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RETOUR SUR LE CHAMPIONNAT DE FRANCE -13/-17 ANS

Événements 21/03

Le championnat de France -13/-17 ans, qui avait lieu le week-end dernier au SquashBad33 à Gradignan, a globalement été conforme à la logique.

À l'image d'un Toufik Mekhalfi impressionnant de solidité en -17 ans, ou de Rose Lucas-Marcuzzo, qui a confirmé le titre acquis en -11 ans il y a deux ans. Belle moisson pour l'Île-de-France qui remporte deux médailles d'or : si celle de Melvil Scianimanico (-13) était attendue, Cléo Jahard a créé la surprise en faisant chuter la tenante du titre Yuna Loaec en -17 ans. Alors que la plupart de ces jeunes vont maintenant se tourner vers leurs échéances internationales, voici un retour sur la compétition en compagnie de certains acteurs.

Article de Jérôme Elhaik 

MOINS DE 13 ANS : SCIANIMANICO PREMIÈRE, LUCAS-MARCUZZO CONFIRME 

Chez les garçons, le tirage au sort avait placé Melvil Scianimanico et Axel Diet dans la même partie de tableau : les deux joueurs se sont donc retrouvés en demi-finale. Malgré la perte de la première manche au tie-break, le premier cité, pensionnaire du club de Saint-Cloud, s'est imposé en quatre jeux, s'offrant ainsi la finale attendue contre Antonin Romieu. Double champion de France -11 ans et tenant du titre de la catégorie, le Corse – éloigné quelques temps des courts cet hiver à cause d'une blessure - n'était pas néanmoins favori : les résultats de la saison donnaient plutôt cette étiquette à Scianimanico (vainqueur de l'Open de Suisse et finaliste à l'Open de France), par ailleurs plus âgé que ses deux rivaux. Cette tendance s'est confirmée en début du match, dominé par le Parisien (11-6, 11-3), mais avec sa combativité habituelle, Romieu s'est procuré plusieurs occasions de revenir à 2-1. En vain, Melvil Scianimanico pouvait célébrer son premier titre de champion de France. « 12 ans, c'est un âge auquel gérer le statut de favori n'est pas facile, surtout lorsqu’on n'y est pas habitué, » dixit son entraîneur Lucas Vauzelle. « Mais Melvil a su faire preuve d'un sang froid à toute épreuve. C'est une victoire méritée, mais on n'espère qu'il ne s’arrêtera pas là. » Grâce à son succès sur Tyago Joneau lors de la petite finale, Axel Diet décroche une quatrième médaille en championnat de France (une d'argent, trois de bronze). Âge de seulement 11 ans, le Royannais s'annonce comme le favori de la prochaine édition, même si les choses peuvent changer en un an …

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Deux ans après leur finale en -11 ans, Antonin Romieu (en bleu sur les deux photos) et Melvil Scianimanico se sont retrouvés à Bordeaux, et ce dernier a eu sa revanche (Crédits photo : Emmanuelle Boyer / Jean-Louis Guidoni)

Sur sa forme du moment, la Nîmoise Daphné Mourier pouvait légitimement prétendre à une place en finale du tableau féminin. Seulement voilà, le tirage au sort l'a placé sur la route de la favorite Rose Lucas-Marcuzzo. Apparemment inhibée par l'enjeu, Mourier n'est pas parvenu à inquiéter la Niortaise. Qui retrouvait ensuite Inès Guyot, auteur d'un beau parcours pour arriver en finale (vainqueur de Lilou Brevard et Julie Riehl). Malgré une très belle résistance, la joueuse du Squash 95 doit s'incliner en quatre jeux disputés (11-7, 6-11, 13-11, 11-9), comme à l'Open de France il y a quelques semaines. « Rose était un peu stressée, et avait moins de jambes, » confie son père Jean-Jacques Lucas au Courrier de l'Ouest. « Mais elle a fait ce qu'il fallait, et confirme le titre décroché en -11 ans il y a deux ans. » Avec cette victoire, Lucas-Marcuzzo – qui est entraînée par Stéphane Brevard et Benoît Letourneau - efface la « désillusion » de l'an dernier, puisqu'elle avait échoué au pied du podium en -13. Son prochain objectif est désormais de traduire ces résultats sur la scène européenne. Elle en aura l'occasion dans quelques jours, ayant été sélectionnée pour le tournoi des 5 Nations, pour la deuxième année consécutive. Tout comme Melvil Scianimanico, Antonin Romieu et Axel Diet, alors que Tyago Joneau, Daphné Mourier et Inès Guyot feront leurs débuts sous le maillot bleu. Les entraîneurs nationaux se sont donc appuyés sur la hiérarchie confirmée par les résultats du championnat de France pour composer l'équipe -13 ans.

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Inés Guyot, Rose Lucas-Marcuzzo et Daphné Mourier (de gauche à droite) vont se retrouver en sélection dans quelques jours (Crédit photo : Niort Squash Club)

 

JAHARD CRÉE LA SURPRISE

Il ne faut certes pas accorder trop d'importance aux statistiques - qui sont faites pour être démenties - mais en voici une : avant dimanche dernier, Yuna Loaec n'avait jamais perdu un match en championnat de France dans sa deuxième année d'une catégorie d'âge. Ajouté au fait qu'elle était tenante du titre, cela montre l'ampleur de la performance réalisée dimanche après-midi par Cléo Jahard. « Et pourtant je n'avais pas très bien joué auparavant,  notamment en demi, » raconte la joueuse de Vincennes, « alors que Yuna n'avait laissé aucune chance à Ninon (Lemarchand). Tout le monde, moi y compris, pensait que la finale allait être à sens unique. Dès le début, elle a joué très vite et a attaqué très tôt : dans le premier jeu, j’étais totalement dépassée, je n’arrivais pas à tenir la balle au fond du court. Mon entraîneur (Malcolm Tullis) m'a dit que la première chose à faire était de ne pas lui donner d’ouvertures. Je me suis donc efforcé de jouer près des murs le plus possible, et ça m'a permis de gagner les deux jeux suivants. Dans le quatrième, je sauve plusieurs balles de jeu, j’ai même une balle de match, mais elle n'a vraiment rien lâché et est revenue à 2-2. C'était vraiment très accroché dans le cinquième, il y avait beaucoup de tension. Mais je suis parvenue à rester très calme, car je savais ce que j'avais à faire. » En gagnant le jeu décisif 11-8, Jahard décroche son deuxième titre de championne de France (après les -15 en 2016-2017), mais celui-là a une signification particulière pour elle. « Mon père et mon chéri étaient venus pour me soutenir, ça rend la victoire encore plus belle. Je n'oublie pas la ''team'' Île-de-France, ils n'ont cessé de crier pendant la finale et ça m'a beaucoup aidé ! D'autre part, je reviens de blessure (NDLR : une fracture de fatigue, voir la présentation de la compétition), et je craignais d'avoir pris du retard par rapport aux autres filles. Mais ça ne m'a pas enlevé de pression car le titre restait mon objectif, et je m’en serais énormément voulu si je ne l’avais pas atteint. Cette finale contre Yuna a été vraiment difficile physiquement. Mais j'ai puisé dans mes ressources, et c'est plaisant de voir que j'ai déjà retrouvé mon niveau d'avant ma blessure. Je n'ai plus aucune douleur, mais il va quand même me falloir quelques séances supplémentaires pour retrouver l'intégralité de mes capacités physiques. » À raison de deux par jour, en compagnie de son entraîneur dans son club de Vincennes, alors qu'elle effectue sa scolarité à l'INSEP, avec des horaires aménagés. À peine le temps de savourer ce titre, Jahard va se tourner vers d'autres objectifs : le championnat de France Élite (« qui me servira surtout à engranger de l'expérience »), et sans doute le championnat d'Europe -17 ans : « Faire partie de la sélection était l'un de mes principaux objectifs de la saison, et je serais fière de représenter la France ! »

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Cléo Jahard a été au bout d'elle-même, pour détrôner Yuna Loaec et remporter un deuxième titre de championne de France (Crédit photo : Nicolas Barbeau)

Sur le podium, Cléo Jahard était entourée de deux joueuses du pôle espoirs d'Aix-en-Provence. Même si elles ont laissé filer l'or, leur entraîneur Yann Menegaux estime que le bilan est « très positif, avec quatre médailles pour quatre joueurs engagés (voir ci-dessous pour les garçons). » « Pour Yuna, l'argent représente une petite déception, » ajoute-t-il, « mais son attitude et son investissement quotidiens lui permettront d'éviter de reproduire ce genre de match. Elle a été dominatrice tout le week-end, jusqu’au premier jeu de la finale : très présente à la volée et très agressive à l’avant lorsqu'elle avait l’ouverture. Mais Cléo a su la faire déjouer en levant la balle et en commettant très peur d’erreurs en défense. Yuna a eu du mal a changer de tactique, à accepter de moins volleyer et à tenir l'échange afin de pousser son adversaire à lui donner des ouvertures. Mais elle a été capable d'analyser les raisons de sa défaite, et saura tirer les leçons de ses erreurs.» « Je suis déçue de perdre mon titre, » disait Loaec avec quelques heures de recul, « mais ça me donne encore plus envie de retourner sur la plus haute marche. » Pour la joueuse de Lanester, cap maintenant sur le championnat d'Europe -19  ans (qui commence samedi en Pologne). Une épreuve que Ninon Lemarchand a encore largement le temps de découvrir. La championne de France -15 ans a fait un « bon tournoi. » selon Menegaux. « On redoutait le quart contre Kara Lincou, qui l'avait bousculée en -15, mais Ninon a été à la fois solide en fond de court et agressive à la volée. Ensuite, le tirage au sort l'a malheureusement opposée à Yuna, qui a été plus forte. Mais elle a su aller chercher cette troisième place en battant Cléo Meyneng 3-0, grâce une nouvelle fois à sa solidité en fond de court. » 

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Même si Yuna Loaec visait l'or, le pôle espoirs d'Aix-en-Provence a tout de même placé deux filles sur le podium en -17 ans (Crédit photo : Frédéric Jahard)

 

MEKHALFI EN PATRON

Largement favori au vu de sa progression récente, Toufik Mekhalfi a tenu son rang, sur les courts de son club de Gradignan. Impressionnant d'un bout à l'autre du tournoi, le pensionnaire du pôle espoirs d'Aix-en-Provence a remporté son quatrième titre de champion de France, le tout sans perdre un jeu. « Je suis content du jeu que j’ai produit, » nous a-t-il confié, « car j’ai su garder une certaine rigueur pour rester concentré du début à la fin du tournoi. » « Même si ses adversaires sont parfois parvenus à le gêner tactiquement, » ajoute Menegaux, « il a trouvé à chaque fois les ressources mentales pour ne pas lâcher un jeu et serrer les échanges quand il le fallait. En finale, face à son grand rival et ami Manuel Paquemar, il a mis beaucoup de rythme et a trouvé les bonnes zones afin de mettre son adversaire loin de la balle, même si ce dernier avait laissé des plumes lors de ses matches précédents. » Vainqueur en cinq jeux d'Antoine Riehl et de Mattéo Cremoux, le Lorientais confirme qu'il est arrivé en finale « un peu fatigué, mais Toufik m'a dominé dans tous les compartiments du jeu. Il était beaucoup plus fort dimanche, bravo à lui. Je suis tout de même content de cette médaille d'argent, surtout que je n'avais pas pu m'entraîner depuis trois semaines. J'en profite pour remercier mon kiné Nicolas Montreuil, sans lequel je n'aurais certainement pas pu participer ! Maintenant, retour à l'entraînement pour préparer le championnat de France 2ème série. » De son côté, Mekhalfi va mettre le cap sur la Pologne pour son premier championnat d'Europe -19. « Ca va être difficile, » indique celui qui a été sélectionné pour les épreuves individuelle et par équipe, à seulement 16 ans, « mais je ne mets pas de pression, j'ai tout à gagner (rires). » Une étape de plus pour un joueur qui confie « envisager une carrière professionnelle. Le fait d'être maintenant à Aix n'est pas un gros changement (NDLR : il était auparavant à Chatenay-Malabry), mais ça peut être un plus étant donné qu'il y a le pôle France au même endroit. Mais de toute façon, il me reste énormément de travail pour arriver au plus haut niveau. »

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Sur la droite lignée de sa saison 2017-2018, Toufik Mekhalfi a été impressionnant à Bordeaux (Crédit photo : Christian Lortat)

Comme chez les filles, le pôle espoirs est reparti avec deux médailles. Âgé seulement de 15 ans, le Marseillais Paul Gonzalez a confirmé les promesses affichées ces dernières semaines en décrochant le bronze. « Il a été à la fois solide mentalement, et rigoureux tactiquement, » affirme Menegaux. « Paul a sorti un gros match face au redoutable Joshua Jacques Phinera : même mené 2-0, il a su rester patient et user son adversaire. En demi-finale, il a été dominé par le rythme et la qualité de balle de Toufik, mais il s'est remobilisé pour aller chercher le podium, grâce à un match maîtrisé face à Léo Blin. Je suis content pour lui car c'est la récompense de son travail et son investissement. » Auréolé de cette première médaille en championnat de France, Gonzalez s'affirme comme l'un des principaux prétendants au titre pour l'édition 2019. Mais aussi, et à plus court terme, pour la sélection au championnat d'Europe -17, qui devrait être bientôt dévoilée. 

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Manuel Paquemar, Toufik Mekhalfi et Paul Gonzalez seront peut-être les joueurs sélectionnés pour le championnat d'Europe -17, mi-mai en Suède (Crédit photo : Top Form Squash & Fitness)

  

Revue de presse

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