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PAROLES DE QUALIFIÉ(E)S

Événements 16/01

Les qualifications au championnat de France Élite avaient lieu le week-end dernier à La Rochelle. Si les anciens pros ont fait parler leur expérience, on aura néanmoins deux invités surprises en avril à Montpellier.

Retour sur ce superbe week-end en compagnie des qualifiés.

Article de Jérôme Elhaïk

Photos Nicolas Barbeau 

LES FAVORIS AU RENDEZ-VOUS

Le contingent des qualifié(e)s est composé majoritairement d'anciens membres du circuit professionnel, qui ont fait parler leur expérience lors des matches décisifs.

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On a retrouvé de nombreux anciens professionnels sur le podium à La Rochelle

À l'image de Faustine Gilles : depuis l'arrêt de sa carrière professionnelle en 2012 - en raison de blessures mais aussi de ses études de kiné - ses apparitions sur les courts étaient plus qu'épisodiques, mais la dernière (en Corse l'été dernier) avait été suffisamment convaincante pour en faire une favorite. Un rang qu'elle a tenu, notamment en inversant le cours du match en quart de finale contre la jeune Yuna Loaec, dominant nettement les deux derniers jeux après avoir été menée 2-1. « Un jour, tu fais un pari. Puis, tu te rends compte que ce pari est synonyme de nouvelles ambitions, de nouvelles envies, » indique-t-elle dans un émouvant message publié sur sa page Facebook. « Alors, j’ai foncé, j’ai pris du plaisir à croire que, jour après jour, ce pari allait pouvoir être réalisable. Je me suis retrouvée plongée dans un monde qui m’appartient depuis toujours mais qui pour autant m’apporte toujours son lot de surprises. […] Je savais que ça allait être dur et que le sport réserve en permanence des incertitudes. Les matches ont été disputés, dans le respect de l’adversaire. […]. Merci aux autres filles d'avoir donné ce qu'elles avaient dans le ventre, et de se donner au quotidien dans ce sport qui mérite votre transpiration. Merci aux petites jeunes de croire en leur rêve d’être un jour championne de squash, ça vaut le coup de s'accrocher. Croyez moi, ce sport vous donnera ce que vous chercherez dans votre vie. […] Les émotions sont juste incroyables, et pour rien au monde je n'aurais raté ce que j’ai vécu durant ce week-end. […] Voilà j’en suis là : j’ai gagné mon pari. » À 27 ans, celle qui est depuis deux saisons sociétaire du club de l'Hermine à Rennes disputera son septième championnat de France, et le premier depuis 2012. On ne serait pas étonné que certaines joueuses parmi les 8 meilleures françaises préféreraient l'éviter au premier tour … 

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Faustine Gilles a réussi son pari à La Rochelle

Après avoir assuré la qualif, Gilles a ensuite battu Fanny Segers en demi-finale, puis Soraya Renai dans une finale qu'elle a qualifiée de old school. La première nommée disputera son premier championnat de France après deux rendez-vous manqués en 2016 et 2017. « Après plus d’un mois de blessure, la reprise de la compétition a été dure, » nous a confié la vice-championne de France junior, « notamment en quart de finale contre Florence Fournier, j’ai dû batailler pour gagner ce match (NDLR : à l'instar de Gilles contre Loaec, elle a dominé les deux derniers jeux après avoir été menée 2-1). » Pour Renai, ancienne numéro 4 française et membre de l'équipe nationale, c'est en revanche presque la routine : elle franchit pour la septième fois la phase qualificative, en autant de participations.

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Véritable spécialiste de l'épreuve, Antoine-Camille Petrucci a remporté les qualifications pour la quatrième fois

Comme Renai, Antoine-Camille Petrucci est une véritable spécialiste des qualifications. C'est la sixième fois consécutive que le Corse monte dans le bon wagon, et même sa quatrième victoire ! « Me qualifier pour le championnat de France Élite (NDLR : qui aura lieu au 5R de Montpellier, le club pour lequel il joue en Interclubs depuis septembre) est mon objectif et je suis donc très content d'y parvenir à nouveau, » nous a-t-il confié, tout en étant lucide quant à une possible présence en quarts de finale. « Je n'ai jamais eu le niveau pour passer le premier tour. J'aimerais bien le faire cette année, mais les 8 premiers au classement sont meilleurs que moi, donc il me faudrait beaucoup de chance (rires). » Après s'être sorti sans encombre d'un quart de finale difficile contre Jérôme Dadot, Petrucci a battu les deux autres favoris, qui l'accompagneront dans l'Hérault : Yann Perrin et Arthur Moineau, qui ont repoussé les assauts de deux jeunes aux dents longues lors du match décisif. Si Perrin a dominé aisément Edwin Clain, pourtant en grande forme (« J'ai fait un excellent match, notamment tactiquement, » voir l'entretien PERRIN PROLONGE SON BAIL ci-dessous), Moineau a dû s'employer pour venir à bout de Toufik Mekhalfi en cinq jeux très disputés. « Après avoir appris que j'avais une arthrose de la hanche (NDLR : fin 2016), j’ai totalement arrêté de m’entraîner. » indique celui qui est revenu à Brest depuis quelques mois, dans l'optique de reprendre le club créé par son père il y a 34 ans. « Je n'ai pas beaucoup touché la raquette depuis, si ce n'est pour les matches par équipes ou pour donner des leçons. Ce problème ne sera jamais résolu sauf en cas d’opération ; j’ai appris à vivre avec et j'estime que je peux reprendre à condition d'avoir un entraînement adapté. Même si d'un autre côté j’aurais été déçu de ne pas faire le championnat de France, je suis très satisfait car je n’étais pas du tout préparé. Je vais maintenant me mettre en condition pour la phase en finale en avril, notamment avec l'aide d'un préparateur physique. »

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Malgré un manque de préparation, Arthur Moineau a su faire parler son expérience

 

LES INVITÉS SURPRISES

Même si leur profil est complètement différent, il y a un point commun entre les deux autres qualifiés : Cléo Jahard (15 ans) et Jocelyn Martin (37 ans) ont su profiter d'un tableau à leur portée pour réaliser l'exploit, se qualifier pour leur premier championnat de France. Ancien n°18 français, le Manceau s'était exilé en Guadeloupe depuis quelques années, où il était devenu un spécialiste du trail. Il a fait étalage de ses qualités physiques exceptionnelles pour sortir Rohan Mandil (n°16) au premier tour, puis le Rochelais Ludovic Barraud en quarts, après un véritable marathon : 11-13, 13-11, 8-11, 13-11, 13-11, en 1h20 ! Ce n'est certes pas la première fois qu'un joueur dit amateur se qualifie directement (pour les plus récents, on pense à Jean-Jacques Pineau et Jérôme Sérusier), mais la performance de Martin, qui n'avait pas participé à un tournoi de ce niveau depuis de nombreuses années, est exceptionnelle. Il nous a accordé un entretien passionnant, que vous retrouverez demain sur notre site.

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Deux profils différents, mais un même exploit pour Cléo Jahard et Jocelyn Martin

Disputer son premier championnat de France senior à 15 ans, ce n'est certes pas une première : il y a eu récemment Julie Rossignol et Élise Romba, et une certaine Camille Serme avait même terminé quatrième pour ses débuts à … 14 ans ! Mais c'est néanmoins l'exploit qu'a réalisé Cléo Jahard, championne de France -15 ans en 2016. « Je suis consciente que le tirage au sort a été en ma faveur, » raconte la joueuse de Vincennes où elle est entraînée par Malcolm Tullis. « Mais ça fait partie du jeu, et je suis allé chercher cette qualification. En 1/8è de finale, j'ai rencontré Ninon Lemarchand, une très bonne joueuse et qui a de plus en plus envie de me battre à chaque fois qu'on se joue … Mais ça fait longtemps qu’elle n'y est pas parvenu, notamment car je me prépare toujours bien tactiquement avec mon coach. Océane Michelot (son adversaire en quart de finale), je ne l’avais jamais battue mais ça faisait plus d'un an qu'on ne s'était pas affrontées. Malgré l’enjeu, on a sorti un gros match, qui fût difficile mentalement pour moi puisque je suis revenue après avoir été menée 2-0. C'était l'un de mes objectifs en début de saison, mais je n'arrive toujours pas à y croire : je vais me mesurer aux meilleures joueuses françaises pour la première fois ! Je vais maintenant bien préparer la compétition car le challenge sera tout autre … »

 

DANS L'ATTENTE

L'historique des championnats de France peut les inciter à l'optimisme. Pratiquement tous les ans, il y a un ou plusieurs désistements parmi les 12 joueurs et joueuses les mieux classés, surtout chez les hommes. Après sa défaite contre Petrucci en quart de finale, Jérôme Dadot s'est remobilisé pour aller chercher la cinquième place, comme il l'avait fait en 2016 et 2017. Ludovic Barraud (6ème), qui est passé à un point de la « qualif » contre Jocelyn Martin, peut également y croire. Ce sera plus difficile pour Edwin Clain (7ème) et Toufik Mekhalfi (8ème), mais à 18 et 15 ans, respectivement, ce n'est sans doute que partie remise. Chez les filles, Yuna Loaec (5ème) est en embuscade. Passée près d'un exploit contre Faustine Gilles, la jeune Bretonne a ensuite obtenu deux belles victoires contre Johanna Pigeat (6ème) et Florence Fournier (7ème). 

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Yuna Loaec a fait mieux que se défendre contre la future lauréate

 

PERRIN PROLONGE SON BAIL

À 32 ans, Yann Perrin disputera dans quelques semaines son seizième championnat de France consécutif. Une belle satisfaction pour l'entraîneur adjoint du pôle France d'Aix-en-Provence, d'autant qu'il avait connu un petit problème de santé en novembre. Réaction.

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Yann Perrin peut être satisfait : il sera une nouvelle fois de la partie au championnat de France Élite

16 à la suite

«  Oui, 16 participations de suite c'est un beau symbole de ma régularité. C'est un satisfaction sans aucune arrière pensée, ni envie de prouver quelque chose. C'est tout simplement un plaisir personnel de parvenir à évoluer à ce niveau sur quelques compétitions qui me tiennent à cœur : le championnat de France évidemment, les rencontres par équipes avec Mulhouse, ainsi que quelques tournois nationaux dans des clubs que j'apprécie. »

La compétition

« Même si c'était finalement plus de peur que de mal, le problème de santé que j'ai eu en novembre a été un électrochoc (NDLR : il a été victime d'un malaise après avoir disputé un match en Interclubs). Ma préparation pour les qualifications a été plus qu'écourtée, j'ai juste pris trois jours pour m'entraîner une semaine avant. Avant cela, je n'avais rien fait depuis le national de Montpellier mi-décembre, j'ai profité des fêtes pour passer du temps en famille. Disons que je faisais confiance à mes acquis … Je savais aussi que le tirage aurait son importance, et d'ailleurs je suis tombé sur des joueurs que j'aurais préféré éviter. Aurélien Gontero en 1/8è de finale, c'était tout sauf un match facile. Il l'a prouvé en terminant 9ème, et objectivement il avait le niveau pour finir un peu plus haut. C'est un joueur qui joue très vite et de manière agressive, et ce match m'a permis de me mettre dedans (sic). Ça explique en partie ma nette victoire en quarts contre Edwin Clain, un joueur qui a réalisé un excellent British Junior Open et dont je me méfiais. Mais je trouve que j'ai fait un excellent match, notamment tactiquement. Je l'ai pris à la gorge dès le début, en mettant du rythme et en prenant la balle très tôt. Le score dans les deuxième et troisième jeux ne reflète pas forcément la physionomie, mais à chaque fois il y a eu un gros rallye en milieu de jeu qui a fait la différence. »

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Yann Perrin (au deuxième plan) estime avoir livré un très bon match pour sortir le jeune Edwin Clain

Le championnat de France en avril

 « Concernant le championnat de France, je pense que je consacrerai les trois semaines précédant la compétition à ma préparation. Entre mon problème de santé et les fêtes, je n'ai pas pu beaucoup travailler ces dernières semaines, et mon club à Marseille a besoin de moi (NDLR : outre son poste au pôle, il donne des cours au Modern Squash). Par le passé, j'ai déjà essayer de faire les deux en même temps, et ça ne fonctionne pas. Je préfère donc me préparer sur une période plus courte mais de manière plus qualitative. Et il y aura les rencontres par équipes ainsi que quelques tournois nationaux pour retrouver du rythme. » 

Son avis sur un supposé manque de renouvellement

 « Je ne suis pas forcément d'accord. N'oublions pas qu'il n'y a pas si longtemps, des joueurs comme Victor Crouin, Benjamin Aubert ou Sébastien Bonmalais n'ont pas franchi les qualifications. Aujourd'hui, ils ne sont pas loin d'intégrer le top 100 mondial. Donc oui, peut-être qu'il y a petit creux générationnel, mais il faut laisser un peu de temps aux jeunes. La moyenne d'âge était quand même relativement basse à La Rochelle, et on a vu que certains comme Edwin ou Toufik Mekhalfi sont sur une bonne dynamique, ainsi que le petit Grasser (sic) que je ne connaissais pas. De plus, les anciens joueurs professionnels sur le podium ne sont pas si vieux que ça (27 ans pour Petrucci, 25 pour Moineau). En ce qui me concerne, ce sera ma seizième participation mais c'est parce que j'ai commencé très jeune (rires)... »

 

Retrouvez toutes les photos et les vidéos de Nicolas Barbeau (en cliquant sur les images)

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Suite de notre retour sur les qualifications demain : nous vous proposerons un portrait de Jocelyn Martin, qui à 37 ans participera à son premier championnat de France Élite.

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