

Noah Hateau a rejoint son père au palmarès de l'épreuve, alors que la lauréate féminine Charlotte Demange, a également été formée par Cédric Hateau à La Ciotat. Retour sur un beau week-end de squash.

Article de Jérôme Elhaik 

HATEAU, DE PÈRE EN FILS ... 

Les exemples de réussite familiale sont nombreux dans le monde du squash. Pour ne parler que des joueurs en activité, les plus connus sont les frères El Shorbagy, et le couple Nour El Tayeb – Ali Farag. Dans l'hexagone, on pense évidemment à Camille et Lucas Serme, qui à eux deux cumulent … 26 titres nationaux en individuels ! En devenant lundi après-midi champion de France 2ème série, Noah Hateau a rejoint au palmarès son père Cédric, et c'est la première fois que cela se produit dans une épreuve de cette envergure. Avant les -17 ans en mars 2017, le jeune joueur de Valence n'était jamais monté sur la plus haute marche d'un podium national. Le voici désormais détenteur de deux titres. « L'année dernière, j'avais explosé de joie, alors que là je ne réalise pas encore, évidemment en raison du scénario de la finale, » nous confiait-il après son succès. Incapable de défendre ses chances en raison d'une blessure à l'épaule (voir ci-dessous PAQUEMAR, LE PLONGEON DE TROP), Manuel Paquemar dut jeter l'éponge à l'issue du premier jeu. « J'ai été surpris car je ne savais pas vraiment qu'il avait un problème physique. La joie est forcément atténuée car même s'il y a la victoire au bout, il a manqué le combat, » affirme celui qui visait « un quart de finale, » avant la compétition.

"Il a manqué le combat."

On ne le savait pas encore, mais pour Noah Hateau, tout s'était donc joué lors d'une journée de dimanche placée sous le signe de la jeunesse dans le tableau masculin. « Pour une fois, j'ai utilisé mon cerveau, » rigole-t-il. En quart de finale, il remonte un handicap de deux jeux contre Valentin Alberti, avant de sauver deux balles de match en demi-finale contre Romain Bastian (victoire 14-12 au cinquième jeu !). « C'est un plaisir de voir Noah être capable d'être concentré sur son objectif pendant la totalité d'un match, et même plusieurs, » indique son père, « alors que dans le passé il lui est arrivé de se prendre les pieds dans le tapis (sic). » Cédric Hateau avait plus de 30 ans lors de son premier titre à Saint-Étienne (également obtenu sous les couleurs de Valence), et Noah a donc pris un peu d'avance. Afin de continuer à progresser, il devra sans doute augmenter son volume d'entraînement, puisqu'il indique « ne faire qu'une séance par semaine » depuis qu'il ne fait plus partie du pôle Espoirs. Sur le podium, Hateau a donné rendez-vous pour l'année prochaine. On lui souhaite plutôt de passer première série, et de ne pas pouvoir défendre son titre en 2019 ... 

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Douze ans après son père Cédric, Noah Hateau a remporté le championnat de France 2ème série (Crédit photo : Serge Parbaud)

 

PAQUEMAR, LE PLONGEON DE TROP

Le championnat de France 2ème série était l'un des objectifs de sa saison … C'est donc la mort dans l'âme que Manuel Paquemar dut se résoudre à serrer la main de son adversaire, à l'issue du premier jeu de la finale. « Je suis effectivement déçu d'avoir abandonné, » racontait-il quelques heures plus tard. «  Mais je réalise depuis quelques semaines que ça fait malheureusement partie du sport. Je n'ai pas su tirer les enseignements des erreurs passées, en faisant de nouveau un stupide plongeon qui m'a coûté une épaule. » Lors de sa demi-finale face à Romain Bouger, le joueur de Lorient avait remonté un handicap de deux jeux, avant un cinquième jeu de folie. « J'ai voulu protéger ma hanche gauche, dont je souffre depuis quelques temps, et à 12-12 j'ai plongé et je suis retombé sur mon épaule droite. Je ne sais pas encore ce que j'ai, mais je vais continuer à aller chez mon kiné, comme depuis 1 mois... J'ai passé une très mauvaise nuit avant la finale, je savais je ne pourrais pas défendre complètement mes chances et ça s'est confirmé à l'échauffement : j'avais très mal, surtout en revers. » 

"Cap sur le championnat d'Europe -17 ans."

Malgré la déception (c'est sa deuxième finale perdue en 15 jours, après le championnat de France -17 ans), Manu garde son sens de l'humour, indiquant qu'à partir de maintenant il allait tenter « d'être plus solide sur (ses) jambes pour ne pas avoir à plonger autant ! » Avant de clôturer une excellente saison, son dernier gros objectif sera le championnat d'Europe dans sa catégorie d'âge. Si les Anglais semblent quasi-intouchables, la France et Paquemar, qui confie que « défendre les couleurs de son pays est quelque chose de grand, » vont tenter d'imiter leurs aînés : dimanche dernier, les -19 ans sont repartis de Pologne avec une magnifique médaille d'argent.

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Malgré son abandon en finale, Manuel Paquemar avait le sourire sur le podium (Crédit photo : Anthony Henriques)

 

LA JEUNESSE A-T-ELLE PRIS LE POUVOIR ? 

On l'avait annoncé dans notre présentation du tournoi : cette année, le tableau masculin était plus ouvert que jamais. Si bien que certains sont repartis de Chartres avec des regrets lundi après-midi. « C'était l'année ou jamais, » était une phrase qui revenait souvent au fil des discussions. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder le score des quarts et demi-finales : cinq de ces six matches ont été au bout des cinq jeux ! Ce sont les jeunes qui ont tiré leur épingle du jeu, avec notamment la victoire des « Romains » : Bouger sur Théo Parent, alors qu'il était mené 2 jeux à 0, et Bastian sur un Hugo Gallet qui a fait excellente impression en Eure-et-Loir. Un dernier carré composé uniquement de moins de 19 ans, c'est sans doute une première et ils ont offert au public un spectacle exceptionnel en demi-finale. Faut-il pour autant en tirer des conclusions hâtives, type La jeunesse au pouvoir ? Sans doute pas, car même si les absents ont toujours tort, certains auraient pu prétendre à la victoire (voir notre présentation de vendredi). Mais surtout, on avait entendu l'inverse en janvier, après les qualifications au championnat de France 1ère série, dominées par les joueurs expérimentés. La vérité est sans doute quelque part entre les deux. Conclusion ? Bravo les jeunes, maintenant à vous de confirmer ces performances ... 

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La bataille des "Romains" est revenue au Nancéen Bouger dans le match pour la troisième place (Crédit photo : Anthony Henriques)

 

DEMANGE LE VOULAIT VRAIMENT

Souvent placée, jamais gagnante, vous disait-on dans notre présentation vendredi. Au cours de sa carrière en jeunes, Charlotte Demange avait disputé plusieurs demi-finales en championnat de France, et même la finale du 2ème série il y a deux ans (perdue face à Chloé Mourier). Arrivée l'an dernier avec l'étiquette de favorite, elle s'était inclinée en 1/8è de finale (11-9 au cinquième jeu) face à la future lauréate Élodie Ducos (qui s'était gravement blessée peu après et qu'on a hâte de revoir sur les courts). Même si Demange n'a pas fêté sa victoire face à Laetitia Voisin de manière très démonstrative, la joie se lisait sur son visage quelques secondes plus tard, alors que ses supporters – qui l'avaient encouragée pendant tout le match à coups de « Allez Charly » - venaient la féliciter. « C'est un titre qui me tenait à cœur. Ce championnat, je le dispute depuis que j'ai 15 ans. J'y avais tout fait (NDLR : quart en 2011, finale en 2016 et huitième en 2017), et j'ai enfin fini par le gagner (rires).  Concernant la finale, je savais que Laetitia serait une adversaire redoutable. Ça faisait très longtemps qu'on ne s'était affrontées, mais je l'avais observée pendant le tournoi et elle avait montré sa supériorité sur ses adversaires. C'est une joueuse qui met beaucoup de rythme. » Le match fût d'ailleurs une belle opposition de styles. « Mais après la perte du premier jeu, j'ai réussi à trouver des solutions et imposer mon jeu, » indique la joueuse de La Rochelle, qui s'est prise au jeu pendant le week-end. « Je ne suis plus à fond dans le squash comme par le passé, mon objectif est avant tout de me faire plaisir. Mais quand les autres filles donnent le maximum, et que l'ambiance est super, ça motive. De plus, je pense que j'ai un avantage par rapport à elles : j'ai appris à gérer la pression au cours de ma carrière en jeunes. »

"C'est un titre qui me tenait à cœur."

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Charlotte Demange (en mauve) et Laetitia Voisin se sont livrés une belle bataille en finale, dont la Rochelaise est sortie vainqueur (Crédit photo : Anthony Henriques)

Cette expérience a été acquise au gré de nombreux championnats de France et tournois européens, disputés pendant ses années en pôle. « Avant cela, j'avais été formée par Cédric Hateau à La Ciotat. Et oui, comme Noah ! C'est lui qui m'a enseigné la technique et la tactique, puis en pôle (1 an au Mans avec Benoît Letourneau, 3 ans à Chatenay-Malabry avec Yann Menegaux), j'ai gagné en confiance et en autonomie. » Quand on lui demande si elle a envisagé d'embrasser une carrière de joueuse professionnelle, la réponse fuse. « Évidemment, mais je pense que tous les jeunes en pôle y pensent ! Mais j'ai ouvert les yeux, sur mon jeu et les choses que je devais acquérir, et je me suis rendue compte que ce n'était pas pour moi, » admet-elle avec lucidité. La transition peut parfois être difficile, mais pas pour Charlotte. « Je dois dire que Yann m'a beaucoup guidé, il m'a poussé à m'intéresser à d'autres aspects du sport, notamment la transmission. » Titulaire du Certificat de Qualification Professionnelle depuis 2015, Demange se voit bien « donner des cours dans un petit club, une fois mon BTS Comptabilité en poche. Avec les études, j'ai clairement été freinée dans mon squash (sic). Je sens que je manque de physique, mais si je peux m'entraîner régulièrement, j'ai bien l'intention de revenir, » confie-t-elle, un brin évasive. En attendant, son avenir immédiat passera par Bourges (son ancien club) samedi, pour la dernière journée de Nationale 1 : Demange et La Rochelle devront y valider leur maintien, afin de repartir pour une saison dans l'élite. 

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Après plusieurs places d'honneur en championnat de France, Charlotte Demange est enfin montée sur la plus haute marche du podium (Crédit photo : Anthony Henriques)

 

POUR CUERS, IL N'A MANQUÉ QUE LE TITRE

Pas de deuxième titre national individuel pour Cuers, après celui de Mylène de Muylder en +35 ans en 2009, mais le club provençal aurait sans doute signé pour repartir de Chartres avec deux médailles. Après la troisième place de Mahé Asensi (également vice-championne de France -15 ans), Laetitia Voisin a - comme sa jeune coéquipière la veille - du rendre les armes face à Charlotte Demange, malgré le gain du premier jeu. « À chaud, je suis évidemment déçue. Mais j'ai fait trop de fautes, et elle a mieux joué que moi. Néanmoins, je suis très contente de mon parcours. J'ai eu l'occasion d'affronter des joueuses que je ne connaissais pas, et j'ai eu de bonnes sensations sur le court, » indique celle qui a commencé sur le tard, à 26 ans. « D'abord à Toulon, et désormais à Cuers ou je suis entraînée par Mylène. » L'ancienne joueuse de l'équipe de France, qui est également championne du monde en +50 ans, était d'ailleurs à Chartres pour encadrer ses deux élèves. Avec elles, mais aussi Maud Duplomb et Elvira Bedjai, le club devrait valider, sauf tremblement de terre, sa montée en Nationale 1 dans quelques semaines. « J'ai également des objectifs à titre individuel, » ajoute Voisin. « C'était ma première finale en championnat de France, et je vais continuer à viser des podiums sur ce genre de tournoi. Notamment en +35 ans, au mois de mai, où ce sera ma première participation. » Pour cela, elle s'entraîne « entre 3 et 4 fois par semaine, avec des séances physiques, des gammes, et du jeu. C'est évidemment important, mais je pense que ce qui fait la différence, c'est la compétition, et prendre du rythme en enchaînant les tournois. Je le sais d'autant mieux que j'ai été blessée pendant un an. » C'était en 2016, alors qu'elle venait d'atteindre son meilleur rang dans la hiérarchie nationale (38ème française). Grâce à ses bons résultats depuis janvier, elle ne devrait pas en être loin au prochain classement …

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L'équipe de Cuers (de gauche à droite, Laetitia Voisin, Mahé Asensi, Mylène de Muylder et Elvira Bedjai) devrait faire partie de l'élite la saison prochaine (Crédit photo : Elvira Bedjai)

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