Actualités F.F.SQUASH

Fédération Francaise de Squash

Actualités

CHAMPIONNAT DU MONDE PAR ÉQUIPE : QUATRE BLEUS RÊVENT D'OR

Équipe de france 10/11

On connaît désormais les quatre joueurs qui composeront l'équipe de France au championnat du monde à Marseille. Une sélection sans surprise, puisque Grégory Gaultier, Grégoire Marche, Mathieu Castagnet et Lucas Serme tenteront de décrocher le premier titre mondial de l'histoire des Bleus.

Décryptage, en compagnie de l'entraîneur national Renan Lavigne. 

Article de Jérôme Elhaïk (interview de Renan Lavigne réalisée par la Fédération Française de Squash)

Photo 0

Lucas Serme, Mathieu Castagnet, Grégory Gaultier et Grégoire Marche sont les quatre joueurs sélectionnés par l'entraîneur national Renan Lavigne pour le championnat du monde

Un peu d'histoire

La Fédération Française de Squash-Raquettes voit le jour en 1981, et l'équipe de France participe à ses premiers championnats du monde la même année, en Suède. Emmenés par le numéro 1 national de l'époque Clarence Clauss, les Bleus terminent dix-septièmes. Absents lors de l'édition suivante, ils finiront entre la 11ème et la 15ème place jusqu'en 1997 (avec des joueurs comme Elstob, Canot et Bonetat). L'arrivée de la génération Lavigne-Arcucci-Lincou, rapidement rejointe par le très jeune Grégory Gaultier (17 ans lors de ses débuts en 1999), marque un tournant pour l'équipe de France : cette année-là, ils franchissent pour la première fois la phase de poule avant de tomber logiquement contre l'Angleterre - doubles tenants du titre – en quart de finale et de terminer septièmes. Ce quatuor ne va pas bouger pendant de nombreuses années, et cette stabilité va payer : en 2003, les Tricolores renversent les Anglais en demi-finale, grâce aux victoires de Lincou (sur le numéro 1 mondial Peter Nicol), et de Gaultier sur Lee Beachill après un match bouillant. Ils sont battus en finale par l'Australie, mais s'installent dans le top 4, dont ils ont toujours fait partie depuis. Après deux médailles de bronze, l'équipe de France retourne en finale en 2009 (Julien Balbo a pris la suite d'Arcucci). Opposés à l'Égypte, qui possède trois des quatre meilleurs joueurs mondiaux, ils passent tout près de l'exploit. Dans le match décisif, Lincou s'incline 3-1 contre Shabana, alors qu'il menait 10-5 dans le quatrième jeu.

Photo 1

  La période 2003-2013 a été faste pour les Bleus au championnat du monde par équipe, avec cinq médailles (Crédits photo : Squash-u.Bild.net / SquashSite / Squashpics)

L'équipe est ensuite renouvelée à 50 %, avec les arrivées de Mathieu Castagnet (25 ans) et Grégoire Marche (21 ans), à la place de Lavigne et Balbo. Les Bleus livrent une demi-finale épique, encore face à l'Égypte, en 2011. Castagnet (56ème mondial) pousse Mohamed El Shorbagy (8ème) dans ses retranchements mais s'incline au cinquième jeu du match décisif. « L'une des soirées les plus folles de ma vie, et certainement la meilleure ambiance dans laquelle j'ai jamais joué. » C'est ainsi que Nick Matthew qualifie la demi-finale France – Angleterre en 2013 à Mulhouse (dans un entretien qui sera publié dans les prochains jours) : il bat Gaultier après un combat homérique de plus de deux heures, 11-9 au cinquième jeu. Sorti de sa retraite pour l'occasion, Thierry Lincou (qui dispute son dernier match pour les Bleus) n'est pas loin d'emmener James Willstrop dans un jeu décisif, mais s'incline 13-11 au quatrième à … 1h30 du matin ! Contrairement à deux ans plus tôt, les Français trouveront des ressources insoupçonnées pour battre l'Australie et décrocher le bronze, pour leur premier championnat du monde à domicile.

La sélection

L'annonce des quatre noms composant l'équipe de France ne comportait pas un énorme suspense. Même si plusieurs jeunes joueurs prometteurs ont remporté des tournois 5 000 $ sur le circuit ces derniers mois (Masotti, Dussourd, Bonmalais, Crouin, Aubert), l'écart avec leurs aînés demeure pour l'instant important. « Mon quatuor majeur possède une énorme expérience, qui est essentielle pour un événement de cette importance, » confie Renan Lavigne, ancien capitaine de l'équipe de France et qui en est l'entraîneur depuis novembre 2012. « Grégory Gaultier est en équipe de France depuis 1999 et va disputer l'épreuve pour la neuvième fois de suite, alors que ce sera le troisième pour Mathieu Castagnet et Grégoire Marche. Pour Lucas Serme, ce sera une première car l'édition 2015 avait été annulée. Mais il fait partie de la sélection depuis cinq ans, et a disputé des matches à gros enjeu pendant cette période. »

Photo 2

Lucas Serme porté en triomphe par son équipe lors du titre de champions d'Europe en 2015 (Crédit photo : Squashpics)

L'entraîneur national fait notamment référence au championnat d'Europe 2015 au Danemark. En remportant le deuxième jeu contre Chris Simpson, Serme avait permis aux Bleus de décrocher le premier titre continental de leur histoire. « Lucas a passé un cap, » ajoutait Gaultier il y a quelques mois. « De manière générale, le niveau des joueurs français se resserre. C'est une bonne chose car pour aller loin dans la compétition, on a besoin d'une équipe homogène. »

La préparation avant le jour J

Le championnat du monde par équipes s'inscrit dans un calendrier très chargé : les tournois s'enchaînent depuis début septembre, de l'Asie aux États-Unis en passant par le Qatar. Le tournoi World Series de Hong Kong débute dans quelques jours (même si certains, notamment les Anglais Matthew et Selby ont fait l'impasse), et après Marseille les joueurs se rendront à Manchester pour le championnat du monde individuels. « Mais toutes les équipes sont logées à la même enseigne, » estime Grégoire Marche, « L'important est que chacun se soit préparé de son côté pour arriver en forme. » « Il n'y aura pas eu de véritable préparation spécifique au cours des trois mois précédant la compétition, » ajoute Lavigne, «  car ça aurait été au détriment des objectifs individuels des joueurs sur le circuit international. En revanche, le championnat du monde par équipe a été pris en compte lors de la préparation estivale et de l'élaboration de la planification des entraînements des joueurs, afin que ces derniers arrivent au top fin novembre. Entre les tournois, il s'agit de récupération (suite aux efforts fournis en compétition et aux décalages horaires, notamment), de régénération, d'entretien et de quelques réglages technico-tactiques. L'objectif est d'arriver avec un effectif à 100 % pour les derniers jours de la compétition. Je suis sur le qui-vive en permanence en ce qui concerne la gestion des blessures, existantes ou potentielles. Mais il est évident que les entraîneurs des autres sélections sont dans le même cas que moi ...  

Photo 1

Mathieu Castagnet et Grégory Gaultier ont rassuré sur leur état physique lors du Qatar Classic il y a quelques jours (Crédits photo : Qatar Classic)

La bonne nouvelle pour l'équipe de France, c'est que les blessures semblent être de l'histoire ancienne pour Grégory Gaultier et Mathieu Castagnet. Après avoir raté plusieurs tournois en début de saison, ils arriveront à Marseille avec de la fraîcheur et certainement beaucoup d'envie. L'open de Hong Kong, qui débute dans quelques jours, seront un bon indicateur de leur forme actuelle.

Les ambitions des Bleus

Comme nous l'évoquions plus haut, l'équipe de France fait partie des toutes meilleures équipes du monde depuis le début des années 2000. Mais avec une génération qui arrive à maturité, les Bleus visent plus haut, eux qui avaient été très déçus de l'annulation de l'épreuve en 2015. « Inutile de faire de la langue de bois, » indique leur entraîneur.

Photo 4

De nouveau champions d'Europe cette année, les Tricolores visent le même statut, mais au niveau mondial (Crédit photo : Retteri Lepo)

« Nous sommes ambitieux et visons le titre mondial. Certains auront peut-être l'impression que je m'emballe, mais quand on a dans son équipe le numéro 1 mondial - Grégory Gaultier – on ne peut pas dire autre chose. D'autant plus qu'avec le même effectif, nous avons été champions d'Europe par équipe cette année, en battant en finale les Anglais, qui sont tout simplement champions du monde en titre. Grégory est épaulé par Grégoire Marche, encore plus redoutable lorsqu'il enfile le maillot de l'équipe de France, Mathieu Castagnet, qui il y a un an flirtait avec le top 5 mondial avant des blessures à répétition, et Lucas Serme, qui a prouvé qu'il avait un mental d'acier dans les matches à gros enjeu. »

La concurrence

Même s'il serait (très) étonnant de voir l'or échapper à l'un des favoris, le niveau sera très relevé à Marseille, où près d'une trentaine des membres du top 50 mondial seront présents. Lavigne est donc ambitieux mais lucide. « J'ai bien conscience que la concurrence est rude, et je le constate d'ailleurs tout au long de la saison sur le circuit international. Mais nous n'avons pas peur et nous nous concentrons avant tout sur nous-mêmes. Il peut encore se passer beaucoup de choses d'ici fin novembre, mais avec sept joueurs dans le top 10 mondial, l'Égypte fait bien évidemment figure de favori logique et d'épouvantail. Leur effectif, quel que soit les joueurs qui le composeront, sera monstrueux, et quasi-imbattable. Mais les rencontres ne se jouent pas à sept joueurs, et nous nous engouffrerons dans la moindre brèche si nous en avons la possibilité.

Photo 45

Finalistes il y a quatre ans à Mulhouse, l'Angleterre et l'Égypte seront une nouvelle fois les principaux rivaux des Français (Crédit photo : SquashSite)

Le tirage au sort et la configuration du tableau auront également leur importance. L'Angleterre, dont les joueurs sont encore plus expérimentés que les nôtres, répond toujours présent dans les compétitions par équipes et sera redoutable. Hong Kong, avec trois joueurs dans le top 30 mondial, sera très dangereux, ainsi que l'Australie. L'Allemagne ou encore la Nouvelle-Zélande ne seront pas non plus à négliger. »

L'importance du public

Depuis le lancement de la compétition il y a cinquante ans, le pays hôte a été sacré cinq fois. Renan Lavigne compte sur le soutien populaire pour faire la différence à Marseille. « Il y a quatre ans, le public du Palais des Sports de Mulhouse avait été fabuleux, notamment lors de cette demi-finale épique face à l'Angleterre. La rencontre s'était terminée dans le désarroi le vendredi à 1h30 du matin, mais ils sont restés. Le lendemain, il a fallu remettre le couvert à 11 heures pour aller chercher la troisième place, et au réveil, nous n'étions pas beaux à voir. Mais les joueurs s'étaient transcendés pour arracher la médaille de bronze, et le public y avait largement contribué.

Photo 6

Renan Lavigne espère que le public marseillais jouera le même rôle qu'à Mulhouse en 2013 (Crédit photo : SquashSite)

Je n'en attends pas moins à Marseille. Nous nous entraînons toute l'année à Aix-en-Provence, et serons donc chez nous, devant beaucoup de gens que nous connaissons bien. Le public aura un rôle prépondérant et nous nous servirons de son énergie positive. J'espère que les spectateurs vont se déplacer en nombre, et qu'il y aura de la ferveur, tout en respectant bien sûr les adversaires. Nous souhaitons faire rêver nos supporters, notamment tous ces gens qui nous suivent depuis toutes ces années dans notre petit milieu, et leur procurer des émotions. Le sport sert aussi à ça. Le squash français est une famille, et j'espère qu'elle sera réunie à Marseille pour y vivre une belle épopée. Une belle histoire. »

L'équipe

Résultat de la France au MWT 2013 : 3ème

Meilleur résultat de la France : finaliste en 2003 et 2009

les joueurs

GRÉGORY GAULTIER

Grégory Gaultier

Est-il nécessaire de présenter l'actuel numéro 1 mondial ? Grégory Gaultier, qui aura 35 ans le 23 décembre prochain, a soulevé tous les trophées majeurs au cours de sa carrière … sauf celui du championnat du monde par équipes, qu'il disputera pour la neuvième fois consécutive. Depuis sa première sélection chez les Bleus en 1999 (à 17 ans !), il n'a raté qu'une seule compétition par équipes, à cause d'une blessure. Membre du top 6 mondial sans interruption depuis novembre 2006, il connait la consécration en devenant champion du monde en 2015, après quatre finales perdues. Auteur d'un premier semestre 2017 stratosphérique (six tournois et vingt-sept matches gagnés d'affilée), le 'French General' a raté la majeure partie du début de saison en raison d'une blessure à la cheville. Demi-finaliste au Qatar dès sa rentrée il y a quelques jours, il sera évidemment l'atout majeur des Bleus à Marseille.

Grégory Gaultier : « Je garde un très bon souvenir de l'édition 2013 à Mulhouse, notamment de l'ambiance. J'espère que celle de cette année à Marseille sera une réussite à tous les niveaux, et évidemment que nous irons le plus loin possible. Jouer à la maison, c'est un plaisir supplémentaire car nous en avons rarement l'occasion. »

GRÉGOIRE MARCHE

Grégoire Marche

Sept ans après ses débuts, à seulement 20 ans, Grégoire Marche est désormais un membre incontournable de l'équipe de France. Pour la première fois, il abordera un championnat du monde en titulaire. Un statut qu'il assume depuis plusieurs années à l'échelle continentale, notamment cette année où il a apporté une contribution majeure au titre des Bleus. Vainqueur de sept tournois sur le circuit professionnel, le natif de Valence se rapproche de son objectif, le top 20 mondial. En début de saison, il a fait chavirer le public de Nantes en remportant l'open international pour la troisième fois de suite.

Grégoire Marche : « Ça donne envie revenir devant le public français pour le championnat du monde. Le contexte des rencontres par équipes est différent, et l'ambiance à Mulhouse en 2013 était absolument extraordinaire. De plus, la plupart d'entre nous s'entraîne au pôle France à Aix, on aura donc le soutien de nos familles et amis. La forme des uns et des autres sera un facteur déterminant. On a la chance de jouer cette compétition à domicile, avec une équipe qui a les moyens de remporter le titre, donc c'est l'objectif majeur de la saison. »

MATHIEU CASTAGNET

Mathieu Castagnet

Le public de Mulhouse a encore en tête son combat acharné contre Ryan Cuskelly dans la petite finale en 2013 : la victoire de Mathieu Castagnet après plus de deux heures de jeu avait contribué à la médaille de bronze des Bleus. Sur cette lancée, il va franchir les paliers les uns après les autres : plusieurs quarts de finale en World Series, et même une demi-finale au ToC, le propulsent dans le top 10 mondial. Et même à la sixième place, après le plus grand succès de sa carrière au Canary Wharf Classic en mars 2016. La suite fût moins rose, à cause d'une succession de blessures (adducteurs, mollet, appendicite) dont le numéro 3 français semble enfin sortir depuis quelques semaines. Une aubaine pour l'équipe de France, tant Castagnet est irréprochable depuis ses débuts chez les Bleus, où ses défaites se comptent sur les doigts de la main. Il a par exemple joué un rôle prépondérant dans les titres européens de 2015 et 2017, en battant Selby et Willstrop en finale.

Mathieu Castagnet : « Avoir l’opportunité de représenter son pays pour ce championnat du monde par équipe à Marseille est une chance incroyable. Notre seul et unique objectif sera de ramener la plus belle des médailles, et nous espèrerons être soutenus par notre public tout au long de la compétition. Cet événement va être un moment important dans ma carrière. »

LUCAS SERME

Lucas Serme

C'est le benjamin de l'équipe. Mais même s'il disputera son premier championnat du monde par équipes, Lucas Serme a participé aux cinq dernières campagnes européennes de l'équipe de France. Son nom est d'ailleurs associé à l'histoire du squash hexagonal, puisqu'en 2015 il remporte le jeu décisif pour l'obtention du premier titre européen des Bleus. Vainqueur de sept titres sur le circuit pro, le joueur de l'US Créteil fait partie du top 50 mondial depuis 2014. Sa saison 2016-2017 fût mémorable : après une médaille de bronze au championnat d'Europe individuel, il rejoint ses trois coéquipiers au palmarès du championnat de France, avant de remporter le titre européen par équipe avec eux.

Lucas Serme : « Le championnat du monde par équipe va être une expérience nouvelle pour moi. Je vais m'appuyer sur les championnats d'Europe auxquels j'ai participés. Mais la compétition à Marseille aura forcément un caractère spécial, avec toutes ces équipes en provenance des cinq continents. Voir comment certains joueurs, qui évoluent généralement uniquement en PSA, se comportent dans une rencontre par équipe, ça va être intéressant. Pour toute l'équipe de France, c'est clairement le principal objectif de la saison. Décrocher une médaille est une ambition logique, nous nous préparons pour ça depuis près de deux ans. Il y a de nombreuses équipes dont il faudra se méfier, mais j'ai totalement confiance en mes coéquipiers, qui sont absolument impériaux dans les compétitions par équipe. »

 

Sources

SquashSite 

Wikipédia

Squashinfo

Plus d'informations sur les équipes sur ce lien.

< Retour