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OPEN INTERNATIONAL DE NANTES : RETOUR SUR LA FINALE HOMMES

Événements 11/09

La finale entre Nicolas Mueller et Grégoire Marche a été l'apothéose d'une semaine une nouvelle fois grandiose à Nantes.

En inversant le cours d'un match qui semblait lui échapper, le Français a inscrit son nom au palmarès pour la troisième fois consécutive, confirmant ainsi qu'un lien particulier l'unit à ce tournoi, et son incroyable public. Retour sur une finale exceptionnelle.

Article de Jérôme Elhaïk

Parmi les phrases que l'on entend souvent dans le sport de haut niveau, il y a celle-ci. « La finale, ce n'est souvent pas le plus beau match du tournoi, mais l'essentiel est de la gagner. » Grégoire Marche et Nicolas Mueller ont fait mentir l'adage, en offrant au public venu en masse (600 spectateurs) un match de très grande qualité. Avec en plus du suspense, puisque le Français, mené 2 jeux à 1 par un Suisse très incisif, a su redresser la situation, et finalement prendre le dessus en fin de match. Il prolonge ainsi la belle histoire qu'il entretient avec ce tournoi, puisqu'il est tout simplement le seul à figurer au palmarès chez les hommes. Réactions.

Retrouvez les superbes photos des finales et de la remise des prix par Philippe et Lauranne Rochais.

Grégoire Marche

« Gagner trois fois de suite un tournoi, je ne sais pas si on peut dire que c'est un exploit, car c'est 'seulement' un 25 000 $. Mais c'est quand même une grosse satisfaction, d'autant plus que par rapport à l'année dernière, j'étais favori et très attendu. C'est sûr qu'il se passe quelque chose de fort entre le public Nantais et moi. C'est difficile à expliquer mais il y a une vraie connexion. Ça m'aide pendant les matches, car je n'ai pas le droit de lâcher le moindre point. Ça fait vraiment du bien de jouer dans une ambiance pareille, et ça donne des frissons. Mais il faut aussi faire attention à ne pas se laisser griser. Je travaille avec un préparateur mental depuis quelques semaines, donc peut-être que ça a déjà porté ses fruits. On met en place des routines que j'utilise pendant les matches, afin de rester dans mon schéma de jeu et d'être plus constant.

Grégoire Marche & le public

Grégoire Marche peut lever les bras : malmené par son pote Nicolas Mueller, le natif de Valence est resté le roi de l'open de Nantes

À 2-1 contre moi, je n'étais pas bien. Clairement, je n'avais pas autant de jus qu'hier contre Mazen Hesham, sans doute que ce match m'a pompé pas mal d'énergie physique et mentale. Je n'avais pas la réactivité suffisante, et pas d'intentions dans mon jeu. Par la suite, j'ai réussi à repasser devant lui, à reprendre le contrôle du T et à faire les bons choix tactiquement. J'ai battu trois très bons joueurs cette semaine – Chris Simpson, Mazen Hesham et Nico – tous des gars qui ont le niveau top 20 mondial. Ça montre que je suis capable de battre ce type de joueurs, mais aussi d'enchaîner. La saison est bien lancée, j'ai envie de faire une belle année. Mon objectif est plus que jamais d'intégrer ce top 20, voire le top 15. Actuellement le niveau est vraiment très homogène et tout peut aller vite dans un sens comme dans l'autre.

Oui c'est sûr qu'après avoir vécu ça, ça donne envie revenir devant le public Français pour le championnat du monde (fin novembre – début décembre à Marseille). Le contexte des rencontres par équipes est encore quelque chose de différent, et l'ambiance à Mulhouse en 2013 était absolument extraordinaire. En plus, la plupart d'entre nous s'entraîne au Pôle France à Aix donc on aura le soutien de nos familles et amis. Comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, l'important est que chacun se prépare de son côté pour arriver en forme. Quant à la proximité du championnat du monde individuel (NDLR : une semaine plus tard à Manchester), non seulement tout le monde est logé à la même enseigne mais de plus on est habitués à enchaîner les tournois. »

Renan Lavigne (entraîneur de l'équipe de France masculine)

Grégoire Marche 2

Avec l'aide de son entraîneur Renan Lavigne, Marche a su remonter la pente

« Je suis vraiment très content pour Grégoire, c'est une très bonne manière de lancer la saison. Je l'ai incité à être plus agressif à l'avant du court, car en début de match il laissait Mueller faire ce qu'il voulait. Je dois dire que ce dernier m'a surpris, il a joué au niveau qui était le sien lorsqu'il était top 20 mondial il y a quelques années. Mais Greg a ensuite retrouvé un second souffle, que ce soit mentalement, physiquement mais aussi tactiquement, et en trouvant la précision sur ses amorties. »

Nicolas Mueller

Même si le héros du jour s'appelait une nouvelle fois Grégoire Marche hier à Nantes, on ne pouvait pas ne pas rendre hommage à Nicolas Mueller. En plus d'être un superbe joueur, au style très spectaculaire, le joueur Suisse est sans nul doute l'un des plus sympas sur le circuit. Interview express, quelques minutes après le match.

« En tout début de match, j'étais un peu mou, peut-être en partie parce que j'ai joué tard samedi soir. Mais je suis bien revenu à partir du milieu du premier jeu, c'est d'ailleurs dommage que je le perde (11-9). Globalement, je suis content de la manière dont j'ai joué dans les trois premiers jeux, c'est moi qui dictais les échanges. Pour être honnête, à ce moment du match je pensais que j'étais en bonne position pour l'emporter, mais dans le quatrième, il a commencé à être plus agressif et à tout volleyer. Il m'a empêché de prendre le contrôle du jeu. Sur la fin, il était trop solide, et personnellement je ne trouvais plus de bonnes longueurs de balle et je n'avais plus de jus. Même si j'aurais évidemment préféré gagner, je suis content de ma semaine et de la manière dont j'ai joué ici. J'ai eu quatre bons matches, c'est un bon tournoi pour lancer ma saison. Comme je te disais hier, je me sens bien dans ma tête et dans mon corps en ce moment, je suis heureux d'être sur le court.

Nicolas Mueller

Entre les deux finalistes de l'open de Nantes, un immense respect

Mon programme pour les semaines à venir ? La Coupe d'Europe des clubs, avec Paderborn (son équipe évoluera à domicile). Après, je pars au États-Unis, avec un 25 000 $ à Charlottesville, puis bien sûr l'US Open. Est-ce que je devrais avoir un meilleur classement ? Peut-être, voire sûrement si on se base sur ma gestuelle, mes coups et ma compréhension du jeu. Mais je sais que je n'aurai jamais les qualités physiques et l'endurance de certains, même si je travaille énormément de ce côté là évidemment !

Qu'est-ce que j'ai pensé de l'ambiance ? C'était nul (il éclate de rire) ! Plus sérieusement, pour moi c'est la deuxième meilleure sur le circuit, après la Grasshopper Cup à Zurich (la preuve en images ici). C'est vraiment fun pour nous les joueurs de jouer dans de telles conditions. Dans le cinquième jeu, le public l'encourageait beaucoup, il est allé chercher leur énergie et ça lui donné un coup de boost. C'est le genre de détails qui peut faire la différence dans un match serré. Je crois qu'il y avait quelques personnes qui étaient pour moi dans la foule, mais elles n'ont pas osé faire trop de bruit... »

Nous vous proposerons mercredi une plongée dans les coulisses de l'open international de Nantes, avec un focus sur les différents rouages qui font la réussite de cet évènement exceptionnel.

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